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Nyahbinghi

Définition

Il s’agit de musique jouée par des groupes de percussions et employée par les rastafaris, principalement pour accompagner leurs chants traditionnels liturgiques.

Il s’agit également d’un ordre rastafari, à l’image des Twelves Tribes of Israel  ou de l’ordre des Bobo Shantis. Mais contrairement aux autres ordres, ce mouvement n’est pas hiérarchiquement organisé mais communautaire (il n’y a donc pas de chef).

Types de percussions employées

Basiquement, un groupe nyahbinghi se compose de trois tambours différents. Le funde marque un rythme qui se rapproche des deux coups du battement du cœur humain (en terme technique, le funde joue les premier et deuxième temps d’une mesure de quatre temps).  Le tambour basse, joué avec un maillet, joue le même rythme que le funde, en y ajoutant des variantes rythmiques.  Enfin, le repeater, plus petit et  joué aux doigts, crée des variations en jouant plus rapidement (en croches).

Les tambours employés sont proches des tambours africains issus des traditions burru et kumina. Les rastas nient en général l’influence kumina car elle renvoie à un culte africain permettant la communication avec les morts. Or, les rastas se targuent de n’entretenir aucun contact avec la mort, c’est d’ailleurs la raison de leur régime végétarien (ils parlent de cadavres en désignant la viande).   

Origine de la musique nyahbinghi

C’est à un rastaman, Count Ossie, que l’on doit l’invention du style nyahbinghi. 

Né en 1926, Il fonda en 1951 un  camp rasta à l’est de Kingston, la capitale de la Jamaïque.  Mêlant alors l’héritage africain des rythmes burrus, appris auprès d’un maître du genre, et ses connaissances personnelles,  il créa ce style si particulier.  

Influence sur les styles musicaux à venir

À cette époque, l’île était en pleine effervescence musicale.   De nombreux musiciens allèrent au camp de Count Ossie et apprirent avec lui le style nyahbinghi.   Parmi ces musiciens, les futurs Skatalites: Tommy Mc Cook (saxophone), Don Drummond (trombone), Ernest Ranglin (guitare), Johnny Moore (trompette) ou Roland Alphonso (saxophone). Les percussions nyahbinghi se mariaient très bien avec les influences jazzy des cuivres. Cette formule fut d’ailleurs employée par les Mystics Revelation of Rastafari, l’un des groupes du maître Count Ossie.  La musique créée par Count Ossie eut une influence certaine sur les musiciens qui, par la suite, accompagnèrent la plupart des interprètes de l’île. 

Les enregistrements de nyahbinghi

Count Ossie, accompagné de divers groupe de percussions qu’il créa, apparu sur de nombreux enregistrement dès 1961.  Il participa notamment à l’enregistrement de  la chanson «Oh Carolina»,  créditée au Count Ossie Afrocombo et aux Folkes Brothers et produite par Prince Buster en 1962.

Plus tard, Count Ossie enregistra plusieurs albums avec un nouveau groupe, les Mystics Revelation of Rastafari.  L’exemple de Count Ossie fut bientôt suivi par Ras Michael qui monta également un groupe avec lequel il enregistra plusieurs très beaux albums où les percussions nyahbinghi se mêlaient aux sons des cuivres et soutenaient les chants traditionnels.

Le style nyahbinghi reste toujours présent dans la musique jamaïcaine et de nombreux chanteurs et DJ’s rastas contemporains en incluent un morceau sur leurs albums, quand ce n’est pas une série de riddims influencés par le style nyahbinghi qui est créé. 

Ras Michael Ras Michaël

playlist:

1)Count Ossie & The Mystics Revelation Of Rastafari: "Samia"- extrait sonore

2)Ras Michael & the Sons Of Negus: "Jah GotThe World"- extrait sonore

 

Lien vers une discographie sélective