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Sympathy for the Devil

(par Jean-Grégoire Muller)

 

La figure du Diable a été utilisée dans un nombre incalculable de chansons populaire. Sa mention s'adapte bien à la forme ramassée de la chanson, dans laquelle il désigne en deux syllabes (diable, Satan, démon) l'idée du mal et de l'interdit.

Si le nom a une origine religieuse, son usage est lui souvent profane et sans arrière-pensée. Mais pas toujours. Certains artistes exploitent un univers occulte, de façon ponctuelle. D'autres construisent un petit cabaret des horreurs dédié à la figure méphistophélique. Depuis le début des années 80, le courant rock black metal développe un discours résolument anti-chrétien.

Cette anthologie d'édition allemande en 2 CD rassemble une trentaine d'artistes qui ont puisé leur inspiration dans la personne du Diable, dont des grands noms du rock comme Black Sabbath ou même Mick Jagger. Un grand nombre de groupes de black metal y figure également.

 

Invocation of my Demon Brother

1968. Les Rolling Stones publient leur album ‘Beggar's Banquet'. Premier titre, ‘Sympathy For The Devil', dans lequel Mick Jagger chante Lucifer à la première personne. Les paroles seraient inspirées du roman ‘le Maître et Marguerite' de Mikhaïl Boulgakov. Mick Jagger est également l'année suivante l'interprète principal du film de Kenneth Anger ‘Invocation Of My Demon Brother'. Les Beatles, quant à eux, ont fait figurer le portrait du mage Aleister Crowley (voir ci-dessous) sur la pochette de leur ‘Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band'.

1970. Black Sabbath sort son premier album, dont la pochette est ornée d'une croix renversée. Les Anglais sont dès lors considérés comme des disciples de Satan, en plus d'être, avec quelques autres, les inventeurs du style heavy metal. Jimmy Page, le guitariste de Led Zeppelin, fricote également avec l'imagerie sataniste en composant une bande-son pour le film ‘Lucifer Rising, refusée par le réalisateur Anger. Plus près de nous, Marilyn Manson a bâti sa réputation en provoquant les ligues de moralité de l'Amérique bigote.

Le Cabaret de Satan

 

Quelques-uns des groupes les plus influents de l'histoire du rock ont abordé les territoires occultes de Satan. Dans les marges, quelques artistes, mages ou charlatans font du diable leur fond de commerce

 

 

Une série de discours de l'occultiste anglais, dont une partie prononcée dans un langage magique, l'énochien.

Anton Lavey est le fondateur d'une Church Of Satan qui s'apparente plus à un music-hall de série Z qu'à une véritable secte. Ici, l'enregistrement d'une cérémonie, qui exalte les pouvoirs réprimés de l'individu.

Spoken word et ritournelles à l'orgue dans ce cabaret morbide.

 

Musiques de performances transgressives envisagées comme des actes de protestation politique.

 

La bande originale du film de Kenneth Anger, cinéaste d'avant-garde marqué par l'occultisme et le psychédélisme.

Enter the Eternal Fire : le Black Metal

 

Le black metal est une évolution du heavy metal, apparue au début des années 80. Il se caractérise par le tempo très rapide de la guitare et de la batterie, souvent par un chant aigu et crié. Les paroles abordent des thèmes occultes, païens ou sataniques et attaquent la religion chrétienne. Venom, Bathory ou Mercyful Fate figurent parmi les pionniers du genre. Des groupes plus tardifs et parfois encore en activité entretiennent le genre. Parmi eux on citera Darkthrone, Mayhem, Morbid Angel ou les Belges Enthroned.

 

Quelques albums marquants :

La Mauvaise Oreille

Sur cet album pionnier qui combine funk, rock, éléments de musiques du monde et voix trouvées, ‘The Jezebel Spirit' utilise l'enregistrement d'une cérémonie d'exorcisme pratiquée à New York en 1980. Deux autres compositions (‘Help Me Somebody' et ‘Come With Us') utilisent des prêches d'évangélistes médiadiffusés.

Enfin, n'oublions pas que la meilleure manière de se tenir à l'abri du démon est tout simplement de ne pas écouter de rock.

(JGM)