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La Mauritanie. Entre le nord et l’ouest.

 

En Mauritanie, on est à la fois proche des traditions du reste de l’Afrique occidentale, avec un rôle important dévolu au musicien professionnel ou griot, et des traditions de peuples comme les Touareg.

Iggiw (pluriel iggawen) est le terme qui désigne le griot. Les iggawen furent d’abord au service des chefs de tribus dont ils louaient les qualités et qu’ils assistaient presque comme des conseillers. Aujourd’hui, ils jouent principalement pour le divertissement. Mais ils chantent encore pour faire l’éloge, à leurs demandes, de candidats électoraux. De même qu’ils chantent pour des mariages ou toute autre fête à laquelle ils sont invités. Les hommes jouent le luth tidinit à quatre cordes; les femmes jouent la harpe ardin dont la caisse est faite dans une calebasse. La timbale tbal accompagne souvent le jeu. La musique des iggawen s’appelle azawan. Ils y chantent presque toujours en hasaniya, dialecte maure, des poèmes d’éloge et de louange du prophète, des hommages aux personnalités, aux lieux, aux membres des familles… C’est un système modal complexe.

Le medeh est la prière au Prophète, chantée par les nomades de Mauritanie, les Haratines. Ce rituel prend place le jeudi, tard dans la nuit, lorsque le chanteur d’un campement fait entendre son tambour (tbel). De partout, les nomades arrivent pour se rassembler autour du musicien et entonner leurs louanges et leurs prières dans une longue cérémonie plus ou moins improvisée où l’exaltation prend progressivement place.