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La musique vocale


A. LA MUSIQUE VOCALE


1. Naissance de l'opéra en Italie 


Florence (premier stade de l'évolution)


Au début du siècle, chez le comte Bardi, un groupe d'humanistes forme la « Camerata ». On y trouve musiciens, poètes, théoriciens humanistes dont le souci est de retrouver la pureté de la monodie grecque antique en simplifiant la musique de leur temps qu'ils jugent trop compliquée.  
Des compositeurs comme Jacopo Peri (1561-1633) et Giulio Caccini (1551-1618) s'inspirent donc de la Grèce Antique et, se détournant des sophistications du Madrigal, privilégient le style récitatif « à l'antique » mais, avec accompagnement de basse-continue. Ces musiques, jointes à l'élément scénique, donneront   naissance au premier opéra : la « Daphné » de Jacopo Peri aux environs de 1595. L'œuvre a été complètement perdue. Les premiers opéras qui ont survécu sont deux « Euridice » (une de Jacopo Peri et l'autre de Giulio Caccini).


Mantoue (deuxième stade)

 

CLAUDIO MONTEVERDI (1567-1643)

Le premier grand compositeur d'opéra s'est illustré à la cour de Mantoue comme chanteur et violoniste, ensuite comme maître de chapelle à la basilique Saint Marc à Venise. En plus de merveilleux madrigaux et d'une œuvre religieuse particulièrement inspirée et brillante (Selva Morale, Vespro della Beata Vergine), il est un des personnages-clé dans l'évolution de l'Histoire de la Musique occidentale.

Parmi ses premiers opéras, citons l'Orféo et Ariane (dont seul, le « lamento » a survécu). Les nouveautés introduites par Claudio Monteverdi sur le plan du style sont nombreuses.


Retenons entre autres :

*Il introduit une nouvelle forme musicale, plus chantante, entre le récitatif et l'aria que l'on l'appelle « Arioso ».

*Il fait usage de ritournelles (sorte de refrain instrumental ou vocal précédant ou suivant chaque couplet).

*Il fait débuter l'œuvre ou le début d'un acte par une courte page instrumentale (Sinfonia), jouée de préférence par les instruments à vents (cuivres) dans laquelle on peut voir l'embryon de l' ouverture instrumentale telle qu'elle se développera rapidement par la suite.  

*Il enrichit l'accompagnement basse-continue par l'adjonction d'instruments variés qui lui confère une palette de sonorités riche en couleurs.

Nous observons qu'à partir de cette époque, l'opéra subira une évolution claire; en effet, les compositeurs qui suivent seront de plus en plus attirés par la virtuosité lyrique vocale, (typiquement Italienne) que l'on appellera « Bel canto ».
Cette évolution connaît différentes phases correspondant à plusieurs écoles dont les centres sont, par ordre chronologique : Mantoue, Rome, Venise et enfin Naples.


Rome (troisième stade)


L'opéra avec chœur  

Dans la continuation du style de l'école de Mantoue, il s'enrichit souvent d'un grand chœur qui lui confère une dimension solennelle ou dramatique.

 

Quelques compositeurs :

Stefano Landi (c.1590 – c.1650)

Luigi Rossi (1597-1653)

Domenico Mazzocchi (1592-1665)


Venise
( quatrième stade)


L'opéra Lyrique en solo

L'opéra étant réservé jusqu'à maintenant à l'aristocratie, nous assistons à Venise à l'ouverture en 1637 d'un premier théâtre pour le public. Ce public ayant ses propres exigences, nous constatons une diminution du rôle de l'orchestre et du chœur afin de mettre davantage l'accent sur le « bel canto ». Le contenu dramatique de l'opéra en subit les conséquences.


Quelques compositeurs et œuvres :

Claudio Monteverdi (2è période) : « Il ritorno d'Ulisse in Patria » et « l'Incoronazione di Poppea »

Marc'Antonio Pietro Cesti (1623-1669) : « Il pomo d'oro »

Francesco Pietro Cavalli (1602-1676) : « La Calisto », « Ercole Amante », « Eliogabalo »

 

Naples (cinquième stade)


La première école Napolitaine : L'opéra concertant


Au niveau du style :

La virtuosité lyrique vocale (Belcanto) vient au premier plan tout en   rivalisant parfois avec la virtuosité instrumentale. L'utilisation fréquente de l'aria « Da capo » (en forme A-B-A) s'impose au point de devenir une convention qui perdurera jusqu'aux confins de la période romantique. De cette époque date l'engouement pour la voix de castrat et le début de la domination de la « prima donna ».  


Compositeur important :

Alessandro Scarlatti : « Griselda »

 

L'opéra en France :

Le ballet de cour évolue et donne naissance aux premiers opéras français que l'on, appelle: « tragédie en musique ». Comme compositeur, nous retenons le nom Jean-Baptiste Lully. Cet italien, tôt émigré en France, deviendra le musicien favori de Louis XIV et donnera à la musique française ses lettres de noblesse. Régnant en despote sur le monde musical de son temps, il touche avec un rare génie aux genres musicaux les plus aptes à souligner la grandeur du monarque. Compositeur de musiques religieuses, de musiques pour rehausser les cérémonies de cour ou pour agrémenter l'ordinaire du Roy, il est aussi un compositeur de génie dans le domaine de l'opéra et du ballet. Il fait usage, dans l'opéra, d'un style récitatif dont le caractère déclamatoire se réfère directement au théâtre et à la tragédie.


Quelques opéras :

"Alceste", "Persée", "Amadis", "Armide" 

Après Jean-Baptiste Lully, l'opéra français sera fortement influencé par l'opéra napolitain. et s'appellera alors « tragédie lyrique ». Un des maîtres de ce genre lyrique est, sans conteste, Jean-Philippe Rameau. Auteur également d'un « traité de l'harmonie », il nous laisse entre autres les opéras « Dardanus » et « Castor et Pollux ».

 

L'opéra en Allemagne :

L'opéra mettra davantage de temps à s'imposer en Allemagne. Il faudra attendre le début du 18 ème siècle et la création de théâtres lyriques tel celui d'Hambourg pour qu'apparaissent d'importants compositeurs tels Christoph Johann Graupner, Johann Mattheson et surtout Reinhard Keiser (1674-1739). Son opéra « Croesus » est une belle illustration du développement de l'art lyrique outre-Rhin.

 

L'opéra en Angleterre :

Issu du « Mask » que l'on peut rapprocher du « Ballet de Cour » français, l'opéra en Angleterre se développera principalement grâce au génie de Henry Purcell qui adaptera à la langue anglaise les préceptes de l'opéra italien.

Citons particulièrement :

Henry Purcell entre autres : « Dido and Aeneas » (pour voix de femmes).

Nous aurons aussi l'occasion de voir plus loin le rôle important joué par Georg Friedrich Haendel. Citons dès à présent quelques titres d'opéras : « Xèrxès », « Julius Caesar », « Rodelinda », "Tamerlano". 

 

2. L'oratorio et la cantate

Les théologiens de la Contre-Réforme favoriseront l'éclosion d'un genre religieux particulier, prenant modèle sur l'opéra mais dont le sujet sera emprunté aux Ecritures. Il doit son nom à l'Oratoire de Saint-Philippe de Neri, à Rome, où le genre prit naissance. Drame musical écrit sur des textes religieux et exécuté par des solistes, chœur et orchestre, l'oratorio se compose, comme l'opéra, d'arias, de récitatifs, de chœurs, d'ouvertures et de ritournelles.

La « cantate » appartient aussi au répertoire lyrique mais elle ne sous-entend pas de représentation scénique. L'action en est quasiment absente. Par contre, elle exalte sentiments et passions, lorsqu'elle est profane ou élargit le cadre de la prière et de la lecture des textes sacrés, lorsqu'elle est religieuse. L'Italie, où l'oratorio connaît un grand succès, privilégiera la cantate profane, dans le prolongement du Madrigal. Elle est écrite le plus souvent pour une ou deux voix et continuo. En Allemagne, la cantate est au contraire, prioritairement religieuse et s'intègre au culte. Souvent, le chœur et un ensemble instrumental parfois important s'adjoignent aux solistes.


Quelques compositeurs importants d'oratorios et de cantates :

En Italie :


Giacomo Carissimi
(1605-1674) 
Ses oratorios peuvent s'appeler « Historia sacra ». Le plus admirable et le plus justement célèbre de ses oratorios est Jephté, avec la sublime lamentation de la fille de Jephté.
Citons aussi : "Le Jugement de Salomon", "Jonas".

Luigi Rossi (1597-1653) 
Cantates et oratorios : "Joseph, fils de Jacob" - "O Cecita".

Alessandro Scarlatti (1660-1725)
Auteur de cantates, d'oratoires, de passions. Il développe un style mélodique qui ne sera pas sans influencer le jeune Georg Friedrich Haendel.


En Allemagne :


Heinrich Schütz
(1585-1672) 

Elève de Giovanni Gabrieli à Venise, il fut principalement maître de chapelle à Dresde. Il opérera une synthèse entre les styles allemand et italien, introduisant dans la musique allemande le principe de l'écriture à double chœur età la fin de sa vie, la monodie accompagnée. Appelé « le père des musiciens allemands », il laisse une œuvre d'une grande pureté, empreinte d'une certaine sévérité derrière laquelle se profile une grande humanité.


Parmi ses œuvres, retenons ses oratorios (« Geistliche Historiën »), entre autres : « Weinachtshistoriën », communément appelé oratorio de Noël, ses « Passions » et « Les sept paroles du Christ ». Ses cantates portent le nom de « Symphoniae Sacrae », par exemple, " Saul, was vervogst du mich".


3. Evolution de
La musique religieuse à la seconde moitié de l'époque baroque


En Italie :


Elle perd de son caractère religieux dans une recherche permanente du « bel canto ». Dans certains cas, la recherche d'effets (lyriques ?) donne naissance à des extravagances comme par exemple la messe à 53 voix du compositeur Orazio Benevoli (écrite pour 2 chœurs à 8 voix, basse continue et 6 ensembles instrumentaux).


En Allemagne :


Ici par contre, un approfondissement du caractère liturgique de la musique, en conformité avec l'esprit de la Réforme, est perceptible. Le genre trouvera son apogée chez Jean-Sebastien Bach.