On aura compris, dès l’introduction, qu’il existe de nombreuses façons de produire de la musique à plusieurs voix, celles-ci pouvant être les voix humaines mais également celles d’instruments de musique. Il suffit que les instruments solistes se partagent la mélodie et ne jouent pas tous de la même manière, dans le même ton, en même temps, pour qu’il y ait polyphonie. Les cas sont dès lors très nombreux et nous ne pouvons en rappeler que quelques-uns déjà cités plus haut, l’essentiel étant d’en retenir une discographie étonnante.
Les Banda, on l’a vu, jouent un ensemble de trompes naturelles, soit des racines vidées par les termites (comme le didjeridoo aborigène), qui sont accordées entre elles selon l’échelle pentatonique descendante. Chaque trompe n’émet qu’une seule note et fait partie d’une famille de cinq instruments, chaque famille étant un sous-groupe au sein de l’ensemble de musiciens. Ces familles sont classées entre aigu, grave, médium haut et médium grave. À ces trompes en bois s’ajoutent éventuellement des trompes en cornes d’antilope à embouchure latérale disposant d’un trou de jeu permettant de jouer des trilles. Le jeu se pratique sur des ensembles de dix à vingt instruments qui construisent entre eux d’extraordinaires polyphonies.
La technique, vocale ou instrumentale, souvent employée pour se partager, se diviser, la mélodie entre les instruments ou les voix humaines, s’appelle, assez naturellement, le hoquet.
C’est une technique qui consiste à chanter ou jouer à plusieurs, en alternance rapide, chacun produisant à son tour une ou deux notes, soit avec la voix, soit avec une flûte, une trompe, un sifflet… La succession rapide des notes jouées en hoquet forme une mélodie. Chez les Chopi de Mozambique, on joue le chimveka, chacun jouant une flûte à un seul ton. Chez les Maji d’Ethiopie, les orchestres sont composés de trompes en bois et de sifflets, chaque instrument n’émettant qu’un seul son. Les Toupouri-Kéra du Tchad, les Ingessana, Waza et Gumuz du Nil bleu au Soudan, les peuples des monts Mandara du Cameroun, et de nombreux autres peuples pratiquent ces jeux en hoquet sur des ensembles de flûtes, de trompes en bois ou en calebasses. L’instrument est réparti, divisé entre les musiciens. Des peuples comme les Pygmées en font autant dans la répartition entre les voix de leurs polyphonies. Si la polyphonie peut être en hoquet, il existe de très nombreuses autres façons de chanter à plusieurs voix. On peut le faire en canon, avec un décalage entre deux voix identiques. D’autres chants sont en tierces parallèles, à deux voix également. Les intervalles peuvent évidemment être différents. Elle peut aussi se faire en jouant sur les accords ou encore en combinant ces différentes techniques.
En Afrique, on trouvera de nombreux exemples. Certains avec tuilages des voix de solistes et de chœurs se répondant, d’autres avec des effets de hoquet et de légers yodels.
Erreur : Référence incorrecte (Attention aux espaces !)
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