Sur le plan de la peinture, cette époque est considérée
comme l'apogée de l'école des artistes-peintres appelés
«les primitifs flamands ». On trouve des peintres célèbres
comme : Jan Van Eyck, Roger de la Pasture, Jérome Bosch, Dirk Bouts,
Hans Memling.
Sur le plan musical, à la même époque, travaillent des artistes
regroupés sous l'appellation de « polyphonistes des Pays-Bas ».
Ils réaliseront des œuvres considérées comme le point
culminant de la polyphonie à la fin du Moyen-Âge.
Il s'agit de la période allant de la génération de Guillaume
Dufay (début du 15ième siècle) à celle de Roland
de Lassus (fin du 16ième siècle) pendant laquelle ces musiciens
dominent l'expression musicale en Europe.
Les musiciens sont attirés par le renom des chapelles musicales des différentes
cours bourguignonnes, surtout durant la première moitié du 15ième
siècle. C'est là que la plupart d'entre eux exerceront leur art.
La messe construite sur un « ténor »
grégorien.
Le motet
La chanson (également le madrigal)
Première moitié du 15ième siècle
John Dunstable (Angleterre)
Guillaume
Dufay (Hainaut 1400-Cambrai 1478)
Né en Hainaut, cet homme d'Eglise, remarquablement cultivé travaille
en France et en Italie.
Plus de 200 œuvres de sa plume nous sont restées, entre autres :
Messes : "L'homme
armé", "Se
la face ay pale"
Motets : "Nuper
rosarum flores", "Alma
redemptoris mater"
La tierce, consonance comprenant un intervalle entre trois sons (par exemple :
DO – ré – MI ), n'a toujours
pas droit au chapitre dans l'accord final des compositions, en raison de son
caractère profane.
Typique du style de l'époque est le fait d'éviter la sensible
dans la finale. Les gammes tonales (majeur-mineur) commencent à s'imposer
à côté des modes.
La sensible = Le son précédant
la «tonique» ( note donnant son nom à la gamme).
Dans la gamme de DO, le SI est la sensible. Elle fait l'objet
d' une attraction particulière de la part de la tonique.
Deuxième moitié du 15ième siècle :
Johannes
Ockeghem (1420-1495 environ)
Appelé « père de toutes les musiques »,
c'est un grand pédagogue qui exerce à Anvers et en France.
Jacob
Obrecht (1450-1505 environ)
Né à Bergen-op-Zoom, il travaille à Cambrai, Bruges, Anvers
mais aussi en Italie.
Pour son époque, il est considéré comme très moderne,
utilisant volontiers les grandes nouveautés au niveau de l'écriture
musicale.
JOSQUIN
DES PRES (1442-1527 environ)
On le surnomme « Prince de la Musique »
Né en Hainaut comme Guillaume Dufay, il travaille surtout en Italie,
et est considéré comme un artiste de transition entre le moyen-âge
et la renaissance.
Messes: "Pange
lingua", "Ave
maris stella", "la–sol–fa–ré–mi"
(basé sur les paroles "lascia fare mi", par lesquelles un noble
avait promis son soutien financier à Josquin).
Motets : "Ave
verum corpus", "Vultum
tuum"
Chansons : En français et en italien.
Heinrich
Isaac
Pierre
de La Rue
Gaspar
van Weerbecke
Pendant la deuxième moitié du 15ième siècle, nous
remarquons que l'ensemble vocal de l'époque est de plus en plus remplacé
par le chœur « a capella » d'expression musicale plus
riche.
L'utilisation des « modes » de la musique d'église
est, progressivement remplacé par l'utilisation de la « gamme majeure
ou mineure » (la première tierce de la gamme y est grande ou petite).
Il s'agit en fait de la naissance de la musique dite « tonale »,
d'expression plus profane que la musique « modale », qui
elle exprimait davantage la sérénité d'une prière
collective.
La tierce dans l'accord final est fréquemment utilisée par Josquin.
Le tissu polyphonique des compositions est basé sur l'autonomie totale
des voix. Des techniques qui seront couramment utilisées plus tard, figurent
déjà dans l'œuvre de JOSQUIN DES PRES (technique de l'imitation
ou de la variation sur un motif).
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