Que reste-t-il dans le sillage d’une des plus grandes stars artistiques
du Xxème siècle ? Comment son héritage évolue-t-il?
Comment évaluer les ondes de choc déclenchées par sa formidable
activité ? Sont-elles encore perceptibles aujourd’hui ? Comment
ramasser les poussières d’étoiles de cette incroyable usine
à « fabriquer, travestir, reproduire et recycler » les images
?
Tout le monde connaît l’un ou l’autre élément
de cette épopée « Warhol », tout le monde a dans sa
tête un coin de pop art, sans forcément savoir à quel ensemble
le raccrocher, à quel mouvement le rattacher, sans nécessairement
être au fait de la logique sociale et esthétique qui a donné
naissance à ces manifestations artistiques. Andy Warhol a contribué
à rendre poreuse les frontières entre art populaire et art noble,
art sérieux et art-naque, authentique et plastique, unique et multiple…
Son art qui subvertit les genres, les valeurs esthétiques et leurs étiquettes
sociales nous introduit à une malléabilité culturelle de
plus en plus indispensable…
Il n’y a jamais d’obligation à aller au-delà des idées
reçues, des clichés les plus courants ! Cependant, avoir une meilleure
perception des tenants et aboutissants d’une forme d’art, transforme
le plaisir esthétique en connaissance et l’on ne peut nier que
c’est ce processus de fabrication de connaissances qui favorise l’autonomie
des publics en leur donnant accès à des capitaux culturels plus
riches. Tout en permettant d’amplifier les plaisirs que l’on peut
tirer de la fréquentation des biens culturels.
Ça peut se faire de manière très savante, mais on peut
aussi approfondir et s’enrichir à son rythme, « en dilettante
», tout en fréquentant un service de prêt public dont la
philosophie est de permettre à chacun d’explorer selon des itinéraires
adaptés. Le patrimoine de la Médiathèque permet de replacer
les musiques et les films dans leur histoire, dans leur logique et leur filiation.
De lutter ainsi contre l’analphabétisme culturel.
Avec le renouveau de la scène rock new-yorkaise, des groupes comme le
Velvet Underground sont redécouverts par les jeunes, redeviennent une
référence mythique pour les nouvelles générations.
Mais ont-elles la perception de toute la dynamique qui a donné naissance
au Velvet ? Connaissent-elles la figure emblématique, le « cerveau
» de toute agitation culturelle ?
Voici, avec un texte guide de Marc Roesems, quelques vidéos et CD qui
restituent une vision d’ensemble, une cohérence.
« Nous avons appris, comme Andy Warhol ou les sorciers de la chimie
qui ont créé les premiers plastiques, l’art du caméléon.
À mesure qu’augmentent la puissance et la précision des
technologies virtuelles, ce qui se produit sur un petit écran d’ordinateur
se produira sans doute à l’extérieur de nous, autour de
nous, dans des environnements globaux dont les surfaces électroniques
afficheront des flux d’images en réaction à des désirs
sans cesse changeants et plus exigeants. Une malléabilité libre
et facile aura ainsi triomphé. »
Jeffrey L. Meikle – « De l’immatérialité virtuelle
: plastiques et plasticité au Xxème siècle » - «
Plasticité », ouvrage collectif sous la direction de Catherine
Malabou, Editions Leo Scheer.
Pierre Hemptinne