Le chant des Indiens d'Amérique du Nord
Jadis nous étions heureux dans notre pays
et nous avions rarement faim
car en ce temps-là les bipèdes et les quadrupèdes
vivaient ensemble comme les membres d'une même famille,
et il y avait abondance pour eux et pour nous.
Mais les Wasichous sont venus et ils ont fait
de petites îles pour nous
et d'autres petites îles pour les quadrupèdes,
et ces îles sont devenues de plus en plus petites,
tandis qu'autour d'elles surgissait le flot rugissant des Wasichous.
Et c'est tout sale de mensonge et de cupidité.
(Elan Noir Parle. Le Mail 1987).
Comprendre la musique indienne est difficile si l'on ne connaît ou ne comprend rien de leur culture, de leur mode de vie et de leurs croyances. Le chant, la danse et le son du tambour ou de la flûte sont indissociables de toutes les activités sociales profanes ou religieuses du groupe. La musique est l'expression des liens qui unissent l'homme à son environnement, la nature, les animaux, les esprits, les autres Indiens, le soleil, le vent... etc. Elle est moyen de communication entre les hommes mais aussi entre eux et les esprits ou êtres sacrés.
Remercier avec le chant, prier avec les pieds.
Nathalie Curtis écrivait dans The Indian's Book : "Tous les chants ne sont pas religieux, mais il n'est guère de tâche, facile ou difficile, guère d'événement, important ou ordinaire qui n'ait une chanson correspondante. Dans presque tout mythe indien, le créateur chante les choses de la vie. Pour l'Indien, la vérité, la tradition, l'histoire et la pensée sont préservées dans le rituel de poésie et de chant. Les chants de l'homme rouge recueillent les enseignements de ses sages, les exploits de ses héros, les dires de ses prophètes, et le culte de son Dieu".
Les chants sont composés par les Indiens ou leur apparaissent dans des rêves et des visions. Les premiers sont composés pour le plaisir ou pour se donner du courage à la chasse ou au combat. Ou encore pour exprimer ses sentiments ou son appartenance à une des sociétés. Les autres chants viennent de Wakan tanka, ils sont sacrés, ils appartiennent à celui qui a reçu la vision mais celui-ci peut l'apprendre aux autres.
La danse est la "prière des pieds" (cfr. Jean Pictet « Les fils du Grand Esprit » Favre 1990), qui relie l'homme aux dieux et aux ancêtres mythiques. Toutes les danses ont un caractère sacré, elles sont une prière, une façon de demander protection, victoire, chance à la chasse. Une façon de remercier en célébrant une chasse fructueuse ou une victoire sur l'ennemi. Lorsque les missionnaires commencèrent à interdire les danses à cause de leur caractère sacré (associé à des "rites barbares" et des "pactes avec le démon"), les Indiens perdirent encore un de leurs moyens de vivre, la danse ayant toujours un côté social, politique et religieux et non simplement récréatif.
Vous chantez comme un coyote
Toute danse est accompagnée de chant, l'un et l'autre étant inséparables. Les Indiens chantent souvent haut, avec une voix de falsetto, utilisant des trilles ou trémolos. C'est de cette manière qu'ils aiment chanter, la plus proche du monde des esprits qui est aussi le vrai monde des chants. Ce chant a souvent été qualifié de "sauvage" par les Blancs. Il n'est que naturel qu'il comporte des éléments du monde sauvage puisque ses principales sources d'inspiration sont les animaux, le vent, les oiseaux, etc. Lors du passage d'une troupe de danseurs indiens en Europe, au début du siècle, ils assistèrent au concert d'une célèbre soprano, à Paris. Un des Indiens voulut lui exprimer son admiration et lui dit par interprète interposé : "vous avez une très belle voix, on dirait celle d'un coyote". C'était pour lui le plus beau compliment qu'il puisse lui faire.
Les chants ont peu de paroles, quelques syllabes ou vocables dépourvus de sens sont utilisés pour porter la mélodie, celle-ci étant l'élément le plus important. Les Indiens peuvent d'ailleurs dire de quel type de chant il s'agit rien que par l'air et le rythme. Quand certains mots sont utilisés, ils ont beaucoup d'importance et un seul mot peut être le symbole de toute une pensée qui dans notre langue demanderait une phrase entière. Un Indien à qui on demandait ce qu'il pensait des chants de l'homme blanc, aurait répondu : "ils parlent trop".
L'important est ce que le chant tout entier et la voix expriment, les mots ne sont qu'un complément. Un Indien qui chante le jour qui se lève, par un petit matin où la lumière commence à se répandre sur la prairie froide et gelée, chantera peut-être longtemps mais le chant dira simplement : "le jour pointe, regardez-le".
Les rythmes peuvent changer plusieurs fois pendant le même chant; celui du tambour n'étant d'ailleurs pas synchronisé avec celui du chant lui-même. Alice Fletcher l'expliquait, en disant que le "beat" de la frappe du tambour dirigeait les mouvements du corps tandis que les voix menaient l'émotion de la prière. Le chant étant souvent considéré comme une prière. Les Indiens d'ailleurs ne chantent jamais pour plaire à une audience mais pour le plaisir d'une participation collective.
La plupart des chants étant très courts, ils sont répétés un certain nombre de fois. Ceux de cérémonie sont en général chantés quatre fois à chaque occasion et doivent être interprétés de façon absolument correcte. Ils sont chantés à pleine force parce que les Indiens expriment la ferveur de leurs émotions. Les chants magiques ou en relation avec les pratiques religieuses ou médicales appartiennent à la cérémonie qu'ils accompagnent et sont transférés avec elle comme en faisant partie intégrante. Ce genre de chant peut véhiculer tout le pouvoir d'un homme ou d'une médecine. On raconte, par exemple, que Sitting Bull, qui était également un voyant guérisseur, sauva sa tribu un jour où les Crows avaient mis le feu à la prairie autour de leur camp. Sitting Bull fit une brève cérémonie, chanta un chant sacré et fit appel à une médecine (un sac contenant des herbes ou des pierres, un morceau d'étoffe, etc). Aussitôt, une forte tempête se déchaîna, qui stoppa le feu et mis les Crows en fuite.
Tambour et pow wow
Le tambour est un instrument sacré, unificateur, c'est pourquoi on chante en cercle autour de lui. Il est le symbole de la terre qu'il relie aux chanteurs. La frappe est le battement de cœur de la terre autant que celui de la communauté. Les hommes qui jouent le tambour bénéficient de ce lien pour être en contact avec la terre qui représente l'élément féminin, mère et femme; c'est pourquoi, en général, les femmes ne jouent pas le tambour.
Le Pow-Wow est un rassemblement intertribal des différentes nations indiennes d'Amérique du Nord. Le mot pau wau signifiait à l'origine "Homme médecine" ou faisait référence aux séances tenues par celui-ci. L'appellation désigne aujourd'hui ces immenses réunions dont le but est de danser et de célébrer les cultures indiennes. Si les danses et musiques traditionnelles des différentes nations sont pratiquées, on a vu également apparaître de nouvelles danses sociales, ouvertes à tous, qu'on pourrait appeler intertribales même si elles s'inspirent souvent des cultures des plaines. Ces pratiques sont le cadre d'une résurgence et d'une célébration de l'identité indienne; 90% des Indiens fréquentent les Pow Wow. Ces musiques sont un des seuls exemples de traditions nouvelles nées des circonstances historiques. Plutôt que d'accepter les interdictions frappant les diverses manifestations de leur différence, les Indiens ont préféré s'unir et assembler les expressions de leurs diversités culturelles pour faire face à l'envahisseur blanc. Pas de musiques réellement nouvelles mais pourtant ces pow-wow ont donné naissance à un second corps de tradition, moderne, dynamique, puisant son inspiration dans leurs traditions ancestrales, dans le système américain des Wild West shows ainsi que dans les événements politiques les plus récents.
La discographie des musiques indiennes
Les musiques indiennes et inuit sont relativement bien représentées en disques compact. Encore est-il difficile d’avoir un accès à une collection représentative de ce qui existe de par le monde. Les magasins ne présentent hélas qu’une infime fraction de cette discographie et qui plus est, de plus en plus souvent, des disques d’expressions nouvelles qui s’éloignent de la tradition de façon parfois dramatique.
La Médiathèque a rassemblé une collection globale de quelques 200 CD, sans compter une ancienne collection de disques vinyles parmi lesquels figurent un certain nombre d’enregistrements du plus haut intérêt, notamment ceux du label américain Folkways. Nous ne renseignons ici que les références de disques compact, nous invitons cependant les amateurs à consulter notre base de données et à demander accès aux anciens LP. Ceux-ci, en effet, comblent encore de très nombreuses lacunes de la discographie CD, notamment en ce qui concernent les cultures de la côte Nord-Ouest ou de l’Est en général, du Nord au Sud.
La discographie en compact, qui peut paraître abondante, doit cependant être abordée avec beaucoup de prudence. Une partie non négligeable est consacrée aux traditions et à leurs évolutions récentes, notamment vers les chants de pow-wow. Une autre partie est consacrée aux expressions nouvelles. Parmi celles-ci, on trouve beaucoup de chanteurs, créateurs de chansons à texte qui peuvent être d’un grand intérêt. Ces chanteurs utilisent des musiques très américaines pour s’exprimer : folk, country, rock. Les guitares rejoignent les flûtes ou percussions indiennes, lorsque celles-ci ne disparaissent pas complètement au profit des instruments du rock. Au-delà de la musique, copie conforme des vecteurs courants de la chanson américaine, ce sont les paroles et les démarches qui demandent une attention. Certains chanteurs ou poètes ont choisi cette voie pour exprimer leur mal de vivre, leur déséquilibre entre deux sociétés, leurs revendications, leurs espoirs et les valeurs de leur société – et ce même s’il peut nous paraître paradoxal de chanter les valeurs d’une société traditionnelle en utilisant, pour ce faire, les modes d’expression de la société dominante et envahissante ! ! D’autres courants actuels ont vu un développement massif du jeu des flûtes indiennes. Traditionnellement, la flûte était, chez de nombreuses Nations, un instrument de cour. L’homme amoureux composait et jouait pour celle qu’il voulait séduire. Un musicien Abénaki m’a expliqué que chez eux, le même air pouvait encore servir comme berceuse pour l’enfant né de l’union ainsi provoquée. De nombreux musiciens ont développé le répertoire traditionnel, l’ont renouvelé et augmenté de compositions personnelles. Si certains enregistrements méritent largement le détour, allant jusque allier sons de la nature et jeu de flûte simple mais traditionnel, d’autres s’égarent complètement dans un environnement new age de mauvais goût mais hélas très encouragé par un marché américain, voire mondial. Certains styles particuliers sont nés localement ; la chicken scratch music en est un exemple qui est abordé en détail ci-joint.
Nous développons dès lors ci-après une discographie sélective et relativement détaillée ou classée.
QUELQUES EXEMPLES DE MUSIQUES INDIENNES :
Anaa’ji
Cérémonie essentielle chez les Navajos du sud des USA, l’anaa’ji est le « enemyway chant » que l’on appelle aussi « squaw dance ». C’est une cérémonie destinée à purifier les Navajos, surtout les guerriers (d’où ce titre enemyway) qui auraient été en contact avec les esprits de personnes n’appartenant pas au peuple navajo. La cérémonie servait souvent à rappeler des combats importants de la mythologie de ce peuple mais elle est ensuite beaucoup utilisée pour purifier ceux qui reviennent du service militaire sous la bannière américaine et plus particulièrement encore les soldats indiens revenant des guerres à l’étranger (guerres mondiales, Vietnam...). L’anaa’ji dure plusieurs jours et nuits et implique la présence de deux groupes, celui de la personne pour qui la cérémonie a lieu et celui de la personne choisie pour officier. Plusieurs rites se suivent, parmi lesquels figurent nombre de chants et danses, la simulation de combat et l’échange de cadeaux et nourriture. Les chants et danses sont d’autant plus importants que c’est le seul moment où hommes et femmes dansent ensemble. Plusieurs types de chants sont pratiqués. On relèvera les yik’aash, chants d’échauffement (ou de cavalcades), pendant lesquels les chanteurs se balancent en chantant essentiellement des vocables dépourvus de sens. L’accompagnement se fait sur un tambour d’eau. Les danses en cercle ou « Nazhnoodahi sin » sont destinées à éloigner les mauvais esprits. On pratique aussi des two-step (joo’ashi’), des skip dances (ahlidi ahi’), ces deux derniers étant des apports récents dans le répertoire du rituel, des chants de présents (i’dil’a), chantés le deuxième et troisième matin pendant que le chaman distribue des présents. D’autres types de chants et danses font également partie de la cérémonie.
Ecoutes conseillées :
- Navajo songs, 1933-1940 (Smithsonian Folkways CDSF40403) - MD4126
- Navajo songs from Canyon de Chelly (New World Records 80406-2) - MD4127
- Creation’s journey, Native American Music (Smithsonian Folkways CDSF40410) - MD3085
Chicken Scratch Musi
Les Indiens Tohono O'odham, connus aussi sous le nom de Papago, vivent dans la région frontalière entre l'Arizona et le Mexique et ont construit une société qui a absorbé les impacts culturels venant du Mexique et des USA, et comprenant donc des éléments venus d'Europe. Ils jouent et dansent une musique qu'ils appellent waila dans leur langage (de l'espagnol "baile", danse sociale). Ce style s'est d'abord pratiqué sur le violon, la guitare et les percussions, les instruments européens ayant été importés par les missionnaires, dès avant le 19ème siècle. Par contre les danses jouées n'arrivèrent que plus tard, soit vers le milieu du siècle passé, puisqu'il s'agit des polka, mazurka, scottische et valse. La musique va rester presque exclusivement instrumentale mais va se moderniser petit à petit, notamment sous l'influence de la musique norteno de la frontière Texas-Mexique et va s'imposer sous le terme "Chicken scratch", avec une dominante d'accordéon et de saxophonne, accompagnés par basse, batterie et guitare électrique (accordéon et saxophonne sont devenus populaires dans la moitié des années 50). Le mot "chicken scratch" viendrait d'une ancienne danse qui imitait le coq grattant le sol à la recherche de nourriture et se serait dansée sur rythme de mazurka. Le répertoire actuel est composé de polkas, two-step, mazurka et cumbias; on y trouve des influences liées à la musique qui fut d'abord jouée au violon, ainsi que des airs mexicains et des airs populaires américains. Une danse fréquemment jouée est la chote, souvent influencée par des airs mexicains mais jouée sur le rythme de la scottische - le terme chote est d'ailleurs le mot indien pour scottische. Les airs populaires, folk et rock, américains, se retrouvent souvent transformés en waila (polka) et y perdent d'ailleurs leur nom au profit d'un nouveau. Le chicken scratch est joué pour les fêtes, mariages, naissances et les nuits de danses (piest). Les pas de danses ont en général été adaptés à cause de la chaleur écrasante du sud des Etats-Unis, il s'agit souvent d'une sorte de polka marchée. Malgré les points communs avec le norteno, le waila ou chicken scratch est un style unique, il est rarement chanté et le tempo des danses est quelque peu différent. C'est une des très rares musiques indiennes jouée à l'accordéon.
Ecoutes conseillées :
- Borderlands. From conjunto to Chicken scratch. (Smithsonian/Folkways SFCD40418) - MA5190
- Southern Scratch "Waila of the Tohono O'odham (Canyon Records CR-8097) - MD5750
Ghost dance
Vers la fin des années 1880, une nouvelle religion est née chez les Indiens d’Amérique du Nord, inspirée par Wovoka, prophète de la nation Paiute. Selon les prophéties, le bison reviendrait courir sur les prairies indiennes, les Blancs devraient quitter le pays et même les ancêtres disparus pourraient renaître. La ghost dance (danse de l’esprit) était la manifestation ritualisée de ce culte qui s’est répandu à travers les nations indiennes, notamment les Indiens des plaines décimés par les guerres et à la recherche d’un espoir nouveau. Beaucoup entraient en transe pendant ces danses, y trouvant confirmation des prophéties annoncées. La danse se fait en cercle, les danseurs faisant face au centre. Ils avancent par petits pas rapides, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Tous chantent, accompagnés par des hochets. La danse fut interdite par les Blancs et les leaders spirituels emprisonnés. On la dansa alors en secret à travers les USA. C’est cependant la pratique de la ghost dance qui fut à l’origine du massacre de Wounded Knee le 29 décembre 1890, l’armée américaine massacrant hommes, femmes et enfants, sous prétexte que la ghost dance était dansée en cette réserve de Pine Ridge. La ghost dance sera remplacée par d’autres religions: le culte du peyote, des religions implantées ou le retour à la sun dance. La ghost dance est néanmoins encore dansée et fait partie du répertoire de certains groupes de pow wow.
Ecoutes conseillées :
- Sounds of Indian America, Plains and Southwest (Indian House IH9501) - MD3073
Okushareh
L’okushareh est la danse de la tortue (turtle dance) des Indiens Tewa du pueblo de San Juan, dans l’état du Nouveau Mexique. Danse religieuse qui a lieu annuellement au solstice d’hiver (le 26 décembre), elle marque le passage d’une année à l’autre. La cérémonie est destinée à remercier pour l’année écoulée et demander de bonnes cultures et une bonne santé ainsi que la protection du groupe pour l’année à venir. La danse est celle de la tortue parce que l’animal est réputé être le premier à sortir de son hibernation mais également, selon les Indiens eux-mêmes, parce que sa carapace en fait un symbole de protection. Les danses et chants sont répétés quatre fois à travers le village (la dernière exécution étant faite dans la kiva ou chambre de cérémonie). Les danseurs évoluent sur une ligne, épaule contre épaule. Ils chantent et jouent des hochets tenus en main, d’autres étant fixés à leurs genoux. Les textes des chants ont beaucoup d’importance. Ils respectent une structure traditionnelle ancestrale mais leurs paroles sont revues chaque année et recomposées pour fêter le passage de l’année avec un vocabulaire adapté. On y célèbre la jeunesse, la création, la nature, l’eau, la fertilité...; on y accueille les esprits. L’okushareh est toujours pratiqué.
Ecoutes conseillées :
- Turtle dance songs of San Juan Pueblo (Indian House IH1101) - MD4138
- Okushareh, turtle dance songs of San Juan Pueblo (New World Records 80301-2) - MD4128
Peyote songs
Ce qu’on appelle la Native American Church ou Eglise du peyote est une religion indienne qui remonte à l’époque pré-colombienne au Mexique. Parti de ce pays où la mastication des boutons de ce cactus hallucinogène jouait un rôle capital, ce culte a d’abord atteint les Kiowa et les Apaches puis s’est répandu dans la plupart des tribus des USA. Depuis la moitié du XIXème siècle, cette religion est donc une religion inter-tribale qui a pris de plus en plus d’ampleur au point de devenir le mouvement religieux indien le plus important. Les cérémonies sont centrées sur le peyote dont on absorbe toujours certaines parties en guise de sacrement. Il provoque une sensation de bien-être ou des hallucinations au cour desquelles le «Père Peyote » répond aux prières de ses fidèles. Pendant ces cérémonies, sont pratiqués divers chants, prières et discours, accompagnés d’un tambour d’eau et d’un hochet. Les chants sont groupés par quatre. Beaucoup de chants différents existent et sont encore créés aujourd’hui; ils font le tour des communautés. Quatre d’entre eux sont connus de tous, ils sont entonnés par les leader au début de la cérémonie, puis à minuit, à l’aube et à la fin du rite. On découvre parfois dans ce culte certains éléments de la religion chrétienne qui y furent parfaitement intégrés. Le culte du peyote est, en effet, une religion destinée à regrouper les différentes Nations face aux Blancs, mais également une philosophie de rapprochement ou de conciliation avec ceux-ci. Les chants liés à cette Eglise peuvent être interprétés en dehors de toute cérémonie. Certains Indiens du Mexique pratiquent également des cérémonies du peyote.
Ecoutes conseillées :
- Primeaux & Mike : Walk in beauty, healing songs of the Native American Church (Canyon Records CR-16304) - MD5671
- Peyote ceremony. Indian ritual music (Jonkey Music JM8112-2) - MD3077
- Billie Nez : Peyote songs from Navajoland (Spalax CD14283) - MD5510
- Primeaux, Mike & Attson : Healing and peyote songs in Sioux and Navajo (Canyon Records CR16302) - MD5670
- Musica y canto ceremonial Huichol, mother eagle Kaili Huichol sacred music (NO-CD Rekords CDNO13) - MD6072
Sun dance
La sun dance (danse du soleil) était pratiquée annuellement par la plupart des tribus des Indiens des Plaines, et ce jusqu’à la fin du XIXème siècle. Il s’agissait d’un événement spirituel et religieux essentiel pour lequel les différentes bandes d’une même nation se réunissaient durant l’été. C’était une cérémonie du renouveau, avec prières dédiées au cycle de la vie, des hommes, des animaux, plantes, etc. Certains danseurs consentaient d’importants sacrifices en offrande aux esprits. Ils dansaient plusieurs jours et nuits sans boire ni manger. D’autres se perforaient la poitrine (ou le dos) et dansaient attachés à un mât jusqu’à ce que les sangles reliant celui-ci à leur poitrine ouvrent leurs blessures et les projettent sur le sol. Ces mutilations étaient une mortification destinée à attirer l’attention et la pitié du créateur. Les danseurs se mettaient dans un état propice aux visions dont l’interprétation était essentielle. Le chant était fourni par divers chanteurs tandis que les danseurs sifflaient dans de petits instruments taillés dans des os d’aigle. Cette danse était un événement essentiel aussi parce qu’elle unissait les groupes et leur donnait force et courage pour lutter. Elle fut dès lors interdite, tant par les autorités que par les missionnaires. Elle se pratiqua alors clandestinement. Aujourd’hui que cette interdiction a été levée, beaucoup de groupes sont revenus à cette tradition, avec certaines différences dans la pratique selon les endroits et les cultures.
Ecoutes conseillées :
- Sounds of Indian America, Plains and Southwest (Indian House IH9501) - MD3073
- Authentic music of the American Indian (Legacy International CD312 ou Spalax 14889) - MD3080
Yeibichei
Chez les Indiens Navajo, il existe un ensemble de cérémonies durant lesquelles les chants yeibichei sont chantés par des groupes de danseurs masqués représentant les esprits guidés par Ye’ii Bicheii, le grand père des dieux. Les cérémonies se déroulent sur plusieurs nuits, avec répétitions obligatoires de rites et de chants, parce que ces répétitions sont essentielles pour guérir la personne pour laquelle la cérémonie se déroule. On chante, danse, prie, on réalise des peintures de sable. Les chants, accompagnés de hochets, sont assez hypnotiques et dramatiques. Les chanteurs montent dans les aigus, utilisent le falsetto, puis redescendent. Les dieux s’expriment par les chants dont les textes sont des vocables sans signification. Un des danseurs joue le rôle du fou ou du clown, distrayant, imitant, faisant rire l’assemblée. Aujourd’hui, le yeibichei est également pratiqué pour son rôle culturel et esthétique, en dehors de toute cérémonie.
Ecoutes conseillées :
- Navajo songs, recorded by Laura Boulton in 1933 and 1940 (Smithsonian Folkways CDSF40403) - MD4126
- Night and daylight yeibichei (Indian House IH1502) - MD4142
DISCOGRAPHIE GENERALE, disques conseillés :
Anthologies de musiques traditionnelles
- Songs of earth, water, fire and sky. Recorded and annotated by Charlotte Heth. San Juan Pueblo, Seneca, Northern Arapaho, Northern Plains, Creek, Yurok, Navajo, Cherokee, Southern Plains. (New World records 80246-2) - MD3071
- Sounds of Indian America / Plains & Southwest. Recorded live at the Gallup Inter-tribal ceremonial. (Indian House IH9501) - MD3073
- Songs and dances of the Eastern Indians from Medicine Spring. Songs and dances of the Eastern Indians from Medicine Spring & Allegany. Musiques des Cherokee, Creek, Natchez, Seneca. (New World Records 80337-2) - MD3076
- American Indian ceremonial and war dances (Spalax 14861) - MD3079
- Authentic music of the American Indian (Legacy International COCD312) - MD3080
- Creation’s journey : Native American music. Musiques des Indiens d'Amérique du Nord, du Mexique et de Bolivie : Blackfeet, Comanche, Navajo, Apache, Tewa, Seneca, Micmac, Cherokee, Yupik, Kwakiutl, Aymara et Zapotec. Ce CD offre des musiques sociales, cérémonielles et contemporaines. On y retrouve certains chants pratiqués en pow-wow, des airs de violon joués par les Micmac du Canada, des hymnes baptistes chantés par les Cherokee, des chants des Eskimos Yupik d'Alaska, des chants agraires Aymara et une danse jouée par une fanfare de rue Zapotèque du Mexique. (Smithsonian/Folkways CDSF40410) - MD3085
- American Indian dances : Apache, Sioux, Navaho...Navaho, Sioux, Apache, San Ildefonso, Zuni, Flathead, Canadians Plains & Plains. Enregistrements de Smithsonian/Folkways. (Arc Music EUCD1317) - MD3089
- Heartbeat : Voices of first Nations women (Smithsonian/Folkways SFCD40415) - MD3090
- Heartbeat 2 : More voices of first Nations women. Nations Kashaya Pomo, Salish, Aléoute, Yupik, Ojibwa, Inuit, Wabanaki, Kiowa, Lakota, Cree, Navajo, Paiute, Muskogee. (Smithsonian/Folkways SFCD40455) - MD3100
- Hearts of the Nations, Aboriginal women’s voices (Sweet Grass Records AWVbanff97) - MD3105
- Dancing spirit: native American songs and dances. Musiques Mohawk, Lakota, Hopi. (Oreade ORW5485-2) - MD3097
- American Indian Dance Theatre. Le répertoire de la plupart des plages est un medley intertribal donnant souvent les versions de différentes tribus sur le même thème. Les expressions tribales présentes appartiennent aux Apaches, Zuni, Dakota, et la plupart des tribus des Plaines. (Buda 82431-2) - MD4200
Pow Wow :
- Gathering of Nations Pow-Wow 1992 (Soar 144) - MD3082
- Honor the Earth Pow-Wow (Rykodisc RCD 10199) - MD3690
- Grayhorse Singers : shake it up (Soar 148) - MD4731
- Pow Wow Wow Gathering of Nations (Spalax CD14284) - MD3078
- The Badland Singers (Indian House IH4109) - MD4245
- The Cathedral Lake Singers (SOAR116) - MD4410
- The Cathedral Lake Singers (SOAR 142) - MD4411
- Pow Wow Songs : Music of the Plains Indians (New World Record 80343-2) - MD3915
- Tribal gatherings, Native American Inter-tribal Music (Music of the World MOW154) - MD3104
- United Tribes : Powwow Volume 1 (Spalax 14942) - MD3092
- United Tribes : Powwow Volume2 (Spalax 14943) - MD3093
- Arawak Mountain Singers : Feel the thunder. Pow-wow drumming and singing from New York State.Groupe comprenant des Indiens Taino-Arawak, Pueblos et Jicarilla Apache.(SOAR 167) - MD4220
- TheBadland Singers: Live at Santa Fe (Indian House IH4109) - MD4245
- The Black Lodge Singers : Pow wow highway songs (Soar 125) - MD4270
- The Black Lodge Singers : Pow wow people (Soar 150) - MD4271
- Eagleheart singers & drummers: Songs from mother earth (Holborne AAPCD004) - MD4635
- Ironwood Singers : Live at Rosebud Fair (Indian House IH4321) - MD4980
Indiens du Nord (Sub-Arctique, Est, Ouest) :
- Allegany River singers : Social dance songs of the Iroquois (JVC VICG60019) - MD4194
- The Dawnland Singers : Alnobak. Chants des Indiens Abenaki. (Good Minds Records) - MD4195
- The best Cree fiddle players of James Bay (Hughboy Compact) - MD3623
- A Northern Christmas. Chants inuit, cree, slavey et selkirk. (Inukshuk Production IPCD1296) - MD3208
- Northern Cree singers : Come and dance (Canyon CR6246) - MD5600
- Starblanket Jr's : Get up and dance ! Indiens Cree du Saskatchewan. (Canyon CR6268) - MD5770
Indiens des Plaines :
- Plains Chippewa : Metis music from Turtle Mountain. A cross section of traditional music currently played on the Turtle mountain reservation of North Dakota. (Smithsonian/Folkways CDSF40411) - MD3913
- Takini : Musique et chants des Lakota Sioux. Chants et flûte des Sioux Lakota, célébration des événements de la vie quotidienne. Les jeunes chanteurs présents ici s'inspirent toujours de la tradition et des chants transmis de manière orale par les familles, ils y ajoutent leurs propres compositions par lesquelles ils expriment également leur identité Lakota. Cette musique est d'autant plus vivante qu'elle est encore pratiquée couramment dans les pow-wow; les chants les plus anciens étant destinés à honorer les ancêtres et les traditions. (Chant du Monde CMT2741000) - MD3922
- Earl Bullhead : Lakota songs, walking the red road. (Spalax 14871) - MD4355
- Earl Bullhead : Keeper of the drum (Soar 164) - MD4356
- Sissy Goodhouse : The third circle (Spalax 14936) - MD4725
- Grayhorse singers : Gourd talkers. Kiowa gourd dance songs. (Soar 143) - MD4730
- Grayhorse singers : Shake it up (Soar 148) - MD4731
- Cornell Pewewardy & the Alliance West Singers : Dancing Buffalo (Music of the World CDT130) MD5656. Chants et flute Kiowa et Comanche des Plaines du Sud. - MD5657
- Cornell Pewewardy : Spirit journey (Spalax 14870) - MD5657. Chants Comanche/Kiowa.
- Standing rock : Spirit of song (Spalax 14944) - MD5765. Chants Lakota.
Quelques autres groupes de pow wow des Plaines :
- Yellowhammer : Live at Hollywood (Indian House IH2016) - MD3923
- Southern Thunder : From the heart Vol.1 (Indian House IH2083) - MD3924
- Rose Hill : Live at Hinckley (Indian House IH2101) - MD3925
Grand Bassin, Californie, Sud-Ouest, Pueblos :
- Songs of love, luck, animals and magic / Yurok & Tolowa Indians. (New World records 80297-2) - MD3991
- Songs of the Navajo (JVC VICG5334) - MD4140
- Music of New Mexico : Native American Tradition. Excellente introduction aux musiques actuelles des nations indiennes du Sud-Ouest des USA : Zuni, Navajos et Indiens de divers pueblos. Les enregistrements sont récents et proposent également de nouvelles chansons interprétées soit dans le moule traditionnel, soit dans un style folk song. (Smithsonian/Folkways CDSF40408) - MD4125
- Navajo songs. Enregistrements: Laura Boulton. (Smithsonian/Folkways CDSF40403) - MD4126
- Navajo songs from Canyon de Chelly (New World Records 80406-2) - MD4127
- Talking spirits: Native American music from the Hopi, Zuni, Laguna & San Juan pueblos. (Music of the World CDT126) - MD4134
- Pueblo songs from San Juan (Canyon CR6065) - MD4143
- Peter Garcia & the Garcia brothers : Songs of my people (Music of the World CDT133) - MD4705
- Davis Mitchell : Navajo singer sings for you (Spalax 14287) - MD5230, MD4140
- Ed Lee Natay : Navajo singer (Canyon CR6160) - MD5380
- Wil Numkena : Hopi son (Soar 147) - MD5610. A celebration of traditional and contemporary words, songs and feelings. Hopi.
- Alph Secakuku : Songs from the fourth world (Red Feather RF1001) - MD5720. Musique Hopi.
Disques consacrés à la flûte :
- Sun Chasers : Native American flute works (Talking Taco TT121D) - MD3083
- Native flute collection (Talking Taco TT111) - MD3084
- Bryan Akipa : the flute player (Spalax 14941) - MD4190
- Keith Bear : Echoes of the Upper Missouri (Spalax 14962) - MD4255
- Douglas Spotted Eagle : Canyon speak, native american flute music (Spalax 14267) - MD4550
- Douglas Spotted Eagle : Legend of the flute boy (Soar 115) - MD4551
- Joseph Fire Crow : Northern Cheyenne flute (Spalax 14995) - MD4670
- Kevin Locke : Love songs of the Lakota (Indian House IH4315) - MD5062
- Kevin Locke : The flash of the mirror (Spalax 14937) - MD5063
- Tom Mauchahty-Ware : Flute songs of the Kiowa and Comanche (Indian House IH2512) - MD5140
- R. Carlos Nakai : Desert dance (Celestial Harmonies 13033-2) - MD5371
- R. Carlos Nakai : Songs of the rainbow world (Canyon CR609) - MD5372
- R. Carlos Nakai : Sundance season (Celestial Harmonies 13024-2) - MD5373
- R. Carlos Nakai : Winter dreams for Christmas (Canyon CR7007) - MD5374
- Lean Sonny Navaquaya : Spirit of the flute (Ancient Sun Music ASM202CD) - MD5450
- TSA'NE DOS'E : Moon spirits, native american flute music (Soar 159) - MD5800. Indien Tuscarora (Saponi).
- Andrew Vasquez : Kiowa Apache music (Spalax 14996) - MD5815
Disques de chansons nouvelles au contenu intéressant :
Folk songs, country songs, rock, rap, textes parlés et chantés :
- In the spirit of Crazy Horse: Songs for Leonard Peltier (Four Winds Trading Company) - MD3091
- Tribal Voices: Songs from Native Americans (Earthbeat Records R272538) - MD3095
- American warriors: Songs for Indian Veterans (Rykodisc RCD10370) - MD3096
- Jerry Alfred & the Medicine Beat : Etsi shon- grandfather song (Red House records RHRCD93) - MD4192
- Jerry Alfred & the Medicine Beat : Nendaä-go back (Red House Records RHRCD97) - MD4193
- Buddy Red Bow : Black Hills dreamer. Chanteur Sioux Lakota, country rock songs. (Tatanka TRCD41022) - MD4340
- Sharon Burch : Yazzie girl (Canyon CR534) - MD4370
- Sharon Burch : Touch the sweet earth (Canyon CR535) - MD4371
- Robert Tree Cody : Dream from the grandfather (Canyon CR554) - MD4510
- Robert Tree Cody :Young eagle’s flight (Canyon CR 553) - MD4511
- Willie Dunn : Akwesasne notes (Trikont US00032-2) - MD4610
- Willie Dunn : The Pacific (Trikont US00075-2) - MD4611
- ndian Nation: Red Power. Rock and rap songs, sampling. (WMD 362004) - MD4960
- Kashtin : Innu (Kashtin PPFLC2011) - MD5030
- Kashtin (Georges Mary 260415) - MD5031
- Kashtin : Akua Tuta (Columbia CK80209) - MD5032
- Claude McKenzie : Innu town (Musicor PPFC2018) - MD5155
- Bill Miller : The red road (Warner Western 945324-2) - MD5200
- Bill Miller : Raven in the snow (Reprise records 945991-2) - MD5201
- Bill Miller : Loon, mountain and moon (Rosebud RR103) - MD5203
- Bill Miller & Robert Mirabal : Native suite (Warner Western 945858-2) - MD5204
- A. Paul Ortega & Joanne Shenandoah : Loving ways (Canyon CR546) - MD5620. Paul Ortega est Mescalero Apache, Joanne Shenandoah est Oneida Iroquois.
- Joanne Shenandoah (Canyon CR545) - MD5730
- Joanne Shenandoah : Once in a red moon (Canyon CR548) - MD5731
- Joanne Shenandoah : Life blood (Silver Wave SD809) - MD5732
- Joanne Shenandoah : Matriarch, Iroquois women’s songs (Silver Wave SD913) - MD5733
- John Trudell : Grafitti man (Rykodisc RCD10223) - MD5780
- John Trudell : Johnny Damas and me (Rykodisc 10286) - MD5781
- Floyd Westerman : The land is your mother – Custer died for your sins (Trikont US00170-2) - MD5851
- Without Rezervation : Are you ready for W.O.R. ? (Canyon CR7035) - MD5890. Rap amérindien.
- Xit : Plight of the redman (Spalax 542089) - MD5920
- Xit : Silent warrior (Soar 102) - MD5921
- Xit : Relocation (Spalax 14868) - MD5922
Quelques disques de rencontres entre artistes, poètes, musiciens amérindiens et artistes occidentaux :
- Tony Hymas : Oyate (Nato 112118) - MD4820
- Tony Hymas & Barney Bush: Remake of the american dream Vol.1 (Nato 53012-2) - MD4890
- Tony Hymas & Barney Bush: Remake of the american dream Vol.2 (Nato 53013-2) - MD4891
- Tony Hymas & Barney Bush: A sense of journey (Nato 112010) - MD4893
Etienne Bours
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