La vielle à roue est le seul instrument de toute l'histoire de la musique
à être mis en jeu par la rotation d'une roue qui est un archet
sans fin en quelque sorte.
Cet instrument à cordes frottées se compose d'une caisse de résonance
bombée (en forme de luth) ou plate (en forme de guitare). Sur celle-ci
est fixé longitudinalement un boîtier avec un clavier à
touches mobiles. La table d'harmonie est percée d'une fente transversale
pour le passage de la roue en bois, archet circulaire au mouvement continu que
l'on tourne à l'aide d'une manivelle. Cette roue correspond à
une manivelle placée extérieurement, permettant de lui imprimer,
de la main droite, les mouvements les plus rapides.
La vielle comporte généralement six cordes : deux pour la
mélodie - les chanterelles, cordes en boyau non filé soumises
à l'action des touches du clavier - et quatre cordes libres - les
bourdons qui donnent un son fixe. L'une de celles-ci, la trompette, repose sur
un petit chevalet mobile, le chien, qui vibre sur la table d'harmonie lorsqu'on
accélère la rotation de la roue par à-coups. La vielle
peut faire entendre simultanément et indépendamment une ligne
mélodique, un accompagnement de basses continues et une percussion vibrante.
La vielle est un instrument instable car sensible à une multitude d'influences
(température et humidité, cordage, état de la roue, mécanique
des touches et des tangentes, etc.). Il n'y a pas deux instruments semblables,
et chacun demande un réglage continu.
[1] Cette partie est reprise du livret du CD « La vielle en France » (Silex Y225109) écrit par Pierre IMBERT, et de l'ouvrage ASSELINEAU M., BEREL E., CHARPGIER Cl., Musiques et danses traditionnelles d'Europe. Guide, É ditions J. M. Fuzeau, Collection Musiques en Pratique, Courlay, 1995, p. 319.
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