La musique monodique
Le chant religieux que nous appelons « Grégorien »
est en fait une fusion d'éléments culturels orientaux et occidentaux.
L'édit de Milan (313 après J.C.) par lequel l'empereur Constantin
a accordé aux chrétiens la liberté de pratiquer leur religion,
a été d'une importance capitale pour le développement de
la musique. Cette mesure, en effet les autorise à pratiquer en toute
liberté leurs chants religieux en dehors des catacombes.
Grégoire, le grand réformateur du chant religieux
catholique, a été élu pape aux alentours des années
600. Il a adapté les traditions de musiques religieuses venues de l'orient
aux exigences de l'Eglise chrétienne du moment, la « purifiant »
de tous les éléments superficiels qui ne correspondaient
pas à la sensibilité religieuse occidentale de l'époque.
Par la même occasion, il a déterminé de quelle façon
et à quel moment ces chants devaient être interprétés.
Le chant grégorien n'exprime en principe pas de sentiments individuels,
mais plutôt la sérénité d'une prière collective.
La mélodie y est sobre et libre de tout chromatisme (= coloration) sensuel,
les grands intervalles y sont absents.
L'annotation de ces chants se fait par le biais de « neumes»
(du grec neuma = signe).
Cette façon peu minutieuse d'écrire la musique n'était
pas idéale ; c'est la raison pour laquelle l'invention de la « portée »
au 10ième - 11ième siècle par Guido D'Arezzo
aura une importance capitale sur le développement de l'écriture
musicale.
L'écriture des neumes se fait au début sur une ligne, ensuite
sur 2, 3 et 4 lignes et les neumes se transforment par la suite en petits carreaux
ou losanges noirs.
On attribue au moine Guido D'Arezzo l'invention de ce que l'on appellera plus
tard les « notes ». Il va se baser sur une hymne à
St. Jean où la première syllabe de chaque vers commence un ton
plus haut, comme suit :
UT queant laxis
RE sonare fibris
MI ra gestorum
FA muli tuorum
SOL ve polluti
LA bii reatum
Sancte Ioannes
Plus tard le nom UT sera remplacé par DO
(dominus) pour des raisons d'euphonie.
Les 8 familles de sons qui sont utilisés dans les chants grégoriens proviennent de la théorie musicale grecque, on les appelle des « modes ». On connaît ainsi le mode Dorien, Hypo-Dorien, Lydien, Hypo-Lydien etc...