
Jeudi 27 mars 2008
Vendredi 28 mars 2008
Samedi 29 mars 2008
Dimanche 30 mars 2008
Lundi 31 mars 2008
Mardi 1er avril 2008
Mercredi 2 avril 2008
Jeudi 3 avril 2008
Vendredi 4 avril 2008
Samedi 5 avril 2008
Dimanche 6 avril 2008
Lundi 7 avril 2008
Mardi 8 avril 2008
Jeudi 27 mars 2008, séance de 20h30 :
La 26e édition du Festival du Film Fantastique de Bruxelles a lancé son coup d’envoi ce jeudi soir 27 mars. Se déroulant pour la seconde fois consécutive sur le site de Tour & Taxi, le Bifff commence à prendre ses marques, les festivaliers aussi.
Si certains peuvent regretter l’ambiance cosy du bon vieil auditorium du Passage 44, le site de Tour & Taxi offre plus d’espace et paradoxalement de convivialité. Une nouveauté toutefois : la programmation qui se déroulait en (7e) parallèle au cinéma Nova a pris place à Tour & Taxi, il y a donc cette fois deux salles de cinéma.
Film d’ouverture oblige (le Bifff a pris l’habitude de proposer en ouverture et en clôture des « gros » films), les festivaliers ont pu découvrir en avan- première belge le remake "The Eye" de Xavier Pallud et David Moreau. Si les réalisateurs sont français, la production est elle belle et bien américaine et on retrouve au générique l’actrice Jessica Alba (l’héroïne du feuilleton "Dark Angel"). L’idée de faire un remake du film homonyme des frères Pang vient dans la suite logique des derniers remakes empruntés au cinéma asiatique (cf."The Ring", "Dark Water", "The Grudge"). Même si vous n’avez pas vu le film des frères Pang, l’histoire ne doit pas vous être inconnue : une jeune femme aveugle subit une greffe de cornée et recouvre la vue. Mais ce qu’elle voit n’est pas nécessairement folichon : croyant d’abord avoir des hallucinations, elle se rend très vite compte que ses visions de spectres sont bien réelles. En changeant de cornée, elle a hérité du pouvoir de sa donneuse, à savoir celui de voir la mort. Reste à trouver une solution pour s’en débarrasser. Au final, "The Eye" est un film esthétiquement soigné et incluant quelques scènes de « bouh » (nous l’appellerons donc un « bouh-film », et non un beau film), mais déçoit à cause du côté hyper-conventionnel et beaucoup trop prévisible de l’histoire.
Je ne sais pas si c’est mon état de fatigue ou le manque d’effet de surprise en retournant sur le site du Festival, mais j’ai trouvé que ce démarrage était particulièrement calme : peu d’animation, absence du jury international, très peu de répliques durant la projection.
Ceci dit, tous les habitués vous le diront, le Festival (le vrai) il commence demain…
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Bifff)
Revoir : The Eye des frères Pang et The Eye 2
Vendredi 28 mars 2008 :
Après une ouverture relativement calme, nous voici enfin dans le vif du sujet. En arrivant sur le site, deux gardes impériaux nous accueillent (petit clin d’œil à l’exposition Star Wars qui se tient actuellement à Tour & Taxi) alors que Jurgen Prochnow (acteur allemand devenu célèbre pour son rôle de capitaine de sous-marin dans « Das Boot » de Wolfgang Petersen) signe des autographes. À l’intérieur, on peut déjà croiser quelques personnes grimées et deux femmes en tenue affriolante vous proposent de faire des photos en votre compagnie…
Séance de 18h00 :
C’est une coïncidence mais le film projeté à 18h00 est signé Oxyde Pang, réalisateur de « The Eye » dont nous avons pu voir le remake hier soir à l’ouverture. Il s’agit ici d’un polar hong-kongais (parlé cantonais) qui se déroule en Thaïlande. Un jeune détective (qui n’est pas sans rappeler Brad Pitt), à l’emploi du temps plutôt creux, reçoit la visite d’un client étrange lui demandant de retrouver une jeune femme (sur base d’une photo) qui le menacerait de mort. Notre détective fortement intéressé par l’argent accepte l’affaire et se lance à la recherche de cette mystérieuse femme. Mais au fur et à mesure que l’enquête avance, il ne cesse de croiser des cadavres. Malgré quelques longueurs (109 minutes) et une scène sentimentale superflue, il en ressort un film tout à fait honorable et à la fin inattendue. De quoi se mettre en appétit pour le reste de la soirée !
Séance de 20h00 :
Beaucoup de monde pour cette séance. Il faut dire que le nom d'Alex de la Iglesia n’est pas inconnu et qu’il est un habitué du Festival. C’est donc sans trop grosse surprise que nous voyons débarquer sur scène l’imposant réalisateur pour nous présenter son dernier film « Oxford murders ». C’est la première fois qu' Alex de la Iglesia réalise un thriller de facture aussi classique. Pour ce faire, il a adapté le roman « Mathématique du crime » de l’Argentin Guillermo Martinez et, comme son titre l’indique, il s’agit d’une histoire de chiffres, d’équations en tout genre et de théorie des nombres censés expliquer la série de meurtres qui ont lieu à Oxford. Pour aider la police, deux spécialistes en mathématique et en philosophie (un jeune étudiant américain interprété par Elijah Wood et un vieux professeur interprété par John Hurt) vont se dérouiller les méninges (et les nôtres) durant 103 minutes.
Si la mise en scène est sans faille et le jeu des acteurs plus que correct (on signalera au passage la présence de Dominique Pinon au générique), le scénario s’enlise par moments, laissant au spectateur une sensation de lourdeur (pour ne pas dire de ballonnements) et de déjà-vu. Il est d’ailleurs difficile de trouver de bons films mettant en scène des chiffres et énigmes sans friser l’indigestion. Espérons que personne ne pense adapter un jour au cinéma « des chiffres et des lettres »…
Pour les fous de chiffres et d’énigmes : "Le Nombre 23" ; "The Da Vinci Code ; "Cube" ; "Drowning by Numbers"
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Samedi 29 mars 2008 :
Troisième jour de Festival et la fatigue commence déjà à se faire sentir... Je ne sais pas ce qui me pousse à une telle boulimie, mais je vais me faire les trois films de ce samedi. En arrivant à Tour & Taxi, je me dis : « ça y est, ça sent le hot-dog et la fumée de cigarette, le Festival bat son plein ».
Séance de 18h00 :
Si le nom de Pupi Avati ne vous dit rien, sachez pourtant que ce réalisateur italien de septante ans possède à son actif près de 40 films en tant que réalisateur et un peu plus en tant que scénariste (il a d'ailleurs co-écrit le scénario de Salo ou les 120 jours de Sodome aux côtés de Pier Paolo Pasolini et Sergio Cetti). "The Hideout" (titre original : Il Nascondiglio qui signifie la cachette) est un thriller mystérieux. L'histoire commence dans les années '40, dans une maison de santé tenue par des nonnes. La mère supérieure est très en colère car l'une de ses protégées est rentrée trop tard et tout porte à croire qu'elle a un polichinelle dans le tiroir. Mais le lendemain, on découvre les nonnes assassinées et deux personnes ont mystérieusement disparu. Cette introduction nous explique pourquoi cette grande maison située dans la ville de Davenpoort est depuis restée inhabitée. Qui voudrait d'un tel endroit ? Une jeune femme d'origine italienne (interprétée par Laura Morante) recherche justement à louer un lieu pas trop cher pour ouvrir un restaurant. Il faut dire qu'elle sort d'un centre psychiatrique où elle a passé 15 années de sa vie à se débarrasser des voix qu'elle entendait la nuit. Mais un petit séjour dans un lieu hanté n'est peut-être pas la meilleure idée, car à peine ses valises posées, notre héroïne entend à nouveau des voix. Maison hantée, femme seule, meurtres non élucidés, secrets familiaux, il y a beaucoup de choses dans ce film italien aux allures baroques, mais si le film démarre très bien, le réalisateur nous perd un peu dans les couloirs de son manoir. Un remontage du film aurait pu éviter quelques longueurs.
Séance de 20h00 :
Quelqu'un crie dans la salle : « c'est un spécial remake cette année ? ». Bonne question, sauf que dans ce cas, il s'agit d'un auto-remake, exercice relativement rare et dont la démarche surprend toujours un peu. Nombreuses sont les personnes qui se sont posé la question : pourquoi Michael Haneke retourne-t-il son film Funny Games (sorti en 1997 et en version allemande) en utilisant des acteurs américains célèbres (Naomi Watts et Tim Roth) ? Ce qui est d'autant plus étonnant, c'est qu'il ne cherche même pas à améliorer son premier jet, se contentant d'un quasi-copier/coller de la version sortie dix ans auparavant. La réponse est toute simple : selon Michael Haneke, la seule façon de montrer son film à un public américain, c'est d'utiliser des acteurs américains. À croire que monsieur Haneke n'a pas une opinion très positive de nos amis d'Outre-Atlantique ! Cela étant, j'étais curieuse de revoir ce film, quelle que soit sa version. Et pour la seconde fois, ce fut un vrai cauchemar, car "Funny Games" fait partie de ces rares films qui jouent avec vos nerfs et qui arrivent à vous mettre très mal à l'aise. Michael Haneke est un véritable manipulateur car dans ce cas-ci, il place le spectateur en voyeur impuissant (la scène de torture hors-champ est insupportable car on se rend compte qu'elle fait appel à notre propre imagination puisque nous ne voyons rien). Au final, un jeu tout à fait immoral et sordide dans lequel deux jeunes gens visiblement intelligents, riches et normaux, s'amusent à tuer les gens dans leur propriété de vacances. Il n'y a pas de compromis, aucune issue possible et ils se débarrassent de la vie comme on jette un kleenex à la poubelle. Par contre, "Funny Games US" n'est pas un film approprié pour les Festivaliers. Il était intéressant d'entendre les diverses remarques en faisant la file pour la séance suivante : « Pas assez de sang », « c'est trop lent », « c'était nul »... N'empêche, je reste sur ma position pour dire que "Funny Games" est un excellent film de par la réaction qu'il apporte et a le mérite de marquer pendant longtemps.
Voici quelques auto-remakes dans l'histoire du ciném :
Les 10 commandements de Cecil B. DeMille en 1923 et 195 ; Elle et lui/ Love Affair de Leo McCarey en 1938 (VL6196) et 1957 (VE3361) ; L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock en 1934 (VH5339) et 1956 (VH5343) ; Ring 2 de Hideo Nakata en 1999 (VR3281) et 2005 (VC2143) ; The Grudge de Takashi Shimizu en 2003 (VJ0086) et 2006 (VG6700).
Séance de 22h00 :
Le film projeté à 22h00 tombe très bien car il est annoncé comme un film d'horreur gore comique (ce qui est parfait pour oublier un peu "Funny Games US").
Le réalisateur présent au Festival s'est visiblement bien renseigné avant de monter sur scène puisqu'à la demande systématique du public de chanter une chanson, Paul Andrew Williams a préparé de grands cartons sur lesquels on peut y lire les premières paroles de My Way, invitant les Festivaliers à chanter en cœur ! Et ça, le public du Bifff, il aime bien...
Mais revenons à notre cottage, mot désignant une maison de campagne en Angleterre. Deux hommes ont kidnappé une jeune femme et comptent bien faire payer le papa de celle-ci. Mais nos deux comparses sont débutants et un peu stupides, ce qui n'augure rien de bon pour la suite. Oui, mais justement, là où l'on s'attendait à une simple prise d'otage ratée, les kidnappeurs, la kidnappée et d'autres personnes venues en renfort se retrouvent face à un autre problème et vont devoir se frotter à un fermier particulièrement violent. Une belle réussite que ce "The Cottage" avec la présence au générique d'Andy Serkis (Gollum pour les intimes). Un film parfait pour le Festival, avec suffisamment de coups de pelles et de membres arrachés que pour faire applaudir les gens, le tout enrobé d'une couche d'humour typiquement british. On pense inévitablement à Shaun of the dead (d'Edgar Wright) ou encore Black sheep (de Jonathan King).
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Dimanche 30 mars 2008 :
Séance de 18h00 :
J'ai rarement été déçue par les films nordiques présentés au Festival. Souvenez-vous le succès qu'avait remporté "Adam's apples" lors du 24e Bifff, ou encore "Les Bouchers verts" quelques années auparavant. Et étant donné que le cinéma nordique semble fonctionner comme une grande famille, c'est presque sans surprise que l'on retrouve au générique de "The Substitute" Ulrich Thomsen (le skinhead dans "Adam's apples") et Paprika Steen (vue entre autres dans de nombreux films de Lars Von Trier). "The Substitute", qui signifie la remplaçante, raconte une bien étrange histoire de professeur venu pour remplacer l'un de ces collègues. Le premier contact avec sa classe ne se passe pas très bien car l'enseignante se moque allègrement de ses élèves les traitant d'idiots. De plus, elle semble posséder certains pouvoirs lui permettant de lire dans la pensée des élèves. En fait, cette personne n'est autre qu'une extra-terrestre venue rechercher un élément indispensable pour sauver sa planète : l'amour. Les élèves, ne voulant pas en rester là, vont avoir toutes les difficultés du monde à convaincre leurs parents du subterfuge. Vous l'aurez deviné, "The Substitute" est un film très gentil (il est d'ailleurs enfant admis) et très divertissant, parfaitement adapté à un début de soirée. À noter l'excellent jeu des acteurs et le retour du réalisateur Ole Bornedal qui nous avait déjà étonnés avec le très beau Dina.
Dans la salle, une équipe de médecins se balade parmi le public et nous fait une démonstration d'opération à ventre ouvert : ça gicle, c'est dégueux, c'est très bien fait !
Séance de 20h00 :
Neil Marshall est un habitué du Bifff et nous annonce la couleur du film de ce soir : « Ce film est fait pour vous ». Puis, il se met à chanter (assez mal d'ailleurs) le premier refrain deYesterday. Le public est chaud comme 20 gaufres !
Si le titre Doomsday vous fait penser à celui de "Mad Max 3 : Au-delà du dôme du tonnerre", c'est tout à fait normal et, je suppose, voulu puisqu'on pourrait dire que Doomsday est un petit mixte entre "New York 1997" (de John Carpenter), "Mad Max" (de George Miller) et "Le Survivant" (de Boris Sagal).
L'histoire démarre en avril 2008 (ça tombe bien, c'est maintenant) et la population écossaise est décimée par un méchant virus, tellement méchant que le gouvernement impuissant ne trouve pas d'autre solution que de dresser un mur séparant la Grande-Bretagne en deux et isolant la partie nord du pays à tout jamais. Trente ans plus tard, le virus est de retour en plein centre de Londres. Malaise ! Mais les satellites ont enregistré la présence de vie dans la zone nord isolée. La solution alors envisagée est d'envoyer une équipe spéciale de l'autre côté du mur pour rapporter l'antidote. Mais de l'autre côté, c'est l'anarchie complète et qui dit anarchie dit gros problème pour nos gentils petits militaires venus rechercher le vaccin. Vous l'aurez compris, "Doomsday" est un film apocalyptique, relativement violent, avec des courses poursuites de véhicules, des punks pas gentils (et tout droit sortis de"Mad Max") et des chevaliers tout aussi méchants. Évidemment, si on commence à analyser le film (mais est-ce bien nécessaire ?) on relève de nombreuses inepties. J'avoue avoir été déçue, car le film démarre vraiment bien avec une ambiance sombre et assez crédible. Par contre, une fois passé ce fameux mur, le réalisateur use à mon avis de trop nombreux clichés vus et re-re-vus. Et puis, là où c'est insupportable, c'est quand la musique devient omniprésente et assourdissante (à croire que la personne responsable de la projection s'est endormie sur le bouton du volume sonore). J'imagine que si on se laisse prendre au jeu, alors oui, "Doomsday" est un sympathique film pour le Festival, mais, s'il vous plaît, épargnez nos oreilles, nous en avons encore besoin...
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Voir : Les "Mad Max" ; "Le Survivant" ; "New York 1997" ; "Los Angeles 2013" ; "Children of men" ; "28 jours plus tard" ; "28 semaines plus tard"
Lundi 31 mars 2008:
Ça commence enfin à sentir le printemps dehors ! Les oiseaux chantent, le soleil brille (un tout petit peu) et les Festivaliers sont fatigués.
Séance de 20h00 :
Nous entamons la semaine avec un film belgo-belge qui attire une toute grande foule.
L'équipe est venue elle aussi au grand complet puisqu'il n'y a pas moins de dix invités qui font leur apparition sur scène, dont Lio et Jean-Claude Dreyfus en vedette. La demande du public pour une chanson ne se fait pas attendre et Lio d’entamer tout naturellement son "Banana split" mondialement connu.
Le réalisateur, Manu Gomez, adapte ici le roman " Le choix de satan" (de Maxime Benoît-Jeannin) lui-même basé sur un fait divers s’étant déroulé en France en 1956 : sous l’influence d’une secte satanique, un jeune prêtre fini par assassiner une femme pour lui arracher le fœtus issu de sa propre semence. Pour interpréter le rôle de ce jeune prêtre, Manu Gomez a fait appel à Laurent Lucas, et complète l’affiche avec de nombreux amis belges (Lio, Noël Godin, Jean-Henri Compère, Michel Angely…)
Alors que dire du "Prince de ce monde" ? J’avoue que je n’étais pas très emballée, ni par le résumé, ni par le thème. Il serait très facile de descendre le film vu les quelques manques caractéristiques de ce genre de petites productions (ça sent un peu le téléfilm). Mais laissons la forme pour parler du fond. Manu Gomez s’est contenté d’adapter le fait divers, et c’est bien là le reproche qu’on pourra lui faire. Alors que Noël Godin annonçait à sa manière que sa présence dans le film était une manière d’entarter l’Église, le résultat à l’écran est beaucoup moins flagrant. Quand le jeune prêtre se retrouve dans le lit de deux femmes en très peu de temps, ou lorsque l’on voit des jeunes filles enrôlées dans une secte sataniste, il n’y a aucune analyse de la situation. On aurait donc aimé un peu plus de prise de position de la part du réalisateur et il faut attendre le générique de fin pour apprendre que le prêtre n’aura jamais eu le châtiment mérité. Au final, un film mi-figue mi-raisin… ou comme on dit chez nous, "halvenhalf". Dommage, le sujet aurait pu être mieux exploité.
Remarque : Manu Gomez est belge, peintre, sculpteur, graphiste et cinéaste. Un DVD reprenant la plupart de ces courts-métrages d’animation est disponible en centre de prêt.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Mardi 1er avril 2008 :
Séance de 20h00 :
Un titre qui en dit long « je sais qui m’a tué » et qui ne présage rien de bon. De plus, l’histoire est complètement débile : une jeune fille intelligente, riche et universitaire se fait enlever par un sérial killer qui s’amuse à découper les jeunes filles. Quelques jours plus tard, on la retrouve dans un caniveau, à moitié morte et surtout à moitié complète (il lui manque un bras et une jambe). À son réveil, ô surprise, elle est persuadée avoir un autre nom. Commence alors un loooong cheminement vers la vérité (la vraie). Et si cette jeune fille était tout simplement la sœur jumelle de celle qui a été kidnappée ? Mais alors, comment expliquer les mutilations identiques ? Ah, et bien, on ne vous le dira pas. À vous de découvrir la fin de l’histoire.
Qu’est-ce qui m’a poussée à venir voir aujourd’hui un film ayant reçu 8 framboises d’or au dernier Razzie Awards de 2008 ? Et bien, les 8 framboises d’or pardi !
Et qu’est-ce donc que ces Razzie Awards ? Razzie est un abrégé de Golden Rasberry Awards, une célébration créée en réaction à la cérémonie des Oscars et qui récompense, vous l’aurez deviné, les pires films de l’année. Le public venu assez nombreux est donc prévenu, il verra ce soir un film qui a raflé le prix du pire film, du pire couple à l’écran (Lindsay Lohan et Lindsay Lohan), de la pire actrice (Lindsay Lohan), du pire remake ou plagiat de « Hostel », « Saw » et « The Patty Duck show », du pire réalisateur, du pire scénario et de la pire excuse pour avoir fait un film d’horreur. Dans l’historique des Razzie, c’est la première fois qu’un film remporte autant de prix, c’est dire...
Alors, est-ce que ce film méritait ces 8 framboises d’or ? Oui et non. Oui, car les dialogues sont lamentables, le jeu de l’actrice et le scénario frisent le ridicule. Non, car on a déjà vu pire… Pour la petite histoire, le film considéré comme le plus mauvais de toute l’histoire du cinéma s’appelle « Plan 9 from Outer Space » réalisé par Ed Wood. Mais au moins, celui-là reste drôle à voir.
Pour information : Lindsay Lohan est une actrice chanteuse américaine qui, du haut de ses 22 ans, a déjà trois cures de désintoxication à son actif (rien que pour 2007). Espérons que ces nombreux prix au Razzie lui ouvrent les portes vers une belle carrière.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Mercredi 2 avril 2008 :
Ah, ah, les valises apparaissent sous les yeux des festivaliers ! On attend la transformation en zombie, mais c’est généralement aux alentours du Bal des Vampires que ça se produit.
Patience donc !
Séance de 18h00 :
Pour l’heure, mon premier film de la journée est espagnol. Quand je disais que les meilleures surprises arrivent souvent durant les séances de 18h00, me voilà confortée dans mon opinion. Car ce « Timecrimes » sera l’une des bonnes surprises de ce 26e Festival. Évidemment, vous raconter l’histoire de « Cronocrimenes » (titre original), c’est déjà vous dévoiler une partie de l’intrigue, surtout lorsqu’il s’agit de paradoxe temporel.
Essayons quand même : un homme observe à l’aide de ses jumelles une jeune femme cachée dans les fourrés. Intrigué par la scène, il se déplace jusqu’à l’endroit et retrouve la même jeune fille, mais nue et comme endormie. Il se fait alors attaquer par un inconnu au visage bandé. Commence une course poursuite et notre petit bonhomme fini par se réfugier dans une sorte de laboratoire où un scientifique (interprété par Nacho Vigalondo) lui propose de se cacher dans une drôle de machine. Lorsqu’il en ressort, il se rend compte qu’il a remonté le temps de quelques heures seulement. Mais en rentrant chez lui, il croise la jeune fille des fourrés (habillée cette fois) et en la suivant, il se retrouve nez à nez avec… lui (arrivant avec ses jumelles). Une bien belle boucle temporelle qui se complique car ‘lui’ sont plusieurs. Le réalisateur s’est bien amusé à enchaîner les séquences et à jouer avec le temps. Un film très ludique. Heureusement qu’il ne passait pas plus tard car il fallait quand même un peu s’accrocher à l’histoire.
Séance de 20h00 :
Second long métrage pour ce jeune réalisateur britannique (dites-moi qu’on est encore jeune à 38 ans !) qui s’est fait un nom grâce au court « Cash-back » et pour lequel il avait remporté de nombreux prix (dont l’Oscar du meilleur court métrage en 2004). Sur papier, « The Broken » présentait bien : un thriller psychologique stylisé. Et même si le public de ce soir a fortement exprimé son mécontentement, le film mériterait un petit sauvetage.
Une jeune femme anglaise et sophistiquée (Lina Headey qui jouait la reine Gorgo dans « 300 » de Zack Snyder) croise son double dans la rue. Perturbée par cette rencontre, Gina a ensuite un terrible accident de voiture dont elle sort cependant indemne, ou presque. Elle ne se souvient plus de l’accident et certains autres détails la perturbent. Même son propre petit ami se comporte bizarrement, comme froid et distant… Et si c’était aussi un double ?
Si vous avez vu au moins l’une des versions de « Body snatchers – L’invasion des profanateurs de sépultures » (VR1311 et VI5031), le déclic vous viendra pendant le film. En empruntant le thème de base, Sean Ellis s’est toutefois permis quelques variations et on soulignera un étonnant twist sur la fin. Le tout enrobé d’une très belle image (Sean Ellis a commencé sa carrière en tant que photographe), « The Broken » n’est pas un mauvais film, il souffre surtout de quelques lenteurs scénaristiques, sur quoi le public du Bifff est absolument intransigeant.
Séance de 22h00 :
Prenez un Roméo, plutôt violent et machiste, une Juliette assez nunuche et suffisamment masochiste que pour supporter son Roméo, un cinglé avec une tronche pas possible et un tout jeune réalisateur autrichien dont c’est le premier projet et vous obtiendrez « On Evil Grounds ». On pourrait comparer ce film à une petite plaisanterie cinématographique qui foisonne de bonnes idées. On pense à Tex Avery, voire Benny Hill version horreur trash rock’n’roll. Mais attention, si Peter Koller aime bien s’amuser avec la caméra et nous divertir avec cette revisitation du western-spaghetti, l’excès nuit en tout et je me serais bien contentée d’un court métrage. Néanmoins, un réalisateur à suivre.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Jeudi 3 avril 2008 :
Séance de 20h00 :
Encore un remake d’un film asiatique (Thaïlandais) pour en faire un produit formaté à l’américaine, sauf que le réalisateur est ici japonais. Masayuki Ochiai (pas vraiment très célèbre) remonte donc le film des thaïlandais Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom (pas non plus hyperconnus) mais dont la version fut présentée en 2004 au Festival du Film Fantastique.
Un jeune couple marié part au Japon. Lui est photographe et habitué de Tokyo, elle l’accompagne. À peine arrivés au pays du soleil levant, la femme croit avoir renversé une jeune femme sur la route, mais on ne retrouve aucune trace du corps. S’ensuit une période de clichés photographiques tous voilés. C’est qu’au Japon, on croit aux spectres et qu’il y aurait probablement un lien entre les taches qui apparaissent sur toutes les photos prises et une ancienne petite amie japonaise un peu trop amoureuse de lui.
J’étais étonnée de ne pas encore avoir vu cette année un film avec des fantômes aux cheveux longs. Voilà qui est fait. Sans être tout à fait désagréable, le film n’en est pas plus indispensable. Une bonne production qui se laisse regarder, sans plus.
Séance de 22h00 :
Que le groupe Lordi ait gagné l’Eurovision, cela semble déjà improbable. Qu’ils jouent dans un film d’horreur, ça l’est beaucoup moins. Mais que je voie un jour un film d’horreur finlandais avec des membres du groupe Lordi, là, ça dépasse toutes les probabilités. Pourtant, je l’ai fait.
"Dark Floors" est donc un film d’horreur dans la plus pure tradition, basé sur une idée originale de Mr. Lordi (le Mr. apparaît tel quel au générique) avec des gens coincés dans un hôpital, attaqués par des monstres vraiment pas beaux (vous devinerez qui joue le rôle des monstres) et une petite fille autiste qui ne serait pas tout à fait étrangère à ce qui se produit. C’est assez lourd, mais efficace aussi.
Séance de 24h00 :
C’était probablement le film le plus attendu de ce Festival, et il suffit de voir le monde présent à cette heure tardive pour le prouver.
Alors, "Postal", c’est quoi ? À la base, "Postal" est un jeu vidéo tout ce qu’il y a de plus violent et politiquement incorrect. Et qui dit adaptation de jeu vidéo au cinéma, dit Uwe Boll, qui n’en est pas à son premier essai.
Alors, "Postal", cela en valait-il la peine ? Et bien, oui. Le film démarre sur une séquence qui se passe dans l’un des avions se dirigeant sur les World Trade Center le 11 septembre 2001. Les deux pilotes terroristes se disputent par rapport au nombre de vierges promises qu’ils auront gagné suite à leur sacrifice. Le nombre de vierges diminuant au cours de la discussion, l’un d’eux contacte Ousama pour lui demander des précisions… Ceci vous donne le ton de tout le reste… et tout le monde en prend pour son grade : les flics, les vieux, les blancs, les noirs, les jaunes, les nains, les militaires, les enfants, les sectes, les obèses, les extrémistes, les politiciens, George Bush... et surtout cette Amérique profonde qu’on apprécie tout particulièrement. Dans "Postal", tous les coups sont permis et Uwe Boll ne s’en prive pas. Gage de qualité dans ce genre de niaiserie, on notera la présence de Seymour Cassel et David Huddleston, deux vieux de la vieille, mais ô combien célèbres !
Dans un autre style politiquement incorrect, je vous conseille Borat de Larry Charles.
Jeux adaptés au cinéma : Mortal Kombat (VM5576 et VM577) ; Tomb Raider ; Resident Evil ; Silent Hill.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Vendredi 4 avril 2008 :
Ça y est, la transformation s’est opérée cette nuit. Au matin, j’étais un zombie : teint blafard, vision légèrement trouble, idées confuses… Vous me direz, ça m’apprendra à aller voir le film de minuit, mais bon, il faut ce qu’il faut, un peu de sacrifice pour son boulot (et son plaisir)…
Séance de 18h00 :
Difficile de parler d’« Artefacts » tant par rapport à sa forme qu’à son fond. L’histoire peut rappeler celle de « The Body Snatcher » (encore – voir chronique de « The Broken »), car il semble y avoir une histoire de doubles affublés d’une sorte de balise située à l’intérieur du ventre des humains (en se basant sur l’hypothèse que les doubles n’en sont pas – des humains). Car le scénario n’est vraiment pas clair (et je ne me suis pas endormie).
Filmé en 12 jours et en DV (parfois à l’épaule pour vous donner la nausée), on a juste envie de poser cette question à Giles Daoust : « Pourquoi ne pas s’être contenté d’un court métrage ? ». Visiblement, le réalisateur vise plus haut car si le film est belge, les acteurs eux parlent anglais.
Séance de 20h00 :
Johnny, surnommé Flick, est un jeune homme mal dans sa peau, rejeté de tous et qui a tendance à jouer de la lame trop facilement (ce qui lui a valu son surnom puisque Flick vient du bruit émis par la lame d’un couteau à cran d’arrêt). Ce que Flick aime par-dessus tout, c’est la musique rock’n’roll. Il a d’ailleurs la ferme intention de danser ce soir avec Sally, une belle jeune fille, mais la bande du coin ne l’entend pas de la même oreille et ce qui devait être le plus beau soir de sa vie sera son dernier : Flick décède au volant de sa voiture, noyé dans le fleuve.
Cinquante ans plus tard, on repêche la voiture de Flick avec son cadavre toujours au volant. Aux premières notes de rock’n’roll émises par une petite radio locale, Flick se réveille et rentre chez lui, bien décidé à se venger de cette soirée ratée.
Voilà un film de zombie des plus originaux. Tout le film baigne littéralement dans une ambiance sixties, que ce soit par la musique, les décors, les vêtements, la façon de filmer, la mise en scène ou le choix des couleurs, tout est là pour nous rappeler le King. Et l'utilisation de planches de B.D. pour relier certaines séquences rajoute un petit côté suranné tout à fait en adéquation avec le film. Saluons surtout le personnage incarné par Faye Dunaway, mystérieuse inspectrice au bras mécanique qui semble sortie tout droit d'un épisode de « Twin Peaks ». Flick est donc un film fort sympathique et très étrange, qui surprend surtout de par son côté visuel.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Samedi 5 avril 2008 :
La très bonne nouvelle de cette année, c'est le retour de Sacha Feiner sur la toile géante du Festival. Souvenez-vous l'année dernière, c'est lui qui nous avait déjà régalés avec ses courts métrages d'animation présentés avant chaque film et comptant un total de dix courts spécialement réalisés pour les 25 ans du BIFFF : « World in progress ».
Cette année donc, Sacha Feiner rempile avec une série de fausses bandes-annonces : pour ce faire, il reprend des extraits de (vrais) films, les remonte, y ajoutant ou non des effets et modifiant l'histoire du film original. Résultat, une vraie fausse bande-annonce, très bien ficelée avec la grosse voix à l'américaine. Sacha s'amuse même à transformer le logo du distributeur et c'est ainsi que nous avons pu découvrir huit petits chefs-d’œuvre d'humour et d'invention :
J'ai envie de dire : « c'est fin, ça se mange sans fin » et j 'espère sincèrement que ce genre d'initiative sera renouvelé. Déjà, si on pouvait diffuser ces fausses bandes-annonces à la place des publicités au cinéma, on y gagnerait en intelligence.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Dimanche 6 avril 2008 :
Séance de 20h00 :
Premier film thaïlandais de cette 26e édition.
Imaginez-vous dans une cage d’escalier ; vous venez de perdre votre boulot, vous venez de recevoir une lettre de la banque vous annonçant un gros découvert, votre mère vous supplie de lui envoyer de l’argent et une mouche vous persécute. À cet instant, votre téléphone sonne et un inconnu vous propose d’écraser la mouche contre 10.000 bats. Facile ! Cinq minutes plus tard, le même inconnu vous propose 30.000 bats de plus si vous mangez la mouche écrasée… Que ne ferait-on pas pour l’argent ? Chite (c’est son nom) se retrouve donc enrôlé dans un mystérieux jeu dans lequel les épreuves deviennent de plus en plus sordides et sournoises. À la clé, une somme d’argent très importante si Chite remporte les 13 épreuves.
Voilà un film excellent. Le réalisateur explique avoir choisi ce sujet en réaction à l’arrivée des reality-shows et autres bêtises télévisées dans son pays. Le type de jeu mis en scène dans « 13 Beloved » n’est pas sans rappeler un jeu télévisé appelé fear-factor (pour ceux qui ont la télé) et qui tient compte des peurs et des phobies des participants. Belle performance et très bonne surprise donc pour ce film qui apporte une réflexion par rapport aux jeux d’argent et à cette foutue télévision.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Lundi 7 avril 2008 :
Séance de 18h00 :
Le jour de sa demande en mariage, un jeune homme voit sa future promise se faire renverser par une voiture. Sa vie anéantie, il laisse le soin à sa mère de lui trouver une épouse qu’il n’aimera jamais. Sa jeune femme, souffrant du manque d'amour, rencontre le fantôme de la première fiancée. Ne sachant plus trop quoi faire pour attirer l'attention de son mari, elle signe alors un pacte avec ce spectre. Mais les choses prennent une tournure différente…
Une belle histoire d'amour, tout en nuance et ambiance : on pense à Wong-Kar-Wai pour les costumes et la musique. Mais un film pas trop au goût des festivaliers.
Séance de 20h00 :
Stuart Gordon, l’habitué du Bifff présent sur scène, avait préparé une chanson pour le public. Mais avant de l’entamer, il nous met en garde qu’il la chantera en entier ! Stuart nous a donc chanté une chanson en compagnie d’une jeune fille choisie dans l’assistance ; une sérénade racontant son amour et la raison de son crime… tout un programme, un peu comme son dernier film, « Stuck », qui signifie "coincé", et c’est exactement ce qui va arriver à Stephan Rea. L’histoire est assez simple : une jeune infirmière apprend qu'elle va recevoir une promotion et profite de cette nouvelle pour faire la fête le soir en compagnie de petites pilules roses et bleues. Sur le chemin du retour, elle renverse un clochard qui vient s'encastrer dans son pare-brise avant. Si elle appelle les secours, elle sera jugée pour ce délit. Une seule solution alors, c'est de rentrer tranquillement la voiture dans le garage et laisser le pauvre homme mourir, après tout ce n'est qu'un clochard sans domicile et dont la disparition ne devrait pas faire grand bruit.
Lorsque l'on sait que le film de Stuart Gordon est basé sur un fait réel, on a encore plus froid dans le dos. « Stuck » est un film à petit budget, sans effets très spéciaux, mais ça marche.
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
Mardi 8 avril 2008 :
Qui dit jour de clôture, dit malheureusement peu de monde à la séance de 18h00. Dommage ou tant pis pour eux…
Séance de 18h00 :
Corée du Sud, à l’époque de la dynastie Choson, une femme de chambre de la concubine royale est retrouvée pendue. Une jeune infirmière chargée de l’autopsie découvre que cette servante ne s’est pas pendue toute seule et qu’elle a aussi donné naissance à un enfant, désobéissant de ce fait à l’obligation de chasteté liée à sa fonction. S’ensuit alors une enquête minutieuse durant laquelle cette jeune infirmière va être confrontée au mutisme des autres servantes. Film à la fois historique et fantastique, j’ai été épatée par les costumes, la trame relativement complexe (c’est qu’elles se ressemblent toutes les servantes) et la finesse du scénario. Un très bon film malheureusement un peu oublié de par sa position dans la grille horaire. J’ai tout de suite repensé au film « Gosford Park » de Robert Altman qui se déroule aussi dans le milieu des petites mains, mais à une toute autre époque et dans un style fort différent.
Ça y est, c’est (déjà) la clôture. Difficile de croire que ces treize jours sont passés aussi vite. Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, il faut savoir s’arrêter (ce qui n’est pas sans déplaire à mes yeux et mon dos). Et qui dit clôture, dit inévitablement palmarès, remise de prix, retard et open-bar après. C’est donc dans la plus pure tradition (séance photo, jury, séance photo) que nous avons eu droit à la remise des différents prix :
- Corbeau d’or : « 13 Beloved » de Chukiat Sakveerakul
- Corbeau d’argent : « [Rec] » de Jaume Balaguero et Paco Plaza ex aequo avec « Stuck » de Stuart Gordon + mention spéciale (pour le jeu d’acteur des enfants) dans « The Substitute » de Ole Bornedal
- Pégase (prix des abonnés) : « [Rec] » de Jaume Balaguero et Paco Plaza
- Mélies d’argent : « Frontière(s) » de Xavier Gens
Séance de 20h30 :
Je ne m’étendrai pas trop sur le dernier film de Singh Tarsem car je n’ai pas réussi à l’apprécier. « The Fall » se veut être un conte, mais ma première impression est de dire : « n'est pas Tim Burton qui veut ». Car c'est bien là tout le problème, c'est un peu tout et n’importe quoi. « The Fall » est avant tout un film avec de très belles images, prises aux quatre coins du monde, mais tellement vide qu'on a la sensation de voir une publicité pour « The National Geographic » ou « le Club Med ». L'idée du beau jeune homme malade qui raconte une histoire à une petite fille pour y plonger dans son imaginaire peut sembler intéressante, mais il n'y a rien derrière. On ressent trop le prétexte d'avoir voulu montrer de belles choses, mais le vide du scénario nous rattrape très vite. Pour moi, ce « The Fall » est donc un échec. Je préférais quand Tarsem Singh faisait des clips vidéos pour R.E.M.
Le BIFFF 26e, c'est fini !
Nous y voilà, la fin du Festival est chaque fois synonyme de tristesse et de joie aussi (on va pouvoir manger et dormir normalement).
Les premières impressions sont les mêmes que pour l'année dernière : le site de Tour & Taxi apporte un plus à cette fête du cinéma fantastique. À se demander comment on faisait dans l'Auditorium du Passage 44 ? La météo plus capricieuse cette année aura, semble-t-il, amené plus de monde.
Quant à la programmation, pareille à elle-même, avec des bonnes et moins bonnes surprises, mais telle est la destinée d’un Festival. La plus grosse déception, c'est de ne pas avoir vu souvent les membres du jury international.
J'ai aimé :
- l'ambiance du bar
- les Q&A (questions and answers) après les projections
- le verre offert après les films belges
- « The Postal » ; « 13 Beloved » ; « The Shadow in the palace » ; « Stuck » ; « The Cottage » ; « The Substitute ».
Je n'ai pas aimé :
- la taille des hot-dogs au bar
- le prix des toilettes (ce qui a donné lieu à un nouveau slogan crié avant le film « madames-pipi raquetteuses »)
- « The Fall »
J'emprunterai la conclusion à Stuart Gordon qui a dit ceci lors des remises de prix le jour de la clôture : «BIFFF, je t'aime». Et nous aussi... à l'année prochaine...
Brigitte Segers (envoyée spéciale au Festival)
les conditions de circulation pourraient être difficiles pour les Médiathèques mobiles ce week-end ; rendez-vos sur les blogs des Discobus 2, Discobus 3 et Discobus 4 pour plus d'infos
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