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Ska

Description

Le  ska consiste en un mélange jamaïcain de boogie, de shuffle, de jazz, de mento et de rhythm & blues. Le groupe de ska typique comprend une guitare, une batterie, une contrebasse, une section cuivres au complet (trompette, trombone et saxophone) et souvent un piano ou un orgue. Le contretemps typique des musiques antillaises, est marqué par la guitare et parfois par les cuivres. Les solos de cuivres sont souvent nombreux et d’influences jazz. La contrebasse assure le rythme avec la batterie.

Le dub–poet anglais LKJ explique : «on peut isoler le jeu à contretemps de la guitare, que l’on peut entendre dans le mento avec le banjo, le ska, et qui correspond aussi au contretemps dans le rhythm & blues et en particulier dans le piano boogie-woogie. C’est le beat entre les temps, c’est le un ET deux ET trois ET… c’est le ET». Le ska est aussi bien une musique d’accompagnement qu’une musique instrumentale.

La musique de l’indépendance

En 1962, la Jamaïque acquiert son indépendance par rapport au colon anglais,  tout en restant dans le Commonwealth. De nombreuses célébrations sont organisées pour fêter l’indépendance.  Le ska, musique primesautière, symbolise la joie et l’indépendance de la Jamaïque.  Les chansons «Forward March» de Derrick Morgan et «Independent Jamaica» de Lord Creator célèbrent l’indépendance. Ces deux chansons sont disponibles sur la compilation «Independent Jamaica – The Sound of Treasure Isle».

Derrick Morgan.

Artistes et producteurs importants

La production musicale ést alors en effervescence avec l’apparition de nombreux jeunes chanteurs et producteurs, tels que Sonia Pottinger ou les frères Chin. C’est le producteur Clement Dodd qui domine le marché, grâce aux Skatalites qu’il a réunis. Les producteurs Duke Reid et Prince Buster ne sont pas loin derrière.  Les grands artistes de l’époque sont Derrick Morgan, Prince Buster, les Maytals et Justin Hinds & The Dominoes.

Premier succès mondial

En 1964,  La chanteuse Mille Small est envoyée à Londres par Blackwell pour y enregistrer. Arrangé par Ernest Ranglin et joué par des musiciens anglais, le titre «My Boy Lollipop» se vendit à sept millions d’exemplaires dans le monde» et grimpa à la cinquième place des charts anglais. Le morceau était soutenu par un arrangement de ska variété et une version aseptisée du ska jamaïcain.  Le succès de «My Boy Lollipop» attira l’attention internationale sur le ska.  

En 1964, une délégation fut envoyée par le gouvernement à New York, afin d’y présenter le ska. Ce furent Byron Lee & The Dragonaires qui partirent, accompagnés de plusieurs artistes dont Prince Buster (qui pourtant qualifia la musique des Dragonaires de «twist bidon», leur préférant, à raison, les Skatalites).

 

Les Skatalites au sommet

Les Skatalites, au cours de cette période, accompagnèrent la grande majorité des interprètes de l’île. Leur titre «Guns of Navarone» fut le premier vrai ska ayant du succès hors de la Jamaïque.  Mais bientôt la soul music toucha l’île de plein fouet, entraînant les révolutions musicales successives du rocksteady et du reggae, inspirées des oeuvres de Sam Cook, des Drifters, de James Brown ou des Impressions de Curtis Mayfield.

Les Skatalites en studio

Playlist:

Prince Buster: "Madness"- extrait sonore

Skatalites: "Guns of Navarone"- extrait sonore

Millie Small: "My Boy Lollipop"- extrait sonore

Derrick Morgan: "No Raise No Praise"- extrait sonore

Discographie sélective compilations ska