Brigitte Molenkamp, Responsable Rock et Fiction
De manière générale, il faut savoir une chose : c'est
que l'on va voir ces séances pour y faire des découvertes. On
y voit évidemment de tout, et c'est là le charme.
Je dis toujours qu'aller voir une séance de courts-métrages
c'est comme se rendre à un spectacle « live »,
c'est une « affaire » à ne pas rater. Après
coup, les gens autour de vous, pourrons vous raconter le film ou le spectacle
du mieux qu'ils pourront, vous ne pourrez jamais rattraper cette occasion perdue.
Ma conclusion : allez voir les courts-métrages !
Peut-être que certains vous déplairont, certainement même,
mais vous aurez aussi le plaisir de découvrir des films que vous n'aurez
plus jamais l'opportunité de revoir. Et ça c'est le clou du spectacle !
A épingler: « Citoplasmas en medio acido» de David
Gautier, Irene Iborra, Eduard Puertas. Animation en plasticine. Un élève
s'installe dans un auditoire, il s'endort et se réveillera tout transformé!
Simple et très efficace.
«Versus » de François Caffiaux, Romain Noel, Thomas
Salas. Deux clans de samouraïs s'affrontent pour un petit bout de rocher.
Godzilla règlera leur différent. Réalisé en images
de synthèse, technique parfaitement dominée.
« Repose en paix » de Bruno Collet. Le cauchemar d'un
petit personnage. Court mais redoutable !
« Exit » de Xavier Aliot, Florian Bestel, Nicolas Chombart,
Guillaume Roux. Dialogue étonnant entre un aliéné et son
médecin. Qui est docteur et qui est fou ?
Sans oublier « Kutoja » de Laura Neuvonen. Une tricoteuse
nous entraîne dans sa frénésie.
Alors là, on a vu un film tout à fait décoiffant :
« Fliegenpflicht Für Quadrat Köpfe » de Stephan-Flint
Müller. Treize minutes de folie, détournement de panneaux de signalisation
urbaine, affiches de pub qui s'animent, le film iconoclaste par excellence.
Du moins c'est ce qui en ressort! Morale : ce qu'on voit à l'écran
n'est pas toujours la réalité. On s'amuse dans la salle et à
mon avis ils ont dû beaucoup s'amuser en faisant ce film !
Sinon, à signaler aussi : « Der Kussdieb » de Elena
Madrid. Un petit monsieur voudrait bien embrasser sa voisine, mais voilà,
il n'a pas de bouche !
Et pour finir : « Entre deux miettes » de Sylvain
Ollier. Deux acariens à la recherche de nourriture sont poursuivis par
un aspirateur. Moitié live, moitié dessin, mais entièrement
animé !
Je me faisais la réflexion que jusqu'à présent les films
qui m'avaient le plus marqués avaient toujours une pointe d'humour. Peut-être
suis-je trop attachée à mon éducation «Tom and Jerry ».
Le programme d'aujourd'hui m'a rassurée sur ce point. Il y a beaucoup
de choses à retenir… « Un beau matin » de
Serge Avédikian décrit un monde totalitaire dont les premières
victimes sont les animaux de compagnie mais cela ne s'arrêtera pas là…
On en a froid dans le dos. « A buck's worth » de Tatia
Rosenthal. Si on offre une cigarette et un café à un sans abri,
cède-t-on à un chantage social et moral ? Très humain.
« Teddy » de André Bergs. Dans une cité ultra
stressée, un homme prend le temps de jouer au ballon avec un enfant…ou
la psychose entraînée par les affaires pédophiles. «
Der park » de Nicolas Mahler. 5 minutes d'humour noir très
corrosif. « Maestro » de Geza M. Toth. Un oiseau chanteur
se prépare avant son concert dans un endroit assez inattendu !.
« Le couloir » d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. Une
nouvelle production des studios Folimage. Un conte absurde tellement bien mis
en œuvre. Et pour terminer « Dies Irae » de Jean-Gabriel
Périot. Un film qui en a usé plus d'un dans la salle (tant pis).
Durant dix minutes, une suite d'images à un rythme très soutenu
d'autoroutes, de villes, de rues, de gares, de couloirs de trains pour arriver
à….Auschwitz. Ce film qui démarre sur un mode abstrait devient
très vite hypnotique pour terminer en vous réveillant d'une fameuse
claque.
Comme je vous le disais plus haut, tout n'est pas toujours drôle au pays
des Mickeys.
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