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Les oiseaux du monde à travers les musiques du monde

L'oiseau et l'homme dans les musiques de tradition.

 

« Nous sommes maîtres de la terre

nous nous croyons des presque dieux

et pan, le nez dans la poussière,

qu'est-ce que nous sommes ? des pouilleux.

Et là-haut, les oiseaux,

Qui nous voient tout petits, si petits

Tournent, tournent sur nous

Et crient « au fou , au fou »

Nous nageons dans la bêtise

Et l'on invente des drapeaux

On met des couleurs aux chemises

Sous la chemise, y a la peau

Et là-haut, les oiseaux

Qui nous voient tout petits, si petits

Tournent, tournent sur nous

Et crient « au fou, au fou »

Ecoutez le monde en folie

Vive la mort, vive la faim

Pas un ne crie « vive la vie »

Nous sommes tous des assassins

Et là-haut, les oiseaux

Qui nous voient tout petits, si petits

Tournent, tournent sur nous

Et crient « au fou, au fou »

C'est toute la terre qui gronde

Bonne saison pour les volcans

On va faire sauter le monde

Cramponnez-vous, tout fout l'camp

Et là-haut, les corbeaux

Qui nous voient tout petits, si petits

Tournent, tournent comme des fous

Et crient « à nous, à nous »

La vie pourrait être si belle

Si l'on voulait vivre d'abord

Pourquoi se creuser la cervelle

Quand y a du bon soleil dehors »

 

(Chanson « Tout fout l'camp » de Juel et Asso chantée par DAMIA en 1939)

 

 

Si l'on prend la peine de se pencher quelque peu sur les thématiques des chansons du monde entier ou sur les nombreuses influences qui ont poussé le musicien à composer, on comprend vite l'omni-présence des oiseaux. Classique, jazz, chanson, rock, musiques de tradition, regorgent de références discrètes ou appuyées à ceux qui volent au-dessus de nous. La chanson de Damia nous le rappelle avec beaucoup de talent mais il est évident qu'il serait fastidieux de dresser une liste de chansons françaises faisant allusion aux oiseaux. Que dire alors de la chanson mondiale ou du jazz quand on sait que depuis le « Blackbird » des Beatles jusqu'au « Conference of the birds » de Dave Holland, tous ces musiciens ont dit avoir été inspirés par le chant des oiseaux ?

Il est donc impossible, impensable, de faire le tour des musiques et de leurs références ou influences en rapport avec cette thématique. Par contre, il est intéressant de s'autoriser un survol (avec ou sans jeu de mot) des musiques de tradition qui sont aussi, souvent, le lieu d'expression des rapports entre habitants de la terre et du ciel.

 

L'homme et l'oiseau.

 

Entre les hommes et les oiseaux du monde, existe un tissu de relations complexes qui rejaillissent depuis toujours sur la culture orale et sur les expressions de l'être humain, quel qu'il soit.

C'est d'abord, souvent, une histoire d'environnement de vie et forcément d'environnement sonore. L'homme, où qu'il se trouve sur la planète, a vécu ou vit encore, dans un environnement naturel grouillant de vie dont les oiseaux sont des habitants parmi les autres. Mais des habitants bruyants serait-on tenté de dire. Dans cet ensemble dont ni l'homme ni l'oiseau ne peuvent se dissocier, les uns sont à l'écoute des autres et les frontières entre son et musique sont souvent difficiles à discerner. A ce stade, que d'aucuns appellent encore primitif, les êtres humains vivant en symbiose ou en pacte permanent avec la nature, oiseaux et hommes entretiennent un nombre important de relations plus ou moins étroites qui réapparaissent nécessairement dans ce que nous, les Occidentaux, appelons musique. C'est le premier stade d'influences évidentes de l'espèce sur les expressions humaines.

Un second stade apparaît dans la plupart des traditions orales et systèmes de croyances populaires des sociétés rurales du monde et s'impose comme la suite logique du premier stade. L'oiseau y prend sa place, chaque espèce jouant un rôle différent calqué sur ses habitudes ou ses apparences. Il entre dans la vie de l'homme pour lui servir de symbole. Il est référence.

Enfin, avant même de développer ces deux points, il serait important de se poser la question de ce que représente encore cet animal pour nous. Les sociétés dites ethniques et les sociétés rurales ont gardé un contact suivi avec la nature, même s'il est souvent et de plus en plus fortement altéré. Leurs traditions et leurs expressions ne renient en rien, aujourd'hui même, l'importance de cette coexistence. Mais l'homme d'aujourd'hui, celui qui vit dans les grandes villes du monde, qui se déplace en voiture, en avion ou en train, qui s'abrutit de travail et de loisirs médiatisés, cet homme écoute-t-il encore l'oiseau ? On peut même se poser la question de savoir s'il l'entend encore. L'homme que nous sommes se doute-t-il un seul instant que les oiseaux du monde, tous les oiseaux, sont tellement importants pour ses semblables, qu'il y aurait matière à écrire un traité d'anthropologie sur les oiseaux dans les littératures orales. Vaste programme que perçoit comme impossible celui qui s'abandonne encore à observer et écouter ceux qui volent et chantent. Impossible parce qu'en chaque coin de la planète vivent des hommes différents en compagnie d'oiseaux différents. Et que chaque société s'est créé un ensemble rituel à la symbolique aussi riche que complexe. Il est vrai que par-delà les différences ont surgi des points communs, des idées partagées, tout simplement parce qu'un oiseau tel le coucou, par exemple, est présent en des endroits très éloignés les uns des autres mais y adopte le même comportement. Le sens de l'observation de l'homme fait le reste.

L'être humain qui ne prend plus le temps et l'espace de cette écoute en arrive sans doute à considérer l'oiseau comme un être rare, comme un des derniers symboles de la nature. Ses préoccupations ne vont guère dans le sens de la découverte de musiques et chants dont les oiseaux seraient les muses. Pire, l'idée même qu'un tel corpus puisse exister lui paraît incongrue, dépassée. Mais que l'oiseau l'inspire, lui, dans ses créations musicales est une notion peut-être encore possible. Le volatile y sera cependant réduit à un rêve, un symbole simpliste d'un monde qui s'efface, une référence légère à la nature qu'on évoque en parlant des arbres et des oiseaux. Le signifié aura souvent perdu toute attache à une culture orale ancrée dans une vie proche de cette nature, ses oiseaux et ses arbres. L'image demeure, le sens se perd ou se transforme et s'appauvrit souvent.

Alors, effectivement, il faut, en général, se tourner vers les peuples lointains ou vers notre passé et son répertoire de chansons populaires, pour comprendre l'importance des oiseaux dans les traditions orales et en apprécier l'immense diversité expressive. On verra cependant que les discographies les plus actuelles s'imposent souvent comme des témoignages poignants de traditions qui refusent de mourir parce que leurs chantres et musiciens connaissent encore le langage des oiseaux.

Comme le dit la chanteuse Quechua Luzmila Carpio dans le livret de son dernier disque consacré aux oiseaux : « Télévision, radio, technologies de l'information ? Les maîtres-oiseaux s'en étonnent : « Jadis, racontent-ils, l'humanité toute entière savait parler avec les pierres, la cascade, les arbres, les insectes. Elle pouvait dialoguer avec toute la nature environnante, ses temples et ses vivants piliers. Elle avait ce don et communiait avec nous. Aujourd'hui, elle est en train de devenir non seulement aveugle, mais aussi sourde et muette ». Et pour qu'on ne se méprenne pas sur la démarche de Luzmila Carpio, rappelons que c'est elle aussi qui disait « un peuple qui ne chante pas est un peuple mort » ! !

 

1.Environnement sonore.

 

Edmund Carpenter écrivait, à propos des Inuit, « la tradition orale est si importante dans ces sociétés que la vue passe après l'ouïe. Ils ont une perception de l'espace qui se fait plus par l'oreille que par la vue. Là où nous dirions « voyons ce que nous pouvons entendre », eux diraient « écoutons ce qu'on peut voir ». (voir note 1).

L'écoute est le secret non seulement des Inuit mais de tout peuple chasseur, pêcheur et même éleveur. Entendre, percevoir, écouter, discerner le son, est essentiel, non seulement pour chasser mais aussi pour entendre qui approche, quelle menace rôde ou tout simplement pour savoir où l'on se situe soi-même dans un ensemble de bruits dont chacun a une signification. Comme l'explique Steven Feld dans la notice du disque « Voices of the rain forest », la forêt tropicale est un ensemble de « rythmes venant des oiseaux, des criquets, des grenouilles, c'est la pulsation de la pluie, des ruisseaux et des torrents. C'est un environnement sonore dense et incessant, avec lequel les Kaluli chantent et font leurs propres rythmes, en utilisant les percussions primaires que sont le bambou, les branches de palmes, les pierres, les machettes ou les haches. Les Kaluli se considèrent eux-mêmes comme étant des « voix de la forêt ». Ils chantent avec les oiseaux, les insectes, l'eau. Et quand les Kaluli chantent avec eux, ils chantent comme eux. La nature est de la musique aux oreilles des Kaluli et la musique des Kaluli est naturellement une partie de cet environnement sonore ». Ce faisant, Feld démontre que la forêt tropicale (en Papouasie Nouvelle Guinée dans ce cas) est un endroit où ne règne jamais le silence ! Et dans cette absence de silence, les oiseaux prennent leur place, suivis par les hommes qui dialoguent avec la nature, notamment en l'imitant.

 

« L'homme diffère des autres animaux en ce qu'il est très apte à l'imitation et c'est au moyen de celle-ci qu'il acquiert ses premières connaissances » disait Aristote (Poétique, 144b, 6-8) (voir note 2).

 

Avant de chanter, avant d'inventer toute notion de musique, l'homme a d'abord été un imitateur. Survie oblige. Entre la peur, la faim, le respect, le culte, ensembles de notions étroitement mêlées et reliées par l'animisme de la plupart de ces peuples, s'est dressée la voix, instrument indispensable pour prendre sa place, dire merci à l'animal, le convaincre d'approcher, le tromper, simplement l'imiter pour le saluer ou l'honorer, ou encore pour lui échapper. Chez les Tuva de Sibérie, imiter signifie littéralement se mettre dans la bile de celui qu'on imite, c'est à dire pénétrer au plus profond de l'essence même de l'autre créature (voir note 3). L'homme a commencé à imiter la nature et ses espèces avec la voix. Il a tôt fait de lui trouver quelques palliatifs fabriqués d'écorce, de feuilles, de branches ou d'herbes qui lui permirent parfois d'être plus proche encore du son voulu. Les divers premiers appeaux ont dû voir le jour au fil des besoins et des traits de génie du chasseur.

Mais à force d'observer les animaux, les hommes n'ont pas seulement appris à les chasser, les pêcher ou les élever, ils ont d'abord appris à les craindre, les vénérer, les admirer. Les sons émis par les oiseaux ne sont pas entrés seuls dans le catalogue sonore des expressions humaines. Ils y ont pénétré avec un ensemble de croyances et de mythes fondés sur les observations faites et les mystères incompris. Ainsi, il est évident, à travers le monde, que les oiseaux sont parmi les animaux les plus admirés. Parce qu'ils volent, parce qu'ils paraissent insouciants et libres. Parce qu'ils s'élèvent vers le monde supérieur et peuvent être les intercesseurs entre celui-ci et celui-là. Parce qu'ils ont des comportements révélateurs, annonciateurs, soit des cycles saisonniers, soit des changements de temps, soit de dangers approchants, etc.   Partout, chaque oiseau prend sa place, aussi important qu'un chapitre dans un manuel de la vie en forêt, en toundra, en taïga. Chacun se consulte comme un chapitre de la tradition orale. Les oiseaux ont un savoir et un pouvoir qui forcent le respect. Ils ont, dès lors, un pouvoir spirituel qui s'impose à l'homme. Celui-ci leur élève des totems, se pare de leurs plus belles plumes, s'inspire de leurs chants pour chanter lui-même et les imite en dansant.

 

Nombreux sont les mythes remontant à la nuit des temps et dans lesquels certains oiseaux jouent un   rôle essentiel. Notamment dans les mythes de la création ou dans ceux qui président à certains rites d'initiation. Certains de ces mythes vont jusqu'à associer les oiseaux et la naissance de la musique. Il est un mythe inuit qui dit que ce sont les oiseaux qui apprirent le chant ou la danse aux Inuit. Les notes posthumes de Rasmussen expliquent qu'en Alaska les aigles apprirent aux Inuit la danse, le chant et le maniement du tambour (voir note 4). Comment s'étonner alors si l'on retrouve des imitations de cris d'oies sauvages jusque dans les chants de gorge des Inuit ? Et de se rendre compte même que ces cris sont une des bases, un motif sonore récurrent, comme un des éléments techniques de ces mêmes chants de gorge ou kattajait. Exactement comme à des milliers de kilomètres de là, dans l'Arctique sibérien, les Even, les Tchoukchtes, les Korjak imitent et chantent divers canards et oiseaux. Dans ce vaste monde qui relie chaman et chasseurs, les sons des animaux sont constamment présents, dits, raclés, éructés, criés ou chantés. Chez les Yakoutes et les peuples d'Asie Centrale, c'est souvent la guimbarde qui prend le relais de la voix. Mais il est de bon ton de mêler à son jeu quelques onomatopées imitant l'alouette, le coucou ou l'oie. Le coucou, là comme en Europe, est cet animal chargé de symbole, annonciateur du printemps.   On l'entend souvent dans le jeu des meilleurs joueurs de guimbarde. En Sibérie comme en Alaska, il est de nombreuses danses où l'on mime les mouvements d'un corbeau ou de tout autre oiseau. Chez les peuples d'Amazonie, comme les Wayapi de Guyane, on pratique les danses des oiseaux selon le mythe qui raconte que les oiseaux dansèrent toute la nuit après avoir choisi les couleurs de leurs plumes. Dans les contrées arctiques encore, le joik, chant des Sames de Laponie, si habile à décrire mélodiquement le caractère d'un membre de la communauté, peut aussi être lancé pour décrire le troupeau de rennes, un loup, un renard ou un oiseau tel que le lagopède. Exactement, pourrait-on dire, de la même manière que les Basques qui chantent l'aigle ou l'épervier avec ce chant appelé basa ahaideak, véritable vocalisation de la fascination de l'homme face au vol du rapace.

 

Aujourd'hui encore, de par le monde, les hommes et femmes vivant au contact quotidien de la terre possèdent dans leurs catalogues de sons ce que les oiseaux leur ont appris ou inspirés. Et chacun de ces sons est resté chargé de sens. On ne peut dire si c'est l'homme qui a accueilli l'oiseau et son univers dans sa musique ou si c'est l'oiseau qui a ouvert en l'homme une part non négligeable de son univers musical. Toujours est-il que ni l'oiseau ni les mythes, symboles et croyances qui lui sont liés, ne sont sortis des traditions de ces peuples. Au contraire, à une époque où la plupart des Natifs de la planète doivent mener une lutte incessante pour sauver l'essentiel de leur environnement et de leur culture, leurs artistes s'emploient volontiers à garder le lien avec le monde des oiseaux. Les Sames aiment s'enregistrer dans la nature, parmi les chants des mouettes, goélands, macareux ou fous de bassan, comme si leur joik s'y épanouissait mieux encore. Nils-Aslak Valkeäppää, poète, chanteur et dessinateur de grand talent a même composé une symphonie des oiseaux. Une œuvre étonnante dont les différentes espèces de la gente ailée sont les musiciens tandis que Valkeäppää n'est que l'organisateur, le chef d'orchestre, des chants qu'ils lui ont confiés. Tout fut enregistré dans la nature lapone, les oiseaux étant les solistes, les cordes et les chœurs d'un ensemble dont les vents jouent leur propre rôle, au naturel, tandis que l'eau et l'orage fournissent   les percussions et quelques insectes les bourdons. Cet hommage vibrant d'un homme à son environnement n'est pas innocent et, en même temps, il élève la technique de prise de sons naturels au rang de la composition et de l'imagination. Evidemment, il y ajoute, parcimonieusement, sa trace : par son chant et par les clochettes et autres bruits de déplacements des rennes. Dans cette symphonie, viennent soudain, après trente minutes de chants d'oiseaux, les voix des Sames, majestueusement en symbiose avec cette nature et avec les grognements des rennes. Mais les hommes et les rennes ne font que passer, toujours en transhumance, tandis que les oiseaux continuent d'occuper le terrain, reprenant l'espace brièvement envahi par la voix du chanteur menant son troupeau. Certains ont l'air de reprendre leur conversation où ils l'avaient laissée, acceptant cependant d'y recevoir à nouveau le joik de Nils-Aslak Valkeäppää et Ingor Ante Ailu Gaup en fin de symphonie, comme pour rappeler qu'en cet endroit du monde l'homme et l'oiseau vivent la même passion, celle d'une nature où le chant le plus simple se laisse porter par les vents sans qu'il soit besoin de mots ou de phrases.

 

D'une autre manière, Luzmila Carpio, déjà citée, consacre son second CD aux mêmes animaux. Le condor d'abord, messager des hommes vers le père soleil. La population aviaire dans son entier, ensuite, avec cette étonnante pièce intitulée « Le présage des oiseaux ». Une pièce où se succèdent divers mimologismes, parce que dans l'Altiplano comme ailleurs, il semble que dans le langage de chaque animal l'homme soit arrivé à décoder une série de messages qui lui apparaissent comme des signaux, des avis ou des mises en garde. L'oiseau des champs crie « Papaw chik chik, chik, chik », pour annoncer que les pommes de terre sont grosses et que bientôt viendront les récoltes. Parfois, en période de sécheresse, on attend avec impatience que le chiwanku imite la pluie en faisant « chulluchiy, chulluchiy dirichu », pour que tombe l'eau du ciel (voir pochette du CD de L. Carpio). Et la chanteuse de reprendre ces mimologismes de sa voix, de se faire chanteuse et oiseau, voix humaine et voix du ciel.

Et du nord au sud, comme d'est en ouest, on retrouve dans les discographies des minorités ethniques, autant d'hommages vibrants, de salutations musicales, d'imitations ou de discrètes allusions au monde des oiseaux.

Combien d'instruments, combien de flûtes, sont-ils censés imiter un oiseau ? Combien de chants, de danses, de rites accompagnés de musiques, font-ils référence aux animaux du ciel ? Si l'art africain lui fait si souvent référence, c'est que l'oiseau y est souvent symbole de fécondité, de puissance, de vie. Et comme dans les chanteflables des Pygmées, il est souvent un oiseau qui endosse le rôle d'un personnage important. Les Aborigènes d'Australie imitent l'émeu dans leurs danses tandis que le didgeridoo reprend le chant du kookaburra. Combien de fois les Indiens des forêts d'Amérique du Nord ou du Canada n'ont-ils pas enregistré le huard, canard mythique, en ouverture à leurs chants ou jeux de flûte ? A l'autre bout du monde, les ‘Are'Are et autres peuples des îles Salomon ont des répertoires musicaux qui regorgent de références aux oiseaux, lesquels sont souvent imités par des ensembles de flûtes de pan (qu'il s'agisse du coq, du perroquet ou de dizaines d'autres oiseaux et animaux).

 

Les exemples sont sans doute aussi nombreux que le sont les peuples. Il serait dès lors plus simple de conclure cette première partie en disant que seul un peuple qui aurait vécu dans un environnement dépourvu d'oiseaux aurait pu se créer un répertoire d'expression complètement exempt d'allusions à ces animaux !

 

Oiseau symbole, oiseau métaphore