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ORGUES À BOUCHE

Anne-Sophie De Sutter, Médiathécaire Musique du Monde, Passage 44

 

INTRODUCTION
Orgue à bouche


L'orgue à bouche se retrouve dans beaucoup de pays d'Asie de l'Est et du Sud-Est, sous différentes dénominations et formes. Ses origines remontent à la nuit des temps et sont liées à l'invention de l'anche libre qui est le fondement de son fonctionnement. Une anche est une petite plaque de roseau ou de métal qui produit du son quand elle entre en vibration par déplacement d'air. L'orgue à bouche est l'ancêtre de l'harmonica, de l'harmonium et de l'accordéon.
L'instrument se compose d'une chambre à vent (en courge, en bois dur ou, plus récemment, en métal) dans laquelle sont insérés des tuyaux en bambou munis d'anches libres. Chaque tuyau est percé d'un trou de jeu et un son se produit par expiration ou aspiration dans l'orifice situé dans la chambre à vent. L'anche libre est située au-dessus du trou, donc si celui-ci n'est pas bouché, l'air le traverse. Au contraire, si le trou est bouché, l'air est obligé de passer par l'anche qui entre en vibration et produit un son. Les orgues à bouche émettent un son continu, l'anche libre fonctionnant tant pendant l'expiration du musicien que pendant son inspiration.

En Chine, au Japon et en Corée, les tuyaux sont groupés en faisceau, c'est-à-dire insérés en cercle dans la chambre à vent. Mais la forme la plus ancienne de l'orgue à bouche est celle où les tuyaux en bambou sont fixés en deux rangées parallèles (en radeau) dans une calebasse servant de réservoir d'air. Ce modèle se retrouve avec des variantes au Vietnam, au Laos, en Thaïlande, en Birmanie, et même au Bangladesh.