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L'Angola : oublié entre le Portugal et le Brésil

 

Curieusement, la discographie internationale ne prête guère attention aux musiques traditionnelles des peuples de l’Angola. Certains LP le firent pourtant, quoique timidement il est vrai. Par contre, de nombreuses traces de rythmes et chants traditionnels sont encore présents dans les différentes évolutions des musiques urbaines bien représentées sur quelques disques de qualité.
Beaucoup de chants angolais viennent encore de chants féminins traditionnels, chants funèbres, lamentations et chroniques sociales. Aujourd’hui, on les appelle lamentos, ils sont souvent nostalgiques, voire tristes ; ils ont en eux quelque chose de la saudade portugaise. On en retrouve l’essence même chez la plupart des chanteurs angolais de ces cinquante dernières années, de Mario Rui Silva à Bonga.

Quant au semba, il vient d’une évolution de rythmes traditionnels. C’est dans les années 40 que le musicien Liceu Vieira Dias va adapter et moderniser des rythmes comme le kazukuta et le masemba. Ce dernier était d’ailleurs déjà un mélange de danses des Kimbundu avec des éléments venant des contredanses et quadrilles européens, il s’appellera rebita dans les années 60. Le rythme semba issu de ces diverses influences et du travail de Liceu Vieira Dias demeurera une influence majeure de la musique et de la chanson angolaises avant comme après l’indépendance de 1975. Des chanteurs comme Bonga et Mario Rui Silva ont énormément travaillé sur cette base, tout en conservant de nombreuses autres influences parmi lesquelles le Brésil fut souvent très présent. Les groupes les plus récents ont continué à jouer sur cette dualité entre semba angolais et samba brésilien, comme le fait l’Orquesta os Jovens do Prenda.