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Sélection du mois de décembre 2005

 

SET YOUR GOALS

THIS WILL BE THE DEATH OF US - XS224H

EPITAPH, 2009.

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Le Néo-Zélandais Stephen Clover propose sur cet album des plages flottantes, à la fois stationnaires et en mouvement, comme extraites de continuums sans début ni fin. La musique, constituée de boucles électroniques, de nappes et de sons tenus, s'auto-entretient, se maintient sur sa propre énergie. Pas de trace de voix humaine, des structures musicales strictement linéaires qui progressent dans des plans non-cartésiens. Seht évite les discours au bénéfice d'un son enveloppant avec lequel l'auditeur peut entamer, dans un moment de solitude résonante et apaisante, une relation muette.
Application antarctica download form est un album qui trouve naturellement sa place dans un courant très développé à l'extrémité occidentalisée du monde; les labels néo-zélandais Corpus Hermeticum, Siltbreeze et Celebrate Psi Phenomenon publient des artistes qui dépouillent les schémas du rock pour n'en garder que les ossements, une musique fantôme dont la désolation fait apparaître quelques questions et sentiments que le divertissement en général occulte.
(Jean-Grégoire Muller, Passage 44)


Autres écoutes recommandées :

« Le Jazz Non » (Corpus Hermeticum, Nouvelle-Zélande, 1996) - X 460I
Birchville Cat Motel : « Beautiful speck triumph » (Last Visible Dog, USA, 2004) - XB432J
The Dead C : « Harsh 70's reality » (Siltbreeze, USA, 1991) - XD196I
Omit : « Interior desolation » (Corpus Hermeticum, USA, 1996) - XO316E


Tetuzi AKIYAMA & GÜNTER MÜLLER

POINTS AND SLASHES - UA2074

ERSTWHILE RECORDS, 2005. Enregistrement 2004.

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Nanomusique.
Tetuzi Akiyama ne touche sa guitare que par « tape-delayed » interposé. Günter Müller scrute et dissèque des cellules musicales via un iPod et une batterie d'outils électroniques. Leurs appareils correspondent aux nouveaux microscopes surpuissants, ioniques et lasérisés, utilisés par les scientifiques pour explorer le cœur des cellules vivantes. Imagerie infinie. La musique d'Akiyama et Müller appartient certainement à un corps musical harmonieux. Mais ce tout mélodieux est simplement ailleurs, exilé dans une autre dimension; est présumé connu. Le propos actuel vise le chaos sonore des infimes particules qui constituent l'harmonie. Ce sont les nanostructures soniques dans lesquelles, peut-être, se trouve l'explication de la mélodie, du vivant musical. Et comme à propos du vivant, la cellule mélodique est un monde « en construction et déconstruction permanente ». Rien n'est stable. Tout est fuyant. On ne comprend pas où ça va, d'où ça vient. Ça défile. Et on suit, parce que c'est palpitant, ce sont sans cesse des éruptions de nouvelles cellules brutes qui exécutent leur programme, avec précision. Même si ce programme est de flotter, de se transformer en bulles indécises. Des bulles remplies de « milliers de corpuscules qui leur permettent de respirer, se nourrir, se défendre, se diviser, se déplacer, communiquer avec d'autres cellules, se suicider même… » (Libération, « Nonocosmos », 5/11/05). Akiyama et Müller révèlent le bruit cosmique de ces milliards de corpuscules qui s'activent pour libérer une formidable énergie en s'entaillant à coups de sabre. Cette énergie qui anime la musique et que l'on capte ici, brute, au niveau de ses nano-déflagrations, nano-déchirures. Une musique qui entaille les habitudes d'écoute.

Et puisque les écoutes contrastées sont stimulantes, écoutez un autre type de guitare :
Hans Werner Henze : « Royal Winter Music, sonatas on Shakespeare Characters » -  FH3862
(Pierre Hemptinne)