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Technologie mon amour

 

La Ligue des droits de l'homme asbl présente "Technologie Mon Amour", une semaine de droits humains, de culture et d'échanges sur les nouvelles technologies du 23 au 28 février 2010 à l'espace Magh. Pendant une semaine, à travers des films, des ateliers et des conférences, seront explorés des thématiques comme les nouvelles techniques de surveillance, les mondes virtuels, la fracture numérique, mais aussi les logiciels libres, la protection des données ou les rapports entre le corps humain et la technologie.

Une thématique qui a éveillé l'intérêt de nos rédacteurs et donné l'envie de faire des fouilles dans nos collections cinématographiques.


tmaLa technologie et nous

La technologie, la science, la technique, sont des choses qui inquiètent. Est-ce seulement la peur de la nouveauté, de l'inconnu ? Ou bien est-ce une réaction fondée, qui s'inscrit dans la suite d'expériences malheureuses, de détournement d'inventions conçues au départ avec les intentions les plus louables, mais qui "en de mauvaises mains" se révèlent dangereuses pour les droits de l'homme, pour son bien-être et pour sa liberté ?

Chaque nouveau développement de la technologie apporte ainsi des questionnements nouveaux, des imprévus, des effets secondaires qui peuvent rapidement devenir des outils dangereux, des aides indésirables aux mains d'un oppresseur, d'un appareil d'état ou d'un outsider, qu'il s'agisse d'un mouvement terroriste ou d'un conglomérat capitaliste. L'opposition a la technologie est depuis la révolution industrielle une question éminemment politique, entamée avec des actes de désespoir, un dernier sursaut, comme la destruction par les Luddites des machines qui allaient progressivement transformer tout le système social en place jusque là, et les artisans d'autrefois en ouvriers de seconde classe, travaillant à la chaîne, et les voir devenir interchangeables, dans un premier temps, puis rapidement dispensables. Elle se base également sur une méfiance non pas tant de la science ni de technologie, mais bien des bonnes intentions des classes dirigeantes, de leur prise en compte, dans leurs décisions, d'une vision élargie des choses, qui sans être altruiste ne serait pas le résultat de calculs intéressés, à cour terme. Cette tension va générer une méfiance sans forme précise, sans objet explicite, mais qui sera la base d'une peur, d'une angoisse, d'autant plus grande qu'elle ne pouvait se baser que sur des spéculations, des extrapolations, des anticipations.

La fiction relaiera bien sûr ces inquiétudes et constituera souvent un laboratoire virtuel des bouleversements profonds qu'une innovation scientifique peut introduire dans le douloureux équilibre entre les puissants et le reste de la population. La Science-fiction par exemple a hérité des codes du roman policier, et notamment de la paranoïa du thriller, du genre noir, en suivant une même évolution: de la peur des prédateurs isolés à la crainte de la conspiration, de la manipulation, du complot. Cette peur plus généralisée, plus prégnante de par l'impuissance nouvelle qu'elle dévoile, celle de l'individu face à une machinerie qui le dépasse. Ainsi de la surveillance, jadis cantonnée à un système (humain) d'informateurs, et donc limité par ses composants humains dans son efficacité, dans son rayon d'action. Même s'il ne faut pas s'y tromper, derrière les nouvelles techniques de contrôle, d'intoxication, de persuasion, se trouve généralement les mêmes systèmes qu'auparavant, les mêmes gens qu'auparavant. De la surveillance d'état historique, bien réelle, de la Stasi, telle que décrite dans le film "la vie des autres" à la télésurveillance des fictions cyberpunk, c'est une même vision de l'appareil d'état qui est présentée, un état qui est de plus en plus vu comme l'obstacle placé en travers des libertés individuelles, un système, décrit depuis des siècles comme oppresseur, mais qui aujourd'hui possède une résonance cauchemardesque dès qu'on l'associe à l'inhumain, à la machine. Surveiller, punir, contrôler, manipuler, sont des concepts anciens qui sont aujourd'hui cristallisés dans des appareillages techniques auxquels la plupart d'entre nous avons souscrit; la majeure partie de la population a ainsi un rôle ambigu, ambivalent dans l'introduction des nouvelles technologies de surveillance, elle se présente généralement comme de simples effets secondaires de technologies acceptées, désirées par la plupart, associées à des bienfaits de la science, des innovations avantageuses. Ce ne sont souvent que des "marquages", des techniques de traçage, un contrôle potentiellement citoyen, répondant à des préoccupations éthiques, à des problèmes pratiques, mais aussi à des applications légalistes ou policières. Elles sont intégrées à nos communications (téléphoniques, informatiques.. ), à nos achats, à nos dépenses et à notre épargne. Elles se manifestent dans la multiplication des caméras de surveillance, dans les méthodes hi-tech de contrôle aux frontières, dans les aéroports, comme dans l'usage de tests ADN à des fins d'investigations criminelles, ou d'identification raciale, familiale, nationale, etc. Elles participent de l'obsession sécuritaire de ces dernières années, et est soutenue par une idéologie positiviste, voyant dans ces "protections" une assurance pour l'ordre, pour la paix, pour les libertés. On le voit, chaque nouvelle possibilité positive possède son revers, son danger, sa menace. (BD)

 

Plus d'info sur l'expo de la LDH

 

A lire, sur la Rue Des Douradores :

A suivre, sur Noreille, un fil rouge cinéma, complot et paranoïa,

 

 

Et pour poursuivre les thématiques de la technologie, de la surveillance et du virtuel :

  • THX 1138 (THE GEORGE LUCAS DIRECTOR'S CUT) - VT2675
    A LEGACY OF FILMMAKERS: THE EARLY YEARS OF AMERICAN ZOETROPE
    ELECTRONIC LABYRINTH THX 1138 4EB
    Où emprunter, détails... en DVDsur demande d'envoi