Le concept de la mondialisation n'est pas récent : tout le passé
des conquêtes, des grandes découvertes, des colonies et toute l'histoire
du commerce sont liés à des tentatives d'imposer au plus grand
nombre une universalisation de quelques valeurs dominantes. Avec plus ou moins
de réussite selon les époques… Les nouveaux moyens technologiques
de communication ont permis, tout en reprenant à leur compte de manière
implicite et sournoise, ces anciennes motivations de conquête, de développer
une actualisation redoutable du concept de mondialisation. Par la circulation
ultra rapide des informations stratégiques et des capitaux notamment.
Tout un système de négociations internationales, conduites par
les pays les plus riches, ont élaboré et imposé des normes
« universelles » pour la libéralisation des échanges
commerciaux. Ces normes et leur esprit devaient se propager aussi au champ des
services et des échanges culturels… Il y a eu alors prise de conscience
internationale, création d'associations militantes, des groupes de réflexions,
et le concept d'alter mondialisation est né. Pour défendre une
autre vision du monde plus sociale, plus respectueuse de l'avenir des peuples
dans un environnement correct, aux richesses et formes de bien-être mieux
partagées… L'idée d'une taxe (la taxe Tobin) internationale,
devant permettre une politique sociale digne de ce nom à l'échelle
de la planète, a été au départ considérée
comme folie utopiste. De plus en plus d'experts économiques et d'hommes
politiques la considèrent aujourd'hui comme souhaitable et réalisable…
D'une certaine manière, nous sommes surinformé quant à
cette opposition entre mondialisation et « autre mondialisation ».
Mais l'information va vite, la vie quotidienne elle-même galope de plus
en plus. Pourtant, pour être citoyen du monde, nous devons ce que recouvrent
ces affrontements entre deux visions du monde. Heureusement, vous avez toujours
près de chez vous, un prêt de centre public de la Médiathèque.
Elle a stocké, pour vous dans ces formidables collections de documentaires,
de nombreux films sur les problématiques liées à la mondialisation.
Ils sont là, vous venez, vous vous faites conseiller, vous emportez chez
vous deux ou trois films (pour avoir des éclairages différents),
vous vous informez à votre rythme. Grâce à ce patrimoine
de documents et de reportages pour mieux comprendre le monde, facilement disponible.
« L'économisme devient aujourd'hui l'idéologisation
poussée d'une économie entièrement focalisée sur
le marché et la valeur marchande. C'est d'ailleurs la double référence
selon laquelle s'évaluent actuellement les accomplissements individuels
et collectifs – une valorisation si dominante qu'elle prévaut contre
les autres créations de valeurs. L'économisme ainsi défini,
associé au technologisme qui le sert et l'entretien, contribue essentiellement
à la montée de la puissance, qui paraît avoir le champ libre
dans l'indifférence à l'égard de ce que devient le social
. »
Georges Balandier – « Civilisations et puissance »
- Editions de l'Aube.
Pierre Hemptinne