
Apparue au début des années nonante en Grande-Bretagne au sein de la scène House et Acid House, la Jungle est née d'une accélération des tempos de la Techno et de la House, passant de 120/140 bpm à 160/180 bpm, et de l'utilisation de breakbeats, rythmiques construites à partir de samples « remontés dans le désordre » au lieu des percussions électroniques de la House. Associée à ses débuts à la scène rave, la Jungle a incorporé un grand nombre d'influences: les vocaux du Raggamuffin, les effets sonores du Dub, les basses de la House et de la Techno, etc., ainsi que des éléments de Jazz ou de musique industrielle. Bien qu’à l’origine un genre alternatif, militant, hardcore, la Jungle est passée par un grand nombre de mutations, alternant les phases radicales et les phases grand public. La Jungle va en effet obtenir une visibilité et une popularité énorme au milieu des années nonante, en dépit de la complexité de ses rythmes irréguliers, à l’opposé des structures métronomiques de la House et de la Techno. Les breakbeats de la Jungle vont pendant un temps devenir omniprésents, absorbés par tous les styles de l’époque, adoptés par des musiciens issus de la pop, de la Techno ou de l’Electronica. Elle va se diversifier tous azimuts, devenant selon les producteurs, plus dansante, ou au contraire plus complexe, s’orientant, selon les uns, vers les clubs mainstream, et selon les autres, vers des formats de musique « de salon », et de concept-albums. Cette dernière tendance, reprenant à son compte les aspects les plus ambitieux du jazz, développera la composante mélodique et les climats, au détriment de l’aspect dansant plus immédiat. Les morceaux ne seront plus alors des éléments destinés à être mixés à d’autres, mais des œuvres achevées, définitives. Une partie de la scène désertera ainsi les dancefloors, soit pour se diriger vers le format disque, soit pour revenir au format traditionnel du concert, incluant des « vrais » instruments dans une configuration inspirée de l’acid-jazz. Depuis l’annonce de sa disparition à la fin des années nonante, la Jungle revient sporadiquement, sous des appellations diverses : Drum’n’Bass, Techstep, Neurofunk, etc., ou dans des versions hybrides: Breakcore, Ragga-Jungle, 2-step. Une grande partie de ses ingrédients ont été assimilés par le reste de la musique populaire et son influence perdure aujourd’hui.
Benoît Deuxant
Écouter :
La médiathèque de Charleroi sera fermée le mardi 16 en raison du mardi gras. Les emprunts effectués pour une semaine le mardi 9 seront prolongés jusqu'au 23.