Il ne s’agit pas ici d’être exhaustif dans la pléthore d’artistes et de sous-divisions du genre, qui reviennent, de toute façon, toujours au même terme générique! Les albums sélectionnés partent avant tout du principe du « coup de cœur » mais aussi de l’importance de ceux-ci.
En soi, un petit guide éclairé, qui ne doit pas vous empêcher d’explorer d’autres sentiers !
- The Palace Brothers : le premier album de la bande à Will Oldham reste et restera un des grands disques de country folk de ces vingt dernières années ! - XP035A
- Bonnie « Prince » Billy : sous cette identité, le tenancier de la maison Palace a signé sept albums. Cet opus fait (à la) maison, dont la sérénité semble être le maître-mot, présente des chœurs enjoués comme jamais et une instrumentation qui enjolive à merveille les compositions. La magie et la force de ces chansons country-folk viennent du fait qu’elles semblent, depuis toujours, faire partie de l’histoire de la musique américaine. Vous avez dit « classique » ? Sans l’ombre d’un doute ! - XB696J
- Bonnie "Prince" Billy : un des plus grands songwriter américains de ces vingt dernières années s’appelle Will Oldham! Ce recueil s’impose comme un autre chef-d’œuvre de l’Amérique profonde, touchante, poétique, fragile. D’une voix si pure, sobrement accompagné d’une guitare acoustique à peine enjolivée d’un discret violoncelle ou de chœurs diaphanes et avec pour seule rythmique le battement de ses pieds sur le plancher, le prince de Louisville se confie comme jamais, nous trouble à tous les coups et nous offre un incroyable moment d’éternité… Le maître a parlé, que les autres se taisent ! - XB696G
- Lambchop : sixième album pour cette formation originaire de Nashville. Avec à sa tête, un songwriter surdoué (charpentier de son état), sorte de crooner tendance Lee Hazlewood, qui cisèle de limpides ballades rustiques, ces musiciens condensent en dix chansons captivantes toute la sève précieuse qui animait déjà leurs précédents opus, pour encore mieux l’affiner, grâce à une écriture mâture et des orchestrations multi-teintes (gospel, soul, country, folk), rehaussées de splendides envolées de cordes, renversantes d’élégance. En un mot: essentiel ! - XL068F
- Lambchop : pourquoi faire simple lorsqu’on a de l’ambition? Le sextet à géométrie variable propose donc un double album plein à craquer, renfermant ce que la bande à Kurt Wagner sait faire de mieux: joyaux acoustiques, country royale, rock bon teint, échardes noires, cordes sublimes, voix soul… Après analyse de ces mélodies si imaginatives et hors du temps, on ne peut qu’inscrire ce «pavé» imposant, dans la grande lignée des oeuvres qui comptent ! - XL068I
- Ani Difranco : dix-huit années de scènes et dix-huit albums auront été nécessaires à cette grande dame du folk, pour nous offrir ces quatorze titres hors normes, réalisés, composés, produits et interprétés intégralement par ses soins. Elle n’a jamais paru aussi troublante que seule avec sa guitare, dont elle tire des accords poignants et diaboliques d’inventivité, au diapason d’une voix qui se donne et qui ne craint pas de fustiger le politiquement correct (c’est une activiste virulente). Chef-d’œuvre incontestable ! - XD548S
- Songs : Ohia : prenez une voix d’un temps révolu où les voix avaient encore des ailes et assemblez-la avec des chansons venues d’encore plus loin, lorsque chemins et mélodies sur lesquels elles voyageaient laissaient des traces profondes. Voilà ce qu’offre Jason Molina, songwriter magnifique, chantre lucide de la tradition américaine, grâce à cette histoire de fantômes sous les tropiques. Œuvre au noir qui se suit comme un grand film, avec la crainte, bien compréhensible, de louper une scène ! - XS579K
- Alasdair Roberts : l’âme tourmentée d’Appendix Out livre ici, dans un exercice solo intégral, une collection de somptueuses ballades folks, revisitant des thèmes écossais, anglais et gallois. Armé juste d’une voix tremblante, frémissante, envoûtante et d’une guitare à l’acoustique sensible, le « poète maudit », troubadour des temps modernes, arrivera, c’est certain, à captiver votre attention et toucher votre corde sensible. Éloge de la sobriété ! - XR684A
- Mojave 3 : « Excuses pour les voyageurs », tel est le titre de cette collection de chansons country-folks fortes, ourlées d’arpèges de pedal-steel ou de frottements de banjo, de piano austère ou d’harmonica morriconien. Alors, on se glorifie d’emprunter ces chemins poussiéreux, tout auréolé de grâce et de magie palpable, comme seuls d’autres artistes peuvent les dessiner (Springsteen, Neil Young, Gram Parsons…). Belle leçon d’humilité ! - XM728C
- Cat Power : la jeune chanteuse timorée des débuts, tel un papillon qui sort enfin de sa chrysalide, déploie enfin ses charmes au grand jour, avec ce cinquième album parfait en tout point. La voix d’abord, assurée, déchirante comme jamais, consolidée, épaulée par un piano ensorcelant, omniprésent, l’accompagnement ensuite, violon, guitares, percussions, chœurs, discrets et efficaces à la fois, les textes enfin, pages grandioses, réalistes de l’impitoyable « american way of life ». En résumé, ce cri de liberté sonne comme un futur classique. - XC184N
- Simon Joyner : neuvième album d’un (très) grand songwriter, dans la lignée d’un Dylan. Ces réflexions dramatiques sur la vie, noires comme la misère, donnent un sérieux coup de blues, car elles vous attirent précisément là où vous ne voulez pas aller, là où toute lumière à disparu, là où l’on se retrouve face à soi-même, avec nos doutes, nos peines… en fait, c’est aussi ça la vie! Basse, piano, guitares, mandoline, nyckelharpa, orgue, violoncelle, dulcimer, percussions, en fins coloristes, épousent à la perfection les contours des mots et ne font qu’amplifier leur extraordinaire pouvoir d’attraction… Perle noir de l’incontournable label Jagjaguwar. - XJ862M
- Califone : le quartet de Chicago est peut-être le seul à proposer un mariage convaincant entre folk authentique et dérives high-tech. L’alliage entre voix rustique, expressive, basse élastique, claquante, batterie et son cortège de percussions inventives et manipulations électroniques est affiné, dopé par une écriture à l’imagerie elliptique qui fait des merveilles et le concours du multi-instrumentiste Jim Becker (mandoline, banjo, violon) qui renforce l’authenticité de la musique. Une page cruciale de la nouvelle Amérique. - XC029V
- Six Organs of Admittance : lorsqu’on possède le vocabulaire d’un Van Morrison, l’acuité guitaristique de Bert Jansch et Jack Rose réunis, le sens de l’élucubration de Pentangle, sans oublier une voix très bolanienne, on peut se permettre de bâtir un folk rouillé psyché, sans âge, aux allures de long mantra acoustique, qui vire abruptement en exercice «free» lorsque les guitares électriques bien crades prennent le relais pour une déjante salutaire et hypnotique qui semble s’étirer à l’infini… Faites place à un des artistes les plus influents de la scène underground US, Ben Chesny, un artisan nettement plus convaincant (cela n’engage que moi) que le chantre hippie, célébré partout, le dénommé Devendra Banhart ! - XS428B
- Jolie Holland : signée sur le label de Tom Waits, cette jeune artiste fait montre d’un talent évident à transcender la tradition américaine avec ce premier album aux parfums acoustiques prenants. Guitare, banjo, harmonica et voix aux parfums jazzy tissent la trame de chansons fantomatiques éblouissantes, enregistrées très simplement, pour en conserver l’authenticité. - XH666Q
- Adem : ancien membre du groupe de post-rock Fridge, Adem Ilhan propose un premier album de folk presque totalement acoustique. Instruments conventionnels (guitare, harmonium, claviers, glockenspiel, autoharpe) se partagent la vedette avec boîtes à musiques, jouets et installent une atmosphère rassurante, touchante, apaisante, mélancolique, à la douce gravité, accentuée par les mots émouvants du chanteur. - XA147U
- Iron and Wine : dans le club restreint des barbus songwriters géniaux, saluons la venue de Sam Beam! Lorsque l’on traite de la mort, on peut facilement verser dans les clichés mélodramatiques, et bien, pas lui! Ses chansons, pétries de folk sudiste, jouent la carte de l’intimité boisée, bien que parée d’atours gothiques, à foutre le cafard au plus guilleret des boute-en-train! Volontiers autobiographique, fragile et pourtant si puissante, cette page d’americana est à ranger précieusement entre vos albums de Simon & Garfunkel, Crosby, Stills & Nash ou Nick Drake. - XI781B
- José Gonzalez : un nouvel activiste du renouveau du mouvement folk actuel. À 25 ans, ce jeune Suédois (comme son nom l’indique) marche, comme bien d’autres, sur les traces profondes de Nick Drake mais avec un argument de taille, un jeu de guitare stupéfiant! On comprend mieux pourquoi il se contente de juste poser sa voix à la fêlure superbe sur des accords latins impressionnants de classe, de maturité et d’intelligence. Juste un reproche: trente minutes, c’est trop court, mais bon, la touche «repeat» du lecteur comblera cette frustration… Artiste à suivre ! - XG556G
- Jana Hunter : signée sur le label de l’excentrique Devendra Banhart, cette chanteuse nous emmène, de gré ou de force, dans son univers où Tim Burton fricote avec David Lynch. Elle nous susurre à l’oreille, quitte à nous faire tressaillir, d’inquiétantes carcasses de folk songs (animées par des bruits de fond, claquements de mains, guitare cassante, murmures entrelacés, violons lointains), barrées, peut-être, mais qui dégagent vite un pouvoir obsédant car elles fourmillent de recoins obscurs que l’on veut, à tout prix, visiter… Tourmentée et pourtant sereine, une musique impalpable qui constitue un des plus beaux cauchemars ! - XH935A
- Marissa Nadler : l’univers folk noir de cette jeune chanteuse intrigue, met mal à l’aise mais finit par vous conquérir ! Mélangeant la prose de Pablo Neruda (plage 2) et celle d’Edgar Allan Poe (plage 10), cet album charrie des émotions près de l’os, on devine l’ombre de la grande faucheuse qui plane sur un bois inquiétant façon Sleepy Hollow (Tim Burton), où résonne des cris de corbeaux… bref, rien ne sert de courir, d’invoquer une divinité ou un saint, l’épilogue sera fatal… Tremblez, pauvres mortels, Marissa la démoniaque vient encore de faire des victimes ! - XN015G
- Nick Castro : après un premier opus enchanteur, ce jeune chantre du neo folk nous ouvre les portes de sa maison. Ses délicats et hypnotiques mélanges de folk des Appalaches, de country blues et d’acid folk anglais nous chatouillent délicatement les sens, ici aiguisés par une flûte, là un dulcimer, plus loin un violoncelle, un saz, un oud ou un harmonium. De longues mélopées façon raggas sont suivies d’intermèdes plus « pop », démontrant tout le génie d’un arrangeur qui maintient, ainsi, l’attention de l’auditeur. Un album fort, qui inscrit son auteur dans la grande lignée des chanteurs folks, tels Bert Jansch, Bill Fay ou Jackson C. Frank. - XC161B
- James Yorkston : le songwriter écossais, pour son troisième album, a eu la bonne idée de faire appel à Rustin Man, soit Paul Webb, ex-bassiste de Talk Talk, pour mettre en valeur ses chansons boisées. Ainsi, chaque note et chaque silence s’en trouvent magnifiés, conférant à ces dix chansons - tracées d’une plume en or et livrées pudiquement d’une voix au grain changeant - un tel niveau d’excellence qu’elles n’en font plus qu’une. Chef-d’œuvre surnaturel ! - XY507F
- Espers : imaginez une musique d’obédience médiévale couplée à une sensibilité psychédélique ? ! ? Tapis de guitares douze cordes acoustiques ou électriques, dulcimer, violon, alto, flûte, harmonica, cymbales de doigts, claviers et autres substances illicites vous transportent dans des paysages inquiétants, à la fois anciens et futuristes, choc spatio-temporel garanti où l’on pourrait croiser l’Incredible String Band, Donovan, Bert Jansch, Nick Drake, Nico, Harry Smith, John Fahey ou Amon Düül… Fenêtre ouverte sur un monde diabolique peuplé de légendes, cohabitant dans la plus parfaite harmonie ! Choc - XE663A
- Bevel : ces treize miniatures folks pastorales, œuvre passionnée de Via Nuon (cfr. aussi Drunk et Manishevitz), jouent avec les clairs-obscurs par le biais de plages ambiantes, probable soundtrack d’une descente aux enfers, d’où émergent, par petites touches de violons, d’harmonium, de pedal steel, de violoncelle, de piano, de guitares ou de percussions une pléthore d’images fascinantes. Œuvre d’une rare beauté. - XB371W
- Shearwater : un duo de songwriters majeurs (Jonathan Meiburg et Will Sheff) coupables de douze pages cruciales de country alternative, nimbée de pop céleste. Une musique sincère qui se livre sans fard outrancier. - XS289K
- Joanna Newsom : pour son deuxième album, l’Américaine, joueuse de harpe à la voix magique (quelque part entre Björk, Kate Bush et Karen Dalton!) pare son neo folk d’arrangements luxuriants et luxueux signés Van Dyke Parks. Cinq titres seulement, mais la plupart étalés sur douze minutes, qui dévoilent un imaginaire fécond, aux charmes fascinants, aux mélodies à tiroirs, qui dévoilent leurs secrets en douceur. Une pure merveille où l’on voudrait volontiers se perdre… corps et âme ! - XN432B
Lionel Charlier
[retour]
Découvrir > Genres musicaux> Folk, anti folk, neo folk... > Discographie folk sélective