Anne-Sophie De Sutter, Médiathécaire Musique du Monde
Longue d'une dizaine de milliers de kilomètres, la route de la soie
est le lien entre l'Orient et l'Occident, la voie où cheminèrent,
au fil des âges et des caravanes, les grands courants d'échanges
et de pensée entre l'Empire du Milieu et la Méditerranée.
Ce sont en fait plusieurs routes qui traversaient l'Eurasie. Commençant
dans la capitale chinoise, Chan'gan (Xian), passant par les hauts plateaux du
désert de Gobi, aux confins du monde chinois, la route se séparait
pour traverser le désert du Taklamakan. Elle redevenait unique dans les
steppes d'Asie centrale, pour aboutir sur les rivages orientaux de la Méditerranée,
à Antioche ou Tyr par exemple.
Déjà au IV e siècle av. J.-C., au moment des expéditions
d'Alexandre le Grand en Asie centrale, la soie chinoise était connue
dans le monde méditerranéen. Quelques périodes importantes
pour la route de la soie furent la dynastie chinoise des Han (206 av. J.-C.
– 220 ap. J.-C.), celle des Tang (618-907 ap. J.-C.) et le khanat Mongol
(XIIIe et XIVe siècles).

La route de la soie fut tout autant une route marchande, celle des épices, du papier ou de la porcelaine, qu'une voie d'échanges intellectuels, religieux ou techniques. Les formes musicales et les instruments de musique ont également voyagé le long de la route. Les instruments à vent, à cordes et à percussions de l'Est et de l'Ouest se sont influencés mutuellement.