JEAN-SEBASTIEN BACH (Eisenach 1685 - Leipzig 1750)
Issu d'une famille de musiciens depuis sept générations (à partir de 1560), Jean-Sébastien Bach appartient à la cinquième génération. On peut répartir son œuvre en 3 périodes :
Durant cette période il travaille comme organiste à Arnstadt, Mülhausen et Weimar où, au service de la chapelle ducale, il perfectionne ses connaissances et livre pour l'orgue ses premiers grands recueils. A Mülhausen, il épouse son arrière-cousine Maria-Barbara. Il sollicitera un congé d'un mois pour se rendre à Lübeck afin d'y entendre et y rencontrer Dietrich Buxtehude.
Il passe les années les plus heureuses de sa vie en travaillant comme
maître de chapelle à la cour de Cöthen. Cette cour, d'obédience
calviniste, laisse peu de place à la musique religieuse. Par contre,
Jean Sebastian Bach y trouve le cadre idéal pour s'adonner à la
composition de musiques instrumentales. C'est de cette époque que datent
les célèbres concertos brandebourgeois.
Après la mort de sa première femme, il épouse Anna-Magdalena
Wülcken. De ces deux mariages naissent une vingtaine d'enfants.
Il remplace Johann
Kuhnau comme « Cantor » à l'église Saint
Thomas à Leipzig, et alimente le répertoire musical de quatre
autres églises de la ville, joue de l'orgue, et dispense un enseignement
aux jeunes musiciens (Il enseigne même le latin). Durant cette période,
il écrit surtout de la musique vocale religieuse mais la direction d'un
« Collegium Musicum » l'invite malgré tout à
écrire une série d'œuvres instrumentales : concertos,
sonates… tandis qu'il confie au clavier ses meilleures pages, telles les
« Variations
Goldberg ».
Pendant sa vie, Jean-Sebastien Bach fut davantage connu comme virtuose que comme
compositeur. C'est seulement en 1829, à l'occasion de l'exécution
de la « Passion
selon Saint-Matthieu », sous la direction de Félix
Mendelssohn, que son génie en tant que compositeur s'est révélé
au monde entier.
Quelques œuvres instrumentales :
Passacaille et fugue (en do mineur)
Concertos pour clavecin (pour un, deux, trois et quatre clavecins)
Suites Françaises, Suites Anglaises
Le
clavier bien tempéré
Il s'agit d'une œuvre écrite pour prouver les nouvelles possibilités
techniques du clavier « bien tempéré ». On entend
par tempérament la façon de diviser les intervalles entre les
notes d'un instrument. Le piano de concert moderne, par exemple, est divisé
en intervalles réguliers auxquelles nos oreilles sont parfaitement accoutumées.
Mais il n'en n'a pas toujours été ainsi. Sans entrer dans de longues
considérations techniques, retenons que les tempéraments antérieurs
à la seconde moitié du 17ième siècle étaient
inégaux et que l'inégalité entre certains intervalles obligeaient
les interprètes à jouer dans des tonalités ou modes bien
précis où certaines modulations étaient possibles. D'autres,
par contre étaient inimaginable car certains intervalles sonnaient faux.
Le tempérament égal, dans lequel un ton entier est divisé
en deux demi tons égaux a, sans doute, banalisé la sonorité
des instruments mais, par contre, il a permis l'usage de modulations complexes
permettant de jouer dans toutes les tonalités et de moduler facilement
des unes vers les autres. Le Clavier bien tempéré consiste en
deux albums contenant chacun vingt-quatre préludes et fugues dans lesquels
Jean-Sebastien Bach démontre brillamment ce qu'il peut écrire
grâce au tempérament égal.
Chaque prélude et fugue correspondent à une gamme, majeure ou mineure, existante. Ainsi toutes les gammes majeures et les mineures sont utilisées en progressant par demi ton. (Ex. : un prélude et fugue en Do majeur, un prélude et fugue en Do# majeur, un prélude et fugue en Ré majeur…, et ainsi de suite en passant en revue toutes les gammes existantes.
Autres œuvres instrumentales :
Sonates pour violoncelle, Sonates pour violon, Sonates pour flûte
6 Concertos Brandebourgeois (pour petit ensemble)
L'Offrande
Musicale
Dans ces deux dernières œuvres, où les instruments ne sont
pas spécifiés, il explore toutes les techniques du contrepoint.
Il en existe des versions pour orgue, pour clavecin et pour ensemble instrumental
ou orchestral.
Quelques œuvres vocales :
Cantates religieuses (environ 190)
Cantates profanes
L'œuvre de Jean Sebastien Bach est destinée prioritairement à l'Eglise. Jean-Sebastien Bach n'avait pas pour but premier d'atteindre un certain degré de célébrité (comme ce fut le cas pour son contemporain Georg Friedrich Haendel), mais davantage de mettre son talent à disposition de l'Eglise. Dans un certain nombre de morceaux, on trouve une préoccupation pédagogique évidente. Par contre, à quelques exceptions près (quodlibet, cantate du café…), sa nature pieuse ne l'entraîne pas sur la voie de musiques de pur divertissement. Le seul genre qu'il n'a pas pratiqué est l'opéra.
Dans sa musique, on trouve une prédilection évidente pour le contrepoint, ce qui pourrait être une des raisons pour lesquelles son art était considéré comme difficile par ses contemporains. Rappelons qu'il était d'ailleurs à peine connu comme compositeur de son vivant. Il est devenu aveugle suite à une intervention chirurgicale pratiquée par le même médecin que celui qui a soigné son célèbre contemporain Georg Friedrich Haendel, devenu aveugle également. Notons que les chemins de ces deux grands compositeurs ne se sont jamais croisés.
GEORG FRIEDRICH HAENDEL (1685-1759)
Né en Saxe, fils d'un chirurgien, il dispose d'une grande culture générale. Au contraire de Jean Sébastian Bach, il aspire à une vie luxueuse et est continuellement à la recherche de la célébrité. Pendant un certain temps, il joue dans l'orchestre de l'opéra de Hambourg. Ensuite il part pour l'Italie en espérant y faire carrière comme compositeur d'opéra. Il y rencontre Alessandro Scarlatti et Arcangelo Corelli. De retour en Allemagne, il sera nommé maître de chapelle à la cour du prince-électeur de Hanovre qu'il quittera définitivement en 1712 pour s'établir à Londres.
Chargé d'alimenter le King's theatre en opéras italiens, ses ambitions concernant l'opéra lui seront pour lui une source de beaucoup de soucis durant sa vie. Il sera le compositeur principal de la Royal Academy of Music. Ayant à souffrir des nombreuses cabales qui agitaient la vie londonienne, il ira de déception en déception, connaîtra des revers de fortune, ce qui aura une influence néfaste sur son état de santé.
Le succès, dès sa création en 1712, du « Beggar's
opéra » (opéra des gueux), mis en musique par Johann
Pepusch sur un livret de John Gay, jettera une ombre considérable
sur la carrière de Georg Friedrich Haendel comme compositeur d'opéra.
Il s'agit d'un genre moqueur, basé sur des ballades et des airs populaires,
où les héros sont écartés de la scène pour
faire place aux mendiants des quartiers londoniens mal famés. C'est bien
sûr une réaction contre les opéras de Georg Friedrich Haendel,
mais également contre l'opéra italien, le Bel-canto ne correspondant
pas bien aux goûts du public anglais. Georg Friedrich Haendel se tournera
alors vers l'oratorio et, aux alentours de 1740, il deviendra tout de même
« compositeur national », suite au succès qu'il
obtient avec ce genre dans lequel il brille d'une façon toute particulière.
Quelques œuvres instrumentales :
Sonates à trois, sonates, suites pour clavecin, concertos pour orgue, concerti grossi (dont 6 concerti pour hautbois), "Music for the Royal Fireworks", "Water music"
Quelques œuvres vocales :
« Julius Caesar » - « Tamerlano » - « Rodelinda » - « Xerxès » (dont le célèbre « largo » est un extrait)
"Le Messie" - "Judas Maccabaeus" - "Solomon" - "Esther" - "Saul" - "Alexander's feast"
" Te deum" et "Chandos Anthems"
Georg Friedrich Haendel réalise une parfaite synthèse des styles allemand, italien et anglais, retenant du premier sa rigueur architecturale, du second le sens mélodique et de l'Angleterre, poésie et contrastes. Comparé à Johann Sebastian Bach, son œuvre est plutôt de nature profane. Même les oratorios, basés sur des thèmes religieux, témoignent d'une inspiration profane. Par contre, il est visionnaire par le caractère théâtral dramatique dont s'imprègnent ses œuvres lyriques et par l'extraordinaire puissance avec laquelle, dans ses oratorios, il décrit foules et peuples en marche. Dans son œuvre, le contrepoint est utilisé de manière moins intense que chez Johann Sebastian Bach mais, lorsqu'il en fait usage, c'est clairement à des fins expressives. Contrairement à Johann Sebastian Bach, Georg Friedrich Haendel bénéficiera, de son vivant, d'une grande réputation comme compositeur.
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