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II. LE MÉCANISME : COMPOSANTES PHYSIQUES ET LES TECHNIQUES DE JEU  [1]

 

La vielle à roue est le seul instrument de toute l'histoire de la musique à être mis en jeu par la rotation d'une roue qui est un archet sans fin en quelque sorte.

Cet instrument à cordes frottées se compose d'une caisse de résonance bombée (en forme de luth) ou plate (en forme de guitare). Sur celle-ci est fixé longitudinalement un boîtier avec un clavier à touches mobiles. La table d'harmonie est percée d'une fente transversale pour le passage de la roue en bois, archet circulaire au mouvement continu que l'on tourne à l'aide d'une manivelle. Cette roue correspond à une manivelle placée extérieurement, permettant de lui imprimer, de la main droite, les mouvements les plus rapides.

La vielle comporte généralement six cordes : deux pour la mélodie - les chanterelles, cordes en boyau non filé soumises à l'action des touches du clavier - et quatre cordes libres - les bourdons qui donnent un son fixe. L'une de celles-ci, la trompette, repose sur un petit chevalet mobile, le chien, qui vibre sur la table d'harmonie lorsqu'on accélère la rotation de la roue par à-coups. La vielle peut faire entendre simultanément et indépendamment une ligne mélodique, un accompagnement de basses continues et une percussion vibrante.

La vielle est un instrument instable car sensible à une multitude d'influences (température et humidité, cordage, état de la roue, mécanique des touches et des tangentes, etc.). Il n'y a pas deux instruments semblables, et chacun demande un réglage continu.

 

[1] Cette partie est reprise du livret du CD « La vielle en France » (Silex Y225109) écrit par Pierre IMBERT, et de l'ouvrage ASSELINEAU M., BEREL E., CHARPGIER Cl., Musiques et danses traditionnelles d'Europe. Guide, É ditions J. M. Fuzeau, Collection Musiques en Pratique, Courlay, 1995, p. 319.