ENTR'ACTE COMPACT (GBR), 2008.

Yôko Higashi est japonaise, musicienne et danseuse. Elle collabore en qualité de vocaliste et de musicienne avec des gens comme Florent Dichampt, Lionel Marchetti, Seiji Murayama, John Hegre ou la violoniste Agathe Max (avec qui elle forme le duo Octobriana). Elle travaille avec d’autres musiciens en tant que danseuse et chorégraphe, notamment avec Lionel Marchetti. hamaYôko est son nouveau projet musical qu’elle définit comme électro-pop-influencé-par-la-musique-concrète. «Retronica» est son troisième disque sous ce nom, et il est à nouveau édité par l’excellent label entr’acte. On y retrouve ses collaborateurs habituels: Lionel Marchetti et Agathe Max, ainsi que quelques nouveaux venus.
Si « Ygun – n9 », son album précédent était une grande ratatouille de styles et d’influences, «Retronica» présente une plus grande homogénéité; on y retrouve les ingrédients principaux, communs à ses autres productions: le chant traditionnel japonais, le théâtre Nô, la pop électronique et l’expérimentation électro-acoustique. Comme auparavant, tous ces éléments sont imbriqués au sein de compositions climatiques, insaisissables, transcendant les genres avec le plus grand détachement. Encore une fois, on se sent au premier abord un peu perdu au sein de ce fouillis apparent, comme débordé par l’accumulation, et puis lentement une certaine logique interne émerge et avec elle une étrange beauté. L’album s’ouvre sur une introduction de percussions brutalistes traversant tout l’album, qui laisse rapidement la place à une évocation japonisante, accompagnée par le shô de Toshiko Watanabe. L’album, très court, est composé, comme à l’accoutumée de plages miniatures,
principalement centré sur la voix de Yôko Higashi. Celle-ci passe de mélopées fantomatiques en pièces vocales expérimentales rappelant tantôt Tenko, tantôt la haco d’After-dinner et surtout de Hoahio. On retrouve ici la même ambiance de bricolage lo-fi, associée à des prestations vocales tantôt rêveuses, tantôt spectrales. A défaut de comprendre le texte japonais, c’est l’atmosphère qu’on retiendra de ce disque, aiguillé à tort ou à raison par les photos qui en ornent la pochette: masques du théâtre Nô et monstres en plastique. Un hybride mi-comique mi-effrayant, comme dans la danse butoh, dont Yôko Higashi est une adepte.
Benoit Deuxant
ENTR'ACTE COMPACT (GBR), 2008. Enregistrement 2007.
Yôko Higashi est japonaise, musicienne et danseuse. Elle collabore en qualité de vocaliste et de musicienne avec des gens comme Florent Dichampt, Lionel Marchetti, John Hegre ou la violoniste Agathe Max. Elle travaille avec d’autres musiciens en tant que danseuse et chorégraphe, notamment avec Lionel Marchetti. hamaYôko est son nouveau projet musical qu’elle défini comme electro-pop-influencé-par-la-musique-concrète. «Ygun –n9 » est le deuxième album de ce projet, toujours sur l’excellent label entr'acte records, et il poursuit la collaboration avec Lionel Marchetti, qui co-masterise le CD, et avec qui elle travaille sur un nouvel album de musique concrète « Okura 73°N–42°E », ainsi que sur un nouveau hamaYôko.
Loin d’être une entreprise de séduction, comme le ferait ( excessivement bien, ceci dit ) quelqu’un comme Tujiko Noriko, Yôko Higashi met en avant les aspect les plus abrasifs, les plus extrêmes, les plus acides, les plus malplaisants de ses capacités vocales. Comme dans la danse Butô dont elle est une disciple, c’est par la grimace, l’exagération et la torsion, l’approche à rebrousse-poil, qu’elle s’exprime, et comme dans le Butô, c’est au milieu du chaos et de la destruction que brillent des éclairs de beauté, étranges et quelque peu vénéneux.
Benoit Deuxant