Aux alentours de 1750, un autre philosophe français : Jean-Jacques Rousseau (également compositeur), réagit contre la domination exagérée du rationalisme au niveau de la pensée. La balance subtile entre les valeurs du cœur et de l'esprit rationnel ayant penché en faveur de ce dernier, l'attention est de nouveau attirée sur les sentiments humains. Le raisonnement froid de l'esprit des Lumières sera remis à son juste niveau pour laisser davantage de place à la fantaisie et aux sentiments chaleureux induits par le cœur.
J.J.Rousseau en France, les poètes anglais Richardson et Young, les poètes allemands Goethe, Schiller et Herder.
La nouvelle philosophie influence également l'écriture de la
musique. Comme on est d'avis que seule la mélodie est la mieux placée
pour incarner le sentiment humain, et qu'un accompagnement en style contrapuntique
pourrait en empêcher le déroulement clair, la priorité ira
vers un accompagnement simple de type homo-rythmique (sous forme d'accords plaqués
ou décomposés en arpèges – basse d'Alberti).
Contrairement à la mélodie baroque, en permanente évolution,
la mélodie de style galant est de nature simple, populaire, et pourvue
de beaucoup de fioritures. Elle est construite sur base de motifs de deux mesures
ou d'un multiple de deux mesures. Les thèmes sont basés sur les
tons principaux des accords.
Les formes baroques comme : la fugue, la suite et le concerto-grosso sont mises au second plan par la « forme sonate ». C'est la forme utilisée principalement dans le premier mouvement des sonates, trios, quatuors, symphonies etc.
Plan de la forme sonate
- Un premier thème souvent de nature rythmique présenté à la tonique.
- Un deuxième thème souvent de nature mélodique présenté à la dominante (= une quinte au-dessus de la tonique).
- Une codetta (petite coda) pour terminer l'exposition.
C'est l'endroit où le potentiel rythmique et mélodique des thèmes est exploité à fond.
C'est la répétition de l'exposition suivi d'une coda.
Plan de la sonate classique
La « sonate d'église » de la période baroque
a évolué vers la « sonate classique », c'est
« l'école de Mannheim » qui en fixe la forme définitive
en 4 mouvements (idem pour la symphonie
et le quatuor).
Il est de « forme sonate » (voir ci-dessus). Il peut être précédé par une introduction lente.
De par son déroulement lent, c'est l'endroit idéal pour l'expression lyrique ; ce mouvement est souvent écrit « en forme de lied » c'est à dire en forme A – B – A (voir ci-dessous).
A = Thème chantant
B = Nouveau thème
A = Reprise de A (ou éventuellement A' = variation sur A)
Ce mouvement contraste avec le précédent par son caractère dansant. Il s'agit souvent d'un menuet (dérivé de la suite) et s'écrit également en forme A – B – A
A : Thème principal
Second Thème
Thème principal
B : Appelé « Trio »
Thème principal
Second thème
Thème principal
A : Reprise de A (ci-dessus) + finale
Le mouvement du milieu s'appelle « trio » étant
donné qu'il était à l'origine joué par 3 instruments
(ex. 2 hautbois et basson). Beethoven remplacera plus tard le menuet par un
« scherzo ».
Ce mouvement est souvent écrit en « forme de rondeau » A – B –A – C – A – B - A (voir ci-dessous)
A : Refrain
B : Premier couplet
A : Refrain
C : Deuxième couplet
A : Refrain
B : Premier couplet
A : Refrain
Il arrive que la forme rondeau soit combinée avec la forme sonate.
Plan du concerto : (3 mouvements)
Il s'agit d'une œuvre pour soliste et orchestre, la structure est identique
à celle de la symphonie, mais sans le menuet.
Dans le premier mouvement (en « forme sonate ») on introduit
entre la ré-exposition et la coda une « cadence »
(= soliste seul sans accompagnement de l'orchestre).
La cadence est le plus souvent construite sur les thèmes de l'œuvre,
c'est l'endroit idéal pour que le soliste puisse faire la démonstration
de sa virtuosité.
L'école de Mannheim
Les compositeurs faisant partie de cette école modernisent l'orchestre.
Ils divisent l'orchestre en 4 groupes (le clavecin, qui jouait
avant la basse-continue, n'y a plus sa place). Ils jettent les bases de
la "forme sonate".
Contrairement à la musique baroque, où l'on trouve une dynamique
contrastante, (des passages « piano » et « forte »
qui alternent), ils introduisent la notion de « crescendo »
pour passer progressivement d'un jeu doux vers un jeu plus fort
(= dynamique progressive).
Johann
Wenzel Stamitz (1717-1757)
Karl Stamitz (1745-1801)
Frantisek Xaver Richter (1709-1789)
Johann Christian Cannabich (1731-1798)
Franz Ignaz Beck (1734-1809)
Wilhelm-Friedemann
Bach (1710-1784) :
C'est le plus âgé des fils. Son œuvre vocale et son œuvre
pour orgue sont écrites en style baroque, tandis que la musique de chambre
et la musique pour piano sont composées dans le style
nouveau.
Carl Philip Emanuel Bach (1714-1788) :
Claveciniste à la cour de Frédéric le Grand. Surtout compositeur d'œuvres pour clavier (sonates à trois, concertos pour clavier dont il est un des promoteurs) etc. Son style est très personnel, fait de modulations et de rythmes abrupts. Il illustre parfaitement les émois et les interrogations du courant pré-classique, si non déjà pré-romantique)
Johann Christian Bach (1735-1782) :
Compositeur d'opéras et oeuvres instrumentales. Le plus jeune des enfants de Jean-Sébastien Bach qui s'illustra à Milan et à Londres. Son style est le plus souvent représentatif du style galant.
Pierre
Van Maldere (1729-1768)
Henri-Jacques de Croes (1705-1786)
François-Joseph Gossec (1734-1829)
Jean-Noël Hamal (1709-1778)
Herman-François Delange (1715-1781)
La musique vocale
La domination de l'opéra-buffa sur l'opera seria s'y affirme toujours.
Domenico Cimarosa (1749-1801) : « Il Matrimonio Segreto »
Giovanni Paisiello (1740-1816) : « Il Barbiere di Siviglia »
Nicola Piccinni (1728-1800)
Niccolo Jommelli (1714-1774) : « Didone abbandonata » - « Il Vologeso »
André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) : (Né à Liège, formé en Italie, il s'illustrera à Paris) - « L'amant jaloux » - « Richard Cœur-de-Lion » - « Lucile » - « Zemire et Azor »
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : « Le Devin du Village »
Georg Benda (1722-1795) : “Der dorfjahrmarkt“
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