Ghana, Sierra Leone et Liberia ont été le terrain d’épanouissement de mouvements musicaux «modernes» au XXe siècle. Des musiques qui s’imposent comme autant de reflets de l’histoire et du jeu de la colonisation sur les expressions africaines.
La musique highlife est née au Ghana au début du siècle sous l’effet de diverses influences. D’une part, les musiques européennes : fanfares et cuivres militaires, chants religieux et chants de marins; d’autre part, certaines influences africaines venant du Liberia ou de Sierra Leone. Cette musique va naître dans les clubs et salles de danse fréquentés par les Européens pour agrémenter leurs soirées africaines. Ces endroits représentent un niveau de vie (highlife) auquel aspirent nombre d’Africains. Seuls les musiciens, peuvent y pénétrer à condition de jouer une musique offrant aux Européens les rythmes et ambiances voulues pour la danse. C’est une des causes de la naissance des big bands de danse highlife utilisant cuivres, guitares, section rythmique, et jouant des fox-trot, valses, ragtimes et autres danses. Mais on voit aussi apparaître des fanfares villageoises et des groupes de guitares jouant une musique moins transformée parce que moins destinée à un public blanc. Le Nigeria connut également sa vague de highlife.
Dans les années 60 et 70, le highlife s’est éclaté en styles divers sous les coups de boutoir des artistes ouverts sur le monde. On peut, pour certains d’entre eux, parler franchement d’afro-rock tant les mélodies, les jeux de guitare, les façons de chanter, voire les répertoires empruntés doivent au rock américain et anglais.
D’autre part, à l’époque où la musique highlife
commençait à se répandre, existait également une
musique jouée dans les rues et les milieux populaires. Autour d’un
vin de palme (palm wine), on jouait de la guitare et on chantait sur accompagnement
de percussions. Ce jeu de guitare acoustique serait né de la rencontre
des shanties, chants de marins européens, et des rythmes africains. Les
pionniers du genre furent sans doute les Kru de Sierra Leone et du Liberia,
peuple d’excellents marins qui opérèrent ce contact sur
les navires européens. Le style se consolida au Ghana, avec le guitariste
Kwame Asare, connu sous le nom de Jacob
Sam, qui enregistra à Londres, dans les années 20, avec son
groupe, le Kumasi
Trio. La musique palm wine se développera également en Sierra
Leone avec des guitaristes comme Ebeneezer Calendar, puis Sooliman
Ernest Rogie qui deviendra célèbre dans les années
60 et restera un des principaux protagonistes du genre. Il mélange le
style de guitare propre au palm wine, avec des influences rock et calypso. Les
influences des Caraïbes sont d’ailleurs déjà fréquentes.
Cette musique, associée à la guitare acoustique, au vin de palme
et à des chants qui parlent de la vie de tous les jours, se répandra
à travers l’Afrique, influençant de nombreux autres styles
de guitare et donnant naissance à des genres aussi importants que la
musique juju du Nigeria. Certains éléments de la musique palm
wine et du calypso seront également étoffés d’un
apport rock, soul et rhythm & blues et d’instruments électriques,
donnant naissance à ce que le guitariste Abdul
Tee Jay Rokoto appelle soca-beat.
" Le Discobus 3 n'a pu circuler ce dimanche 12/2 et est en réparation ce lundi 13/2 : pas de stationnement à Ath, Antoing, Leuze et probablement Mouscron . .
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