Séance de courts-métrages belges tout à fait intéressante.
Un de mes coups de cœur ira à « Otomi » de
l'Atelier collectif Zorobabel, un petit film de 15 minutes réalisé
en 3d. L'histoire d'une servante, d'un vagabond et d'un chat au Japon du siècle
passé. Ce film est très soigné à tous les niveaux :
scénario, animation, montage…
« Le môme fait mouche !» de Alain Sace. Une grenouille apprend
à gober les mouches. Une franche rigolade pour tous excepté pour
le pauvre insecte qui en voit de toutes les couleurs !
A signaler aussi : « En attendant » de Erkan Köksal.
Le film n'est peut-être pas tout à fait abouti au niveau scénario
mais l'utilisation du splitscreen lui donne un intérêt
particulier, c'est malgré tout une technique rarement vue pour du dessin
animé.
Sans oublier « Chahut » de Gilles Cuvelier. Durant le
carnaval de Dunkerque un personnage se retrouve seul dans une ville désertée…
un pur régal pour les yeux !
Programme de courts-métrages européens. Installée au milieu
d'un troupeau d'enfants et de leurs parents, j'ai pris grand plaisir à
assister à cette projection. Tous les films étaient remarquables
de par leur double lecture, petits et grands y trouvaient leur compte.
Mon coup de cœur : « Der storch » (La cigogne)
de Klaus Morchenser. Gros plan sur une cigogne transportant un précieux
paquet, un petit oiseau moqueur vient s'installer sur son bec et lui explique
qu'à l'heure actuelle les bébés arrivent par d'autres moyens
dans leur famille. Mais que peut bien contenir le sac de cette cigogne ?
C'est là tout le sel de cette histoire !
« Porgand ! » (La carotte) de Pärter Tall. Un
lapin est très attiré par le nez en carotte d'un bonhomme de neige.
Diaboliquement mignon !
Et enfin « Le trop petit Prince » de Zoia Trofimova. Un
grand classique des studios Folimage.
Comme chaque année cette nuit réunit les marathoniens équipés
de leurs thermos de café, bonbons, chips, boissons énergétiques,
voire parfois même un oreiller. Faut ce qu'il faut !
La nuit se déroule en 3 séances : le top 2005, et 2 tops
des 25 éditions précédentes.
Pour démarrer, 3 petits bonus : le fameux 25 x 5 secondes, 25 courts
de 5 secondes par le gratin de l'animation belge sur le thème «
25 » pour fêter l'anniversaire d'Anima. Fameux exercice de
style, très réussi d'ailleurs. Ensuite, un petit clin d'œil
de Frédéric Janin et Laurence Bibot, tout autant réussi.
Et pour terminer, un clip de Louise
Attaque mis en image par Vincent Patar et Stéphane Aubier (Pic Pic
et André), qu'est-ce que je les aime ces 2 là !
Sinon, que dire de la nuit ? Début de première séance
un peu dur, plusieurs films calmes et un peu contemplatifs pour commencer, mais
petit à petit tout le monde s'est réveillé pour accueillir
la nouvelle production Aardman « Creature conforts : Monarchy
business » un pur bijou comme d'habitude. Interviews de personnages
divers à propos de la famille royale devant Buckingham Palace. British
de chez British !
Quant aux séances top du top 25 ans: du poétique, du drôle,
du dynamique…..Un panorama quoi ! Tout le monde est sorti de là
avec les yeux carrés vers 5 heures du mat'.
Panorama des productions du studio indépendant Pilot – installé
à Moscou et créé par le réalisateur Alexander Tatarsky
dont on a pu voir un film: « Gone with the wind », la
sombre aventure d'un poulet prêt pour la casserole qui cherche à
retrouver ses plumes. Histoire sombre, triste et dérangeante mais si
bien animée, si bien racontée. Et quelle technique !
Il y avait aussi des histoires plus légères telles que: « Bukashkis »
de Mikhail Aldashin. Des insectes vivent dans une cuisine trop bien équipée
en papiers tue-mouche et autres insecticides. Ils fabriquent une fusée
pour quitter cet endroit bien trop dangereux pour eux… Hilarant !
Ou encore « South of the north » de Andrei Sokolov. Un
esquimau, son hamster et un explorateur s'en vont à la chasse à
la baleine…une fable écologique drôle et bien pointée.
(Brigitte Molenkamp)
Il est 20h et je suis à l'Auditorium 44, m'apprêtant à
voir la séance « Elégant » : trois
courts métrages et un moyen (c'est ce dernier qui donne son titre à
la séance). La salle est bien remplie, les gens sont calmes et attentifs.
D'entrée de jeu, on nous annonce que nous ne verrons pas d'extraits de
El cid d'Emmanuelle Gorgiard car ce film en chantier est trop peu
abouti encore. Et c'est Geert Van Goethem qui nous présente les films,
des films qui urilisent la technique de la « stop motion »,
une 3D très particulière…
Pour commencer, De Big Mix de Pieter Engels et Efim Perlis (1998),
une sombre histoire d'océan volé et de poissons entrés
dans la résistance… et dévorés.
Puis, on enchaîne avec Fragile de Daniel
Wiroth (1998), une histoire simple - une femme, deux hommes – sauf
qu'il n'y a ni homme ni femme mais des verres ! Un beau travail pour le
souffleur de verre et belle incarnation des sentiments par des objets qui semblaient
si peu s'y prêter.
Pieter Engels et Efim Perlis reviennent sur le devant de la scène (au
propre comme au figuré) avec Lost Cargo (2005), un court de
science-fiction où larves, triage et robots ne font pas très bon
ménage… en fin de compte. Le son métallique et strident
rend la vision (si si) pénible. A la fin de la projection, toute l'équipe
est sur scène et répond à quelques questions qui manquent
un peu de tonus.
Et enfin, Elégant lui-même, de Daniel Wiroth (2006),
dans lequel Denis
Lavant hérite d'un appartement qui contient, entre autre, un piano
et des occupants très spéciaux : des gants vivants. Encore
un fois, Daniel Wiroth parvient à donner vie et sentiments à des
objets anodins. Un film sans parole, tout en mime et en musique. Et on retrouve
toute l'équipe sur scène, avec fleurs et questions.
L'accueil est chaleureux. Une séance intéressante et agréable.
On s'en fiche un peu, on est à l'Auditorium du P44 pour la projection de La légende d'Aliocha Popovitch de Konstantin Bronzit (2004), Bronzit à qui nous devons le délicieux, drôle, original (etc.) Au bout du monde, court métrage de 1998 (ou 1999 ?). La salle est remplie d'enfants même pas turbulents et le film est en russe, sous-titré anglais et doublé en français et en direct. Cet aspect est épuisant car les dialogues sont souvent rapides et la voix russe au même niveau que la voix française. Le film est un peu décevant, le cheval qui parle rappelle un peu trop l'âne de Shrek, et le côté absurde de la Force est amoindri par le côté « pour enfants » du propos. Cela dit, les dessins sont beaux, il y a quelques trouvailles dont la déambulation dans une forêt de bouleaux et cela fait du bien de se retrouver en Russie.
Pendant que ma copine va voir le Souvenirs goutte à goutte d'Isao Takahata (1990), je me rends à la séance de 20h au Pathé Palace pour assister à la projection intitulée « Docs/Faux docs », dans le cadre de Futuranima. Il y a sûrement moins de monde que pour Takahata (je prie qu'il sorte en DVD sinon je suis fichue) mais la relation entre documentaires et animation m'intrigue vraiment. En sortant de la projection, une pensée me frappe : je ne suis plus la même personne car, à partir de dorénavant, je fais partie de ceux qui ont vu le Dahu. Merci. Une séance impeccable dans le choix des films présentés, regardée par un public assez nombreux dans un silence de qualité. Silence d'autant plus frappant que nous commençons avec le très muet The Sinking of the Lusitania que Winsor Mc Cay réalise en 1918, sur un ton tragique et mélodramatique (Ah, le nombre d'Américains qui ont péri !) qui se clôt sur ces mots : « Et nous devons aimer les Boches ! »… S'il avait su. Nous avons également vu le témoignage d'un homme né dans une famille pauvre, devenu voleur et emprisonné, en décors réels et pâte à modeler en taille réelle : Going Equiped de Peter Lord et les studios Aardman (1983). Un dessin épuré et beau en noir et blanc de Stepan Mihajevica pour une production entre la Bosnie-Herzégovine et la Belgique (Atelier Graphoui), Studeni 1992 Sarajevo : un homme, sa fille, un sniper ; une simplicité qui permet de se poser des questions au-delà de l'absurde. Deux journaux intimes en animation : Journal de Sébastien Laudenbach (1997) et un autre dont je ne me souviens (déjà !) plus du titre (et il n'était pas annoncé dans le programme) de John Carnimaker de 2004 (j'espère ne pas me tromper). Le premier relate certains jours de son auteur, certains sentiments, parfois fugaces, sur une période assez courtes (quelques mois) ; l'autre revient sur la relation avec son père, créant une conversation qu'ils n'ont jamais pu avoir. Un court métrage suisse qui est une attaque sur la façon dont l'Union Européenne régit la circulation des étrangers : Shenglet de Laurent Nègre (2002) ou comment se débarrasser des tracasseries administratives par l'usage d'un bracelet très spécial. Louise, une vieille dame très affairée à la maison envahie de mouches (de Anita Lebeau, 2004). Voer voor Kranken (Thijs De Cloedt Lebeau, 2005), un film belge sur un asile de fous créé par un chanoine qui avait une interprétation très personnelle (mais il a fait des émules) sur la théorie psycho-annale de Freud : c'est l'anus qui est le miroir de l'âme. Un ton très « documentaro-sérieux » pour un film qui l'est beaucoup moins… enfin, je crois. Et enfin, le célèbrissime Dahucapra Rupidahu, documentaire animalier sur un mammifère ongulé du Tyrol dont il ne reste que l'espèce lévogyre, les autres ayant été décimées. Réalisé par Frédérique Gyuran, Vincent Gautier et Thibault Bérard en 2003, ce film a la particularité d'avoir un humour qui vous dure longtemps.
(Eva Debaix)
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