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Introduction "Bollywood"

En 2004, Bollywood a fait événement dans quasiment toute la presse.

« L'Occident entend le chant de Bollywood » titre Le Monde. Le Centre Pompidou organise une grande rétrospective de films bollywoodiens. « La rétrospective relativise les clichés du cinéma indien », déclare Libération.

Le phénomène Bollywodien déborde, questionne, séduit.

« A ce stade, il faut bazarder un préjugé. Aussi bien que le cinéma de Bollywood n'est pas l'infamie écervelée que l'on prétend à l'ouest de l'Oural, les bandes sonores de Bollywood n'ont jamais été le degré zéro de la musique universelle (Vibrations, mars 2004).

Le phénomène déferle parce que Bollywood est tout de même le plus grand centre de productions de films, mais aussi parce que derrière il y a tout un peuple qui palpite, qui se reconnaît dans cette création de fictions, d'images et de musiques en affinités avec ses cultures, ses traditions.  

En ces temps d'altermondialisation, constater qu'un peuple ne fait pas allégeance à la machine à rêver américaine et préfère inventer ses propres histoires, ses propres paillettes, ça interpelle forcément.

Quand un peuple quel qu'il soit vibre autant à une forme d'expression populaire, formatée par l'industrie pour le grand public, que deviennent ses autres formes d'expression, sa capacité à inventer d'autres langages modernes et savants ?

Présentant le phénomène Bollywood, Libération range directement les « classiques » comme Satyajit Ray au niveau d'élitistes.

« En Inde, les formes musicales classiques et savantes perdurent, malgré toutes les difficultés liées à la déstructuration du tissu traditionnel : il faut en moyenne dix ans de vie commune avec un gourou pour former un disciple. De même, les musiques folkloriques alimentent le quotidien de chaque région. Mais seul Bollywood s'adresse à l'ensemble du continent » (Le Monde 5 février 2004).

La situation est plus complexe qu'on ne le croit et les frontières entre répertoires ne sont pas si étanches, la mouvance Bollywood brasse, mélange, rapproche…

Pour vous guider, vous aider à vous faire votre propre opinion à partir des collections de la Médiathèque : un texte d'Anne-Sophie De Sutter (responsable musiques traditionnelles à la Médiathèque du P44). Elle reprend l'historique, elle conseille, elle souligne, elle restitue l'enjeu humain.
Pierre Hemptinne