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Ces dix dernières années

Ces dix dernières années ont vu les artistes jamaïcains actuels récolter de plus en plus de succès hors de l’île. Par exemple, Beenie Man remporta un Grammy en 1998 pour l’album «Who Am I».

Jusqu’en 1998, le label Xterminator domina les productions de l’île.  Les artistes importants étaient Sean Paul, Mr Vegas, Cobra, Red Rat et de nombreux autres, alors que Sizzla connaissait une baisse de popularité après avoir quitté Fattis Burrel.  Le style Bogle dominait à nouveau les dancefloors jamaïcains.  Les producteurs en vue étaient Dave Kelly, Danny Brownie, Lenky et beaucoup d’autres.  La démocratisation du matériel informatique ayant divisé de façon drastique les coûts de production, ils furent très nombreux à se lancer.

Au début des années 2000, un riddim fit danser toute la planète.  Il s’agissait du riddim «Diwali». Créé en Jamaïque, il fut repris par des artistes américains de hip-hop et de r’n’b  (La chanteuse r’n’b Lumidee). Ce riddim, facilement repérable à ses claquements de mains, fut rapidement suivi d’un autre succès international, le Coolie dance, qui fut lui aussi repris aux USA (par la chanteuse r’n’b Nina Sky pour son hit «Move Your Body». 

Don Corleon, un nouveau producteur

En 2002-2003, un  producteur sortit du lot.  Don Corleon domina les productions de 2003 grâce à plusieurs riddims dancehalls révolutionnaires, sur lesquels se posèrent les gros artistes de l’île.  Parmi ceux-ci, Elephant Man et Vybz Kartel, deux ex-élèves de Bounty Killer, qui dominent encore les dancehalls à l’heure actuelle, ainsi que les groupes Ward 21 et T.O.K. 

En 2004, Don Corleon participa au renouveau du rythme reggae grâce à sa rythmique «Drop Leaf» qui connut un immense succès, de même que le riddim «Hard Times» produit par le fils de Joe Gibbs.  Ce renouveau reggae fut baptisé nü-roots et se caractérisait par un mix très radiophonique, mettant guitares acoustiques et claviers en avant au détriment de la basse et de la batterie.   De nombreux chanteurs et DJ’s rastas apparurent alors tandis que d’autres confirmèrent les espoirs placés en eux.  Parmi ceux-ci, Richie Spice, Chezidek, I-Wayne, Turbulence, Natty King et beaucoup d’autres.  Les DJ bobos Sizzla et Capleton restaient malgré tout toujours les têtes de file mais de nombreux jeunes chanteurs vinrent convoiter leur place. 

Elephant Man Le DJ Elephant Man

Retour aux sources

Durant ces années, le label français Makasound lance également la série de disques «Inna the Yard». Ces disques, enregistrés en Jamaïque dans le jardin du guitariste Earl Smith, permettent d’entendre des vieilles gloires du reggae, uniquement accompagnées d’une guitare et de quelques percussions.  Parmi les artistes ayant participé à ce projet, on trouve Cedric Myton, des Congos.  Cette série d’albums qui continue aujourd’hui est une vraie réussite, permettant de découvrir le reggae dans une forme épurée et acoustique.

Playlist

Elephant Man: "Fan Dem Off"- extrait sonore

Vybz Kartel: "Sweet To The Belly"- extrait sonore

Ward 21: "Coochie Zone"- extrait sonore

Richie Spice: "Marijuana"- extrait sonore

I-Wayne: "Living In Love"- extrait sonore

Earl "Chinna" Smith: "Homegrown"- extrait sonore