Les Berbères furent les premiers occupants des territoires de l’Afrique du Nord. Le terme Berbère recouvre un ensemble de populations vivant au Maroc, en Algérie, en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Mauritanie, au Niger, au Mali et au Burkina Faso. L’Algérie est habitée par des groupes chaoui, kabyles, zénètes et touaregs. Au Maroc, vivent les Chleuhs, les Imazirhenes et les Rifains. Ils représentent 40% de la population marocaine et 20% de la population algérienne. Tandis que des pays comme la Libye, l’Egypte et la Tunisie connaissent quelques groupes berbères plus restreints. D’une manière générale, le mouvement identitaire tend à désigner l’ensemble de ces populations sous le terme d’Imazirhen.
Dans le sud-ouest du pays, les poètes chanteurs chleuh de l’Atlas
et de la région de Souss, les rwâyés et les raysat, sont
les hommes et les femmes exerçant cette activité semi-professionnelle.
Le râyes est le chef ou le maître. Le chanteur s’accompagne
sur une vièle monocorde, les autres l’accompagnant sur luth, cloche
et percussions. Ces paysans montagnards ne font leur tournée qu’à
certains moments de l’année; le reste du temps, ils retournent
à leurs tâches. Leur répertoire est complexe, comprenant
plusieurs éléments utilisables ou non selon les circonstances
de lieu, de public et de fonction. La poésie chantée par le râyes
est le seul élément indispensable. Elle a pour but d’émouvoir
sur base d’une phrase mélodique reprise par le chœur et abordant
de multiples thèmes : amour, religion, vie agraire, vie sociale mais
aussi commentaires sur les évolutions récentes de la vie des Chleuhs.
La danse est aussi un élément important dont le moment le plus
dense est le tremblement des épaules.
Chez les Berbères de l’Atlas, la danse et fête collective porte le nom de ahidus dans le nord-est (Moyen Atlas et une partie du Haut-Atlas), zone habitée par les Berabers, et le nom de ahwash dans le sud-ouest (Haut-Atlas et Anti-Atlas) où vivent les Chleuhs. Les principes sont cependant les mêmes, les différences étant formelles. L’ahidus se danse sur des rythmes à deux et cinq temps, l’ahwash étant binaire. Les joueurs de tambours ont tous un rôle identique dans l’ahidus alors que ceux de l’ahwash peuvent avoir des rôles différents. De plus, les tambours de l’ahidus ont un timbre, soit des fils tendus sur la peau du tambour allun, que n’ont pas ceux de l’ahwash. L’ahidus connaît plusieurs formes selon les groupes berabers. Il se danse en cercle ou en ligne. Un poète lance le chant, repris par le chœur, et entame une joute entre poètes chanteurs. Le registre des chanteurs est toujours aigu et la voix se fait hululante. La danse est très collective, le contexte est festif. Les chants sont repris par les chœurs.
L’ahwash des Chleuhs est une danse et une fête collective présentant
également de nombreuses variantes selon les populations et les endroits.
Cette danse se pratique principalement aux
mariages. On danse souvent la nuit dans une disposition correspondant à
la ronde en chaîne continue ou en deux chaînes ouvertes évoluant
face à face. Dans l’Anti-Atlas, on distingue l’ahwash des
hommes de celui des femmes. Dans le Haut-Atlas central, hommes et femmes chantent
et dansent ensemble. Les chants se relaient entre les deux groupes, en solo
puis en chœurs avec tambours.
Ahwash et ahidus sont les danses chantées, expressions essentielles des communautés berbères, incluant poésie, rythmes et danses.
Les populations berbères du Rif ont attiré plus d’un voyageur célèbre avec leurs musiques envoûtantes. On se souvient de la visite de Brian Jones aux musiciens de Jajouka. Le Rolling Stone fut attiré en ces lieux par ses amis poètes de la beat generation, Brion Gysin, William Burroughs et Paul Bowles et, en 1969, il enregistra sur place la matière première d’un disque qui devint mythique : «Brian Jones presents the pipes of Pan at Jajouka». Par la suite, les musiciens de ce village seront enregistrés dans de meilleures conditions puis mis à la sauce world music sous l’égide de leur nouveau chef, Bachir Attar. Mais, entre-temps, le monde des musiciens et des amateurs de musique aura eu le temps de découvrir les déferlements de ces hautbois et tambours rencontrés par Archie Shepp, Bill Laswell et à nouveau les Rolling Stones. Mais la musique de ces maîtres musiciens, telle que jouée une fois l’an, à la fin du ramadan, pour une sorte de rite de fertilité qui rappelle le culte du dieu Pan, demeure une expérience d’une force invraisemblable, véritable déchaînement des ghaïtas et des tambours.
La musique traditionnelle kabyle a depuis longtemps été
jouée par des groupes de musiciens appelés iddebalen (tebalines
en français) qui se partagent le jeu sur deux ghaïtas (hautbois),
un ou deux tambours tbel en peau de chèvre et éventuellement un
tambour sur cadre bendir. Ces ensembles jouent pour les fêtes religieuses,
les festivals, les mariages et les circoncisions… Ils sont souvent accompagnés
des youyou lancés par les femmes qui dansent en faisant trembler les
hanches.
Musique exécutée la nuit par les Berbères (les Zénètes) de la région de Gourara au sud-ouest de l’Algérie, l’ahallil se joue dans de grandes occasions comme la fête de la nativité du prophète. Les hommes se réunissent autour d’un soliste, poète et chanteur, un flûtiste et un percussionniste. Ils reprennent en chœur les chants du soliste qui aborde l’amour, la mort, mais aussi les relations entre Dieu et les hommes. Il peut aussi chanter des événements locaux, raconter des histoires d’amour ou de grands faits historiques, transmettant ainsi la tradition orale et la mémoire de la communauté.
Chez les Berbères du Moyen Atlas, les chanteuses cheikhat ont développé
un genre urbain sur base de ce qu’elles ont appris à chanter dans
leurs villages dès leur plus jeune âge. C’est une chanson
très ornementée accompagnée de luth (lutar) et de tambour
(bendir). Les cheikhat chantent une poésie qui met en scène la
vie quotidienne et la vision du monde des Berbères. C’est un langage
fort, imagé, créé par des paroliers qui ne sont pas nécessairement
les interprètes.
En Algérie, la chanson berbère de l’Aurès et la chanson kabyle des montagnes de Djurdjura ont pris une importance immense. Dans l’Aurès où vivent les groupes berbères Chaouïa, on chante la poésie sur une musique qu’on a tendance à appeler chaoui. Traditionnellement, on chante sur accompagnement de flûtes qasba et de tambours bendir. Les chanteurs les plus importants sont appelés cheikhs également, parce qu’ils ont atteint le statut de maîtres. Les chants parlent d’amour, de patriotisme, du pays berbère et de son climat…
Chez les Kabyles, la chanson s’est beaucoup développée, s’inspirant notamment du chaabi et se fondant sur une importante tradition poétique. Beaucoup de chanteurs kabyles ont engagé leurs chants dans la défense de leur peuple et de leur pays; ils sont devenus chantres de l’exil; ils ont prolongé les anciennes traditions d’izlan, chants d’amour ancestraux. Hommes et femmes ont pris chant et musique, n’hésitant pas à les moderniser, pour exprimer haut et fort l’âme d’un peuple, dans un mouvement de chanson kabyle qui s’est imposé avec autant de force que le raï algérien, sans jamais renier un immense sens de la poésie et de la métaphore. On peut aussi remarquer des évolutions semblables dans la chanson touareg actuelle où la guitare remplace volontiers le luth, comme elle le fait également au Sahara occidental, pour servir des textes actualisé
Chez les Touareg d’Algérie et de Libye, comme chez ceux
du Niger ou du Mali, la musique est souvent affaire de femmes. Celles-ci chantent,
jouent la vièle imzad et le tambour tindé. Les hommes dansent
et jouent les luths.
Le tindé est un mortier à piler le grain. Fabriqué en bois,
il peut être couvert d’une peau de chèvre et servir de percussion.
Il est donc tambour mais aussi un genre musical touareg appelé tindé,
de la même manière que le mortier ou l’instrument. Le tindé
est chant, danse et rassemblement à dimension musicale. Il est exécuté
par une soliste (plus rarement un homme) qui chante une forme poétique
parfois improvisée sur le moment même, parfois composée
auparavant et appréciée de la communauté. Ces poèmes
chantés traitent des héros, de hauts faits de guerre, de la valeur
des femmes, ou bien ils sont des chants de séduction et d’envoûtement
chantés pendant les parades des chameaux qui tournent autour des femmes
exécutant le tindé. Un chœur d’hommes et de femmes
répond à la soliste et frappe des mains. Plusieurs formes existent,
liées à divers types de fêtes ou au plaisir de chanter sans
prétexte précis.
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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