sub rosa \suhb-ROH-zuh\, adverbe :
secrètement, de manière privée, confidentielle
sub rosa, adjectif :
destiné à rester secret ou confidentiel, privé
Depuis sa fondation à la fin des années 80, le label Sub Rosa s’est imposé, plus que comme un label, comme une ambitieuse entreprise d’archivage. Documentant l’émergence de la musique industrielle de l’époque, il se révèle immédiatement atypique. Mêlant allègrement création classique contemporaine, musique ethnique (on ne parlait alors pas encore de musique du monde) et musique électronique, les anthologies de la série « Myths » - premières parutions de Sub Rosa - accordent déjà la même valeur aux unes et aux autres. Associant côte à côte la musique rituelle du Tibet ou des Gnawas, la littérature de W. S. Burroughs ou Paul Bowles et la musique expérimentale avec SPK, Controlled Bleeding ou Mark Stewart and the Mafia, le label parie à la fois sur la survie des uns via l’archivage et sur l’espérance de vie des autres. Une démarche que l’on retrouvera à travers toutes les anthologies suivantes, jusqu’à la série qui les occupe aujourd’hui : « An Anthology of Noise and Electronic Music », où pionniers de la musique concrète, documents sonores et avant-garde électronique contemporaine se côtoient. Sub Rosa conçoit ainsi le principe d’archivage, de documentation, comme un principe dynamique; il s’agit d’activement garder trace de ce qui est en cours de création. Chaque disque du label a un discours, une histoire, il raconte et illustre à la fois une époque, une ramification possible de la musique, qu’elle ait fait ses preuves par le passé ou qu’elle soit en train de se construire. On s’éloigne avec Sub Rosa du fonctionnement traditionnel d’un label, repérant des artistes cadrant avec le reste de leur catalogue et promotionnant leur actualité. Le label n’est jamais autant dans son élément que dans la compilation, l’anthologie, où il peut fonctionner comme un curateur d’exposition, rassemblant des œuvres disparates, établissant des parallèles, des concordances, qu’il s’agisse de découvrir une forme de « nouvelle sérénité » ou de raconter l’histoire du bruit de Luigi Russolo à Merzbow. Travaillant contre le grain, contre la catégorisation, chaque nouvelle sélection est une exploration, un nouveau possible.
Benoît Deuxant
Certains duos reflètent une rencontre, d’autres témoignent d’une correspondance. Le travail de collaboration peut prendre des formes très diverses: simultané dans l’improvisation, consécutif dans le remix ou, comme celle ici, production en cascade, de versions en versions, en « ping-pong ».
Partant d’une seule et unique note de piano, les deux musiciens ont élaboré cet album, d’esquisses en esquisses, s’échangeant des propositions que chacun amendait à son tour, avant de le renvoyer à l’autre pour une nouvelle ‘transmogrification’. Le résultat, en fin de parcours, est un disque où la source sonore devient une couleur plus qu’un son. Si les pièces ont été élaborées autour d’une construction pianistique conçue par Kirschner, le résultat final n’en retient que le fantôme, l’esprit. Chaque nouvelle couche de modification électronique a pris la place d’une texture de l’objet d’origine. Chacune des modifications a également apporté la marque d’un des deux auteurs.
Taylor Deupree, ancien musicien techno, puis ambient, fondateur du label électronique new-yorkais 12K, se confronte à Kenneth Kirschner, musicien américain, trop rare discographiquement, dont les pièces « flottent » quelque part entre le silence et une certaine tradition classique minimaliste. Un duel qui aurait pu se transformer en simple exercice de style vu son point de départ, et qui se révèle une grande réussite dans la carrière de chacun.
Benoît Deuxant
SUB ROSA, 2003. Enregistrement 1992-2002.
Christopher Charles, musicien français résidant au Japon depuis plus de vingt ans, s’est illustré sur diverses anthologies du label Mille Plateaux avant d’établir une collaboration avec Markus Popp (aka Oval) qui aboutissait à l’album Dok (X0914E).
Le titre Undirected fait référence à la méthode de composition utilisée par Christopher Charles, inspirée à la fois de John Cage, d’Henning Christiansen, compositeur fluxus danois avec qui il collabora, et de diverses théories et systèmes informatiques. Basé sur l’aléatoire et le non-répétitif, ce procédé utilise une banque de sons pilotée par une programmation MAX/MSP garantissant qu’aucun son ne sera entendu deux fois de la même manière (en terme de durée, de hauteur, etc.). Le résultat, dans les deux longues pièces présentées ici, est proche des expérimentations d’Oval, mais enrichies par la texture des samples choisis, sélectionnés pour leur valeur documentaire (field recording du Japon, de l’Inde, etc.), symbolique (cloches bouddhistes) comme pour leur potentiel musical.
Deux magnifiques pièces très différentes dans leur conception théorique, mais qui s’écoutent toutes deux comme un travelogue aléatoire ou comme une installation sonore.
Benoît Deuxant
SUB ROSA, 1995.
L’année de la mort de Gilles Deleuze, 1995, vit la parution de plusieurs albums d’hommage au philosophe disparu. Celui-ci a été revendiqué par beaucoup d’artistes et de labels, principalement électroniques, comme une source d’inspiration, une motivation, un guide. Le philosophe lui-même s’est penché abondamment sur la musique et les cultures électroniques, y découvrant souvent une confirmation de ses théories, de ses prédictions. Une connexion s’est établie entre ces théories et les principes d’une certaine production musicale d’avant-garde : le réseau, bien sûr, l’opposition expérimentation/interprétation, la déterritorialisation, les rhizomes, les machines désirantes. Tous ces concepts allaient pouvoir donner un nom à une pratique jusque là spontanée.
Cet album n’est ni un album-hommage, ni un album d’hommages. Le projet de ce CD était en cours depuis quelques mois lorsque le décès de Deleuze a été annoncé. À l’origine, il devait être un cadeau du label au philosophe avec qui une correspondance s’était établie.
Il rassemble des artistes qu’il appréciait et qui revendiquent avec lui une filiation, une communauté d’esprit. On y retrouve des pièces de Mouse On Mars, Scanner, Oval, Main, David Shea et Tobias Hazan, chacun ayant contribué à cette anthologie avec une pièce inédite.
Benoît Deuxant
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SUB ROSA.
SUB ROSA, 2005.
SUB ROSA, 2006.
Aerial, ambitieux cycle sonore découpé en trois albums, nous offre la découverte d’un artisan méconnu des premiers âges de l’électronique. Car si depuis le début des années 50, il a pu, en autodidacte,
mûrir son art à l’ombre des studios de montage audiovisuels américains et en dehors de tout circuit académique, ce n’est qu’au moment de l’âge de la pension et à l’heure des temps libres que Tod Dockstader semble enfin connaître un début de consécration.
Aerial est conçu à partir d’un matériau sonore unique : plus de nonante heures d’enregistrements sur bande magnétique de fréquences radio ondes courtes, celles surgissant entre les stations et les émissions, un travail patient de capture du bon son effectué durant la nuit. À l’arrivée, après remontage, remodelage et édition sur ordinateur, un halo acoustique monumental et extrêmement sensuel qui, de drones en lointains grondements, en passant par d’élusifs hiéroglyphes sonores parfois clairement identifiables, nous donne à entendre poétiquement les traces électromagnétiques de la production humaine. Mais au-delà des pures sensations auditives, Dockstader, à travers Aerial, nous procure aussi l’émotion quelque peu nostalgique de revivre les âges pionniers des musiques concrètes en conjuguant techniques primitives avec les outils numériques et contemporains du travail sonore. Un pont onirique entre les époques et les approches, entre les êtres et les hertzs.
Jacuqes de Neuville
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SUB ROSA, 1998. Enregistrement 1984-1997.
Scanner est un artiste qu’on adore détester. Son improbable succès critique, son apparente ubiquité, l’époque où aucun festival musical ou aucune conférence sur les « nouveaux médias » ne semblait
pouvoir se passer d’une installation ou d’un concert de Scanner, tout cela est évidemment lourd à pardonner pour ses détracteurs. Sa production, pléthorique elle-même, est un argument de plus pour ceux qui dénoncent Robin Rimbaud (c’est son nom) comme un opportuniste surfant sur la vague Scanner. Il y a eu une vague Scanner, une mode Scanner, dès la sortie des premiers albums de Rimbaud sous ce pseudonyme. Il y a eu un « moment » Scanner lors de la controverse entourant ses albums. Trois volumes de collages réalisés à partir de captations illicites (quoique quasi légales) de conversations mobilophoniques grâce à un appareil appelé… scanner. Trois volumes de conversations privées (voire très privées et quelquefois grivoises, jusqu’à franchement explicites) montées bout à bout, mais dont les noms propres (lieux et personnes) avaient néanmoins été dévoilés. Une controverse immédiate et des questions théoriques en tous sens : Est-ce de l’art ? Est-ce de la musique ? Est-ce légal ? Est-ce moral? Aucune de ces questions ne possède vraiment de réponse, une seule chose était sûre : c’était fascinant. Un mélange de voyeurisme, d’espionnage et d’un paysage sonore extrêmement beau dans sa simplicité et sa radicalité. Les ondes téléphoniques devenant l’équivalent des ondes radiophoniques dans l’imaginaire sonore, elles seront, comme ces dernières, détournées, sublimées, ennoblies, magnifiées. Le son des mots chuchotés, en secret, croyait-on, dans un appareil prêt à toutes les trahisons, ces mystères et ses cachotteries qu’on pensait pouvoir dissimuler, mais aussi le son de l’éther lui-même, dans les moments de silence entre les phrases, les respirations de l’atmosphère et les sursauts de l’électronique, tous ces éléments vont devenir vocabulaire d’une nouvelle poétique qui se poursuit aujourd’hui, presque quinze ans plus tard (les premiers albums de Scanner sont parus en 1992).
Tout cela a également un peu éclipsé les autres projets de Robin Rimbaud, « victime » de sa propre légende. Il poursuit néanmoins une carrière de musicien, en disque, en concert, en radio et en galerie d’art… Cet album rassemble justement ses « compositions pour galeries », pour espace d’exposition, d’où le titre… Elles documentent les hauts lieux de l’art contemporain et de l’interface art/technologie comme la Documenta de Kassel, ainsi que des pièces radiophoniques pour Ars Acustica ou l’ORF Kunstradio, ainsi que des extraits d’installations sonores à travers le monde. Situées entre 1984 et 1997, ces pièces montrent un aspect de Scanner plus conceptuel, plus narratif. Le texte, ou plutôt le langage, a une place prépondérante dans des pièces comme Hearing Is Believing, utilisant le scanner ou la radio, ou bien le très beau et très sombre A Piece of Monologue où l’on retrouve la voix de Samuel Beckett. La plupart des pièces sont une forme de musique ambient thématique et narrative, entre-deux idéal entre le contexte de l’installation sonore et l’interface du disque.
Benoît Deuxant
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SUB ROSA, 1995. Enregistrement 1982-1986.
S’il est aujourd’hui plus connu comme l’un des deux fondateurs et souverains du micro-royaume conceptuel d’ Elgaland-Vargaland, partageant le trône avec Leif Elggren, Carl Michael von Hausswolff a
également une longue et sérieuse carrière musicale derrière lui. Membre dans les années 80 du groupe Phauss, il développe une forme radicale de musique post-industrielle, fortement basée sur l’exploration des interférences électroniques manipulées avec tous les instruments possibles, du plus musical au plus mécanique. Il poussera cette exploration jusqu’à l’épure pour parvenir à une forme de musique linéaire et minimale, volontairement dépourvue d’affect et de références. Une version extrême de la musique ambient qui débutait alors. Deux de ses centres d’intérêt - le son et le paranormal- se verront réunis dans sa recherche sur les travaux de Friedrich Jürgenson et les EVP (Electric Voice Phenomenon), une tentative de capter la voix des morts dans l’éther, à travers l’électricité statique de la radio.
Ses activités musicale et plastique l’amèneront à collaborer d’une manière ou d’une autre avec John Duncan, Graham Lewis, Leif Elggren (avec qui il formera The Sons Of God) et Andrew McKenzie de l’Hafler Trio. Ce dernier fera la louange des premiers travaux solos de Von Hausswolff, les citant comme une source d’inspiration importante pour sa propre musique. Ce sont quatre de ces premières compositions post-Phauss, longtemps introuvables, qui sont rééditées ici, témoignage de la naissance, au début des années 80, d’un genre toujours sans nomaujourd’hui: le sound art, le paysage sonore, la musique expérimentale… dont von Hausswolff fut et reste un pionnier.
Benoît Deuxant
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SUB ROSA, 1992. Enregistrement 1905-1984.
Selon une de ses bonnes habitudes, le label Sub Rosa reprend sous licence des disques produits en d’autres lieux. Et ceux-ci sont parfois improbables et surprenants comme nous le montre ce disque
incontournable qui a vu le jour sur le label groenlandais ULO. Et oui, les Inuit du Groenland produisent des disques et certains se vendent bien aux quatre coins de la grande île. Mais pas ou peu en dehors évidemment; si ce n’est à la Médiathèque qui a mis un point d’honneur à suivre ce label et a assemblé plus de cinquante CD et LP de toutes les musiques groenlandaises. Toujours est-il que ces fouineurs de Sub Rosa ont compris l’intérêt de ces musiques nordiques au point d’ajouter à leur catalogue cet excellent disque d’archives compilé par Michael Hauser, l’un des spécialistes danois des musiques inuit. Groenland et Canada sont présents à travers des enregistrements réalisés entre 1905 et 1987; on y entend les chants à tambour, le souffle des chamans, des exemples rarissimes de duels de chants (les problèmes juridiques se réglaient devant la communauté par des duels de chants), des chants personnels qui racontent les expériences de vie, de chasse ou de pêche, des berceuses et chants de délassement… C’est la vie des Inuit qui défile, accompagnée d’un livret intéressant qui invite à continuer le voyage en se procurant le livre de Hauser.
Dans toute la discographie inuit, ce disque est un des plus intéressants et un des plus sérieux. Il combine les valeurs historiques, sociologiques et ethnomusicologiques et s’impose comme un point de départ indispensable pour découvrir les musiques d’un peuple à nul autre pareil.
Étienne Bours
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SUB ROSA, 1972.
SUB ROSA, 1972.
Dans cette exploration en trois CD (le premier est double), Sub Rosa reprend des enregistrements sortis chez Lyrichord à partir des collectages de John Levy. Le premier volume invite à l’écoute des
musiques sacrées avec les rites des ordres Drukpa et Nyingmapa et des moines du Bhoutan. C’est évidemment l’occasion de se replonger dans les grands développements musicaux des offices et des différentes cérémonies. Le chant, bien sûr, est très présent dans sa gravité intense, dans cette vibration éternelle des voix du Tibet qui s’en vont chercher au plus profond de l’homme un son les reliant à la fois à cette forme de sagesse qu’ils tentent d’atteindre et au milieu naturel dont ils s’inspirent. En un double CD, il est évident qu’on fait l’expérience d’une écoute forte qui nous rappelle que la musique ne peut se contenter d’être un simple divertissement. Elle est l’essence même des aspirations diverses de tous les êtres humains; elle est le vecteur indispensable dans leur quête d’un certain absolu; elle est le chemin que beaucoup suivent pour aller vers un autre monde sans perdre le lien avec celui-ci.
Le second volume s’intéresse aux musiques populaires. On sort du sacré mais on entre autant dans le mythe que dans la réalité du quotidien. On entend par exemple la célèbre épopée de Gesar, le roi de Ling, héros épique de tout un peuple. On entend le luth, la flûte, le violon populaire, le chant des bardes chroniqueurs de la vie des montagnes; on entend les danses accompagnées de frappes de tambour. Du ciel à la terre, du mystère intérieur des temples à la poussière de la piste, cet ensemble de disques nous convie à un voyage important dont il serait dommage de faire l’économie.
Étienne Bours
À Télécharger
SUB ROSA, 2006. Enregistrement 1976-2002.
Presque rien, ce sont quatre pièces composées depuis les années septante, publiées après beaucoup d’hésitations et seulement après les avoir baptisées avec réserve et humilité Presque rien. Presque
rien parce que presque entièrement sorti du réel et du hasard, lors de l’enregistrement, presque rien parce que braqué sur des non-événements, des moments d’intimité, ou même moins que ça, des souvenirs de vacances, des sons mémorisés, qui n’ont rien à raconter, qui sont juste là, dans un coin de la tête, comme un parfum, une odeur et parfois encore moins que ça. Ce Presque rien-ci, le numéro 4, il aura fallu attendre neuf ans depuis sa réalisation pour que Luc Ferrari accepte de le laisser publier, de le laisser entendre. Il prétend que c’est un faux, qu’il est rempli de mensonges, et d’un tout petit peu de réalité, pour noyer le poisson. Il raconte qu’il s’agit de la remontée du vieux village de Vintimille.
La deuxième pièce est entièrement dans son (long) titre, et c’est très bien ainsi. Elle s’appelle Promenade symphonique dans un paysage musical ou Un jour de fête à El-Oued en 1976. Rencontre entre deux formes de field recording : l’enregistrement brut d’une part, le voyage à travers un paysage et la documentation sociale et musicale d’autre part, telle que la pratiquait Alan Lomax. Ici en plus on a la fiction/vérité, l’audio-vérité de la promenade. Genre éminemment philosophique que la promenade, du XVIIIe de Rousseau et autres aux dérives plus contemporaines. Le récit d’une promenade, ce n’est pas une projection de diapositives…
Salicebury Cocktail, la troisième et dernière pièce de cet album, est aussi la plus récente. Réalisée en 2002 à partir de fragments enregistrés en 1990, elle consiste en un exercice de dissimulation. Si l’on doit en croire Luc Ferrari, cette pièce serait née de la nécessité de camoufler, dans l’ébauche qu’il en avait faite, certains sons par d’autres, qu’il fallut masquer eux-aussi en les recouvrant par d’autres encore, qui eux-même… bref, vous comprenez ! La forme elle-même, trop visible à son goût, fut dissimulée derrière une autre forme ou non-forme. Comme le dit Ferrari : « tout cela est très dramatique ».
Cet album est le premier d’une triple publication celle-ci consacrée au Hörspiel chez Luc Ferrari, une à sa musique concrète et la troisième à sa musique instrumentale.
Benoît Deuxant
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