Isabelle Delaby, Médiathécaire Musiques du monde, WSP

Le shakuhachi est un des instruments les plus populaires au Japon.
Son histoire fait intégralement et exclusivement partie de la tradition
japonaise même si, phénomène récent, sa renommée
grandit au point d'être joué dans de nombreux autres pays.
L'intérêt des occidentaux est tel que nombre d'entre eux s'attellent
à son étude au point d'en devenir musicien professionnel. On estime
qu'environ deux mille occidentaux apprennent le shakuhachi aujourd'hui
et qu'environ trois cents ont obtenu le titre de maître.
Instrument à vent, le shakuhachi, aussi appelé « flûte
de bambou », est « une lourde flûte verticale à
faible encoche, faite d'un épais et vigoureux bambou à plusieurs
nœuds dont l'intérieur est laqué. La longueur normale du
tuyau est de 54,5 cm. » [1]
C'est d'ailleurs de sa taille que provient son nom : « shaku »
qui équivaut à un pied japonais et « hachi »,
à huit pouces.
Cette flûte connaît néanmoins différentes tailles
et le son diffère en fonction de celles-ci : plus l'instrument est
petit, plus le son sera clair, brillant et pénétrant ; plus l'instrument
est long, plus le son sera chaud.
Malgré sa facture, qui apparaît d'une simplicité remarquable,
il est difficile à maîtriser, développant des possibilités
comparables au ney.
Il comporte une grande richesse de timbres et permet un large éventail
d'effets.
Le son produit est tout à fait caractéristique. « Le
timbre est exceptionnellement moelleux avec un grave très ample; le registre
élevé, en revanche, se révèle plus fragile. »
[2]
D'une douceur incomparable, on comprend pourquoi il a été
pendant plusieurs siècles, un support de méditation.
[1] François-René TRANCHEFORT, Les Instruments de musique dans le monde, vol. 2, Éditions du Seuil, 1980, p. 26
[2] François-René TRANCHEFORT, op. cit., p. 27