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La musique vocale religieuse


A. LA MUSIQUE VOCALE RELIGIEUSE

Première moitié du 16ème siècle :

 

1. Continuation de l'école de JOSQUIN DES PRES (les polyphonistes des Pays-Bas) :

Les formes les plus importantes sont encore toujours la messe et le motet.
Cette génération est surtout constituée d'élèves de JOSQUIN DES PRES.


Il y à entre autres :

Nicolas Gombert
Jacob Clemens Non Papa
Adrian Willaert
Cipriano da Rore

En ce qui concerne la messe, les compositeurs privilégient un style particulier de composition appelé « messe parodique ».
On applique à un motet ou une chanson (écrite par le compositeur lui-même ou par un autre) les paroles de la messe.
Les motets (style contrapuntique) comportent souvent 5 à 6 voix et sont écrits en utilisant en permanence une technique d'imitation.


L'écriture en imitation :

Il s'agit d'une ligne de texte soutenue par un motif musical et qui est répétée de façon permanente dans les différentes voix, l'une après l'autre.
Au moment où la deuxième voix imite la phrase de la première voix, la première commence déjà la deuxième phrase de texte, qui sera imitée à son tour, et ainsi de suite.
Les différentes imitations s'écouleront de façon soutenue, d'une voix à l'autre, sans distinction claire.
Clemens Non Papa écrit des compositions à 3 voix où il combine des versets de psaumes avec des chants populaires. (« souterliedekens »)


Quelques compositeurs français de la première moitié du 16ème siècle :

Pierre Certon
Claudin de Sermisy
Clément Janequin

Ce dernier compose des chansons à programme. Par exemple il fait référence aux oiseaux dans « Le chant des oiseaux » où il évoque une ambiance guerrière dans « La bataille de Marignan ».


Deuxième moitié du 16ème siècle :


Le Concile de Trente, vers le milieu du siècle, incarne la réaction (Contre-Réforme) de l'Eglise Catholique contre les réformes du protestantisme de Luther.
La Contre-Réforme traite entre autres des relations entre la religion et la polyphonie.  
L'écriture en imitation appliquée au contrepoint est critiquée parce que cette technique rend les textes inintelligibles. L'Eglise critiquait également l'utilisation trop fréquente de « ténors »
profanes dans la musique religieuse.

 

2. L'école romaine :

Le compositeur qui réussit le mieux à concilier les exigences du Concile de Trente et la musique linéaire (contrepoint) est Giovanni Pierluigi Palestrina.
Un exemple pertinent en est la messe « Papae Marcelli ».


Style :

Son contrepoint à 6 voix respire le chant grégorien
L'utilisation de sons dissonants est évitée ( comme préconisé par la Contre-Réforme)
L'utilisation d'un « ténor profane » et le chromatisme sont évités autant que possible.
Les textes redeviennent compréhensibles et favorisent une atmosphère de prière.


Œuvres :

Messes – motets – madrigaux (dans une moindre mesure)


Contemporains :

Jacobus de Kerle
Tomas de Victoria

 

3. L'Ecole Vénitienne :

Bénéficiant d'un essor économique exceptionnel, Venise, protégée par sa lagune, offre à ses citoyens (riches commerçants pour la plupart), la possibilité de profiter des bonnes choses de la vie. Ils se sentent en sécurité, invincibles et s'occupent peu de politique.
De fêtes somptueuses meublent leur existence et cet état d'esprit se reflète également dans leur musique. Ces compositeurs sont plus « modernes » que leurs contemporains romains. 


Adrian Willaert :

C'est un musicien, venu des nos contrées, qui sera le fondateur de l'école Vénitienne.
Maître de chapelle de la basilique Saint Marc, il y exercera ses fonctions pendant 35 ans.
Le fait que la basilique dispose de 2 tribunes lui donne l'idée de placer une chorale à quatre voix sur chacune d'elles et de les faire chanter ensemble, en dialogue ou en écho.  
Ceci donne lieu à la naissance du style à double chœur propre à cette école.
Le principe est également utilisé dans le domaine de la musique instrumentale par Giovanni Gabrieli (Cfr.« sonata pian e forte »).


Quelques compositeurs :

Adrian Willaert
Cipriano da Rore
Andrea Gabrieli
Giovanni Gabrieli


Œuvres :

Messe et madrigal


Style :

L'écriture est très moderne pour l'époque. Elle est assortie de l'utilisation intense du chromatisme.
L'écriture appelée « homorythmique » se caractérise par une voix « solo », soutenue par un accompagnement de type harmonique (= semblable aux accords plaqués sur un clavier)


4. La musique liturgique protestante :

Dans le but de faire participer les fidèles plus activement aux offices, Luther fait traduire la Bible en allemand.
Etant donné que le style linéaire contrapuntique n'était pas idéal pour la compréhension des textes, il préconise un style de composition plus transparent, basé sur la chanson populaire à savoir « le choral ».
Il s'agit d'un type de composition sobre et simple, de style homorythmique, chanté de façon syllabique dans la langue du pays.


5. L'apogée de la polyphonie des Pays-Bas : Roland de Lassus et Philippe De Monte :

Roland de Lassus :

Né dans les environs de Mons, sa formations se déroule en France (Fontainebleau) et en Italie (Naples et Rome). Après un court séjours à Anvers il devient maître de chapelle à la cour des ducs de Bavière ( Munich).
Il nous a laissé plus de 2.000 œuvres.


Œuvres :

Environ 50 messes
Motets et psaumes
Madrigaux, chansons en français et en allemand.


Style :

Nous retrouvons dans son œuvre toutes les facettes de la musique de la Renaissance :
Le style somptueux vénitien , l'esprit léger et spirituel de la chanson, l'expressivité du madrigal et le style contrapuntique de Josquin des Prez.

Philippe De Monte :

Compositeur égal à Roland de Lassus, de niveau culturel identique, mais qui manque un peu de l'expression dramatique profonde de ce dernier.
Il nous a laissé environ 1600 œuvres : messes, motets, madrigaux et chansons.