
Né dans les années septante, contre l'internationalisation du Reggae – conséquence du succès de Bob Marley, et son détournement vers les grandes salles de concerts – le Dancehall, comme son nom l'indique, est un retour aux salles de danse et surtout aux sourcesjamaïcaines. Moins axé sur la politique ou la religion que le Reggae Roots, le Dancehall style est avant tout un retour à l'entertainment: ses textes parlent de danse, de sexe et de violence, et ses rythmiques sont un retour au tempo dansant qui convient aux sound-systems. D’abord local, le succès du Dancehall s’étendra à la fin des années quatre-vingt avec une approche plus digitale, plus électronique, qui effraiera les puristes. Il sera également fort critiqué pour ses textes machistes, homophobes et sa glorification de la violence et de l'argent. Rebaptisé Digital Dancehall ou Raggamuffin, le genre s'exportera particulièrement bien aux Etats-Unis dans les années nonante. La génération suivante rectifiera le tir en revenant à des textes plus légers, mais aussi parfois plus militants ou plus religieux. En Angleterre, ce sera principalement le chant particulier du Ragga-dancehall, le fast-chat, sorte de rap ultra-rapide, en patois jamaïcain à l'accent appuyé, qui aura une influence sur la Jungle, le UK-Hiphop et plus tard le Grime et le Dubstep.
Benoît Deuxant
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