Ouverture : « Sunshine » de Danny Boyle
Le Bifff, c’est parti ! Pour son 25ème, le Bifff s’est payé un déménagement (forcé). J’étais assez curieuse de voir le résultat et de pénétrer dans cette fameuse nouvelle salle de cinéma.
Comme chaque année, la soirée d’ouverture implique un certain nombre d’évènements plus ou moins protocolaires qui amènent inévitablement à de petits retards. Mais c’était sans compter un caprice de dernière minute de la part des distributeurs du film « Sunshine » présenté en seconde avant-première mondiale, avec pour consigne : pas de GSM dans la salle. Si l’on part du principe que 9 personnes sur 10 possèdent un GSM, et bien, on s’imagine sans peine le petit chambard que ce genre de directive a pu entraîner. Le vestiaire (instauré depuis cette année) était le bienvenu si on ne voulait pas retourner à sa voiture ou si on n’avait pas le choix.
Mais bon, passé ce petit contretemps, et le service d’ordre à l’entrée, me voici enfin dans le vif du sujet.
L’endroit investi par le Bifff est un énorme hangar dans lequel ont été disposés différents stands pour notre plus grand bonheur: un bar, un restaurant, un magasin de bonbons, etc.
On se sent tout d’abord un peu perdu dans cet immense espace, mais on se fait très vite à la configuration des lieux. Et le terme « festival » prend ici toute son ampleur ! Voilà quelque chose qui manquait au Passage 44.
La foule (en masse) se dirige lentement vers la salle, en suivant un cortège animé de personnages fantasmagoriques. La grande toile blanche nous attend. Première surprise, les sièges sont des récupérations de différents cinémas, dont l’Auditorium du P44. Pour ceux qui espéraient trouver des sièges flambant neufs, c’est raté, mais il y a plein d’espace entre les rangées ce qui ravira les longues jambes. La salle est en effet très vaste, plus large que longue malheureusement, ce qui fait que les sièges disposés sur le côté sont un peu décentrés par rapport à l’écran. Et autre petit bémol, les sièges sont disposés sur un même niveau, ce qui veut dire qu’il faut se débrouiller pour ne pas s’asseoir derrière un plus grand que soi si l’on veut pouvoir lire les sous-titres. Par contre, question son et image, rien à dire. Quand j’ai vu ce hangar, j’ai tout de suite pensé au problème de son que ce genre d’endroit peu présenter, mais l’installation à été très bien pensée. Une fois le cortège d’invités installé, les présentateurs font leur apparition sur scène. Pour l’occasion, ils ont convié une star belge, réputée pour ses apparitions très loufoques à la télévision : Jean-Claude Van Damme (qui, soit dit en passant, avait garé sa Maserati juste devant l’entrée du Festival). Le petit Jean-Claude a été accueilli comme il se doit par les festivaliers, lui criant à gorge déployée « une chanson, une chanson, une chanson… » mais Jean-Claude ne s’est pas exécuté. Il n’a pas beaucoup parlé et nous n’avons même pas eu droit à son légendaire « Aware » Il mélange toujours un peu d’anglais et de français dans ses propos, et a dit, je cite, « être revenu en Belgique quelques jours pour revoir sa famille, sa terre, sa nourriture (?) » Sacré Jean-Claude.
25ème anniversaire oblige, les présentateurs ont entamé une liste de remerciements aux personnes qui ont participé de près ou de loin au Festival. C’est donc aux alentours de 21H15 que le film est enfin lancé: « Sunshine » de Danny Boyle est projeté pour la seconde fois au monde. Danny Boyle n’est malheureusement pas là pour nous présenter son dernier film, un space opéra dans la plus pure tradition. Mais venons en au pitch(pour parler comme les professionnels) : huit astronautes sont envoyés en mission à bord d’une navette spatiale du nom d’Icarus 2. But de la mission, envoyer une bombe gigantesque à l’intérieur du soleil pour le faire exploser et résoudre ainsi le dernier petit problème de changement climatique que la Terre est en train de subir, à savoir, une nouvelle période de glaciation. Nos huit astronautes (six hommes et deux femmes) sont donc assis sur une ogive dans laquelle les dernières ressources fissibles terrestres ont été investies. Pas d’erreur possible, d’autant qu’Icarus 2 est déjà le second essai. Les provisions sont prévues pour le retour sauf contretemps de dernière minute, et vous l’aurez deviné, des contretemps, il en sera question.
Même si on pouvait s’attendre à certaines redites dans ce genre de film, « Sunshine » a le mérite d’être traité tout en sobriété. Tout d’abord, pas d’effets spéciaux surnuméraires et inutiles, et les images du soleil n’en sont pas moins sublimes. Pas non plus de moment-émotion à n’en plus finir, pas d’amourettes accrocheuses ni de super héros parmi les astronautes. On pense inévitablement à « 2001, l’odyssée de l’espace », « Alien » et « Solaris » et le choix des acteurs est judicieux (ah, le beau Cillian Murphy). Et même si on s’y perd parfois un peu (c’est grand l’espace) certains évènements permettent de raccrocher le wagon. Bref, un bon vrai gros film de science-fiction pour débuter ce 25ème festival.
Anecdote : une chauve-souris (une vraie de vraie) faisait des allers et retours dans le hangar au-dessus des gens en train de faire la file. Une belle apparition pour l’ouverture du Bifff, une moins bonne pour cette pauvre petite bête qui a dû être bien dérangée par les évènements. En espérant qu’elle se trouve un endroit plus tranquille pour les prochains jours.
Brigitte Segers
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