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Marcel Proust

 

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Fils d’un professeur de médecine réputé, Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 à Auteuil, dans une famille fortunée qui lui assure une vie facile et lui permet de fréquenter les salons mondains.

Sa mère, Jeanne Weil, fille d'un agent de change juif d'origine alsacienne, lui apporte une culture riche et profonde et une affection parfois envahissante.

Son père, Adrien Proust, fils d'un commerçant d'Illiers (Eure-et-Loir), professeur à la faculté de médecine de Paris, est le premier grand hygiéniste français, conseiller du gouvernement pour la lutte contre les épidémies.

En 1873, naît son frère Robert qui reprendra la vocation de son père en se faisant médecin. La famille occupe un bel appartement au boulevard Malesherbes.

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Marcel, Robert et leur mère


Dès son enfance, Marcel est atteint par l’asthme, une affection (aux deux sens du terme) qui entravera son existence par de fréquentes crises, d’origine psychosomatiques.
Après des études au Lycée Condorcet, au cours desquelles il se lie avec Lucien Daudet, fils du romancier Alphonse Daudet et avec Jacques Bizet, le fils du compositeur Georges Bizet et de madame Strauss dont Marcel fréquentera le salon dès 1890, il devance l’appel sous les drapeaux et accomplit son volontariat à Orléans. Quelques rencontres d’importance se succèdent: Robert de Montesquiou, modèle présumé du baron de Charlus, d'Henri Bergson dont il suivra les cours à la Sorbonne et dont l’influence sur son œuvre a été parfois jugée importante.

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Robert de Montesquiou

En 1894, il publie Les Plaisirs et les Jours, un recueil de poèmes en prose, portraits et nouvelles dans un style décadent. Cet album est illustré par Madeleine Lemaire dont Proust fréquente assidûment le salon avec le compositeur Reynaldo Hahn avec lequel il entretient une relation amoureuse dès 1894. Proust se fait dans le monde littéraire une réputation de mondain dilettante qui ne se dissipera qu'après la publication des premiers tomes de À la recherche du temps perdu.


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Reynaldo Hahn


À partir de l'été 1895, il entreprend la rédaction d'un roman qui relate la vie d'un jeune homme épris de littérature dans le Paris mondain de la fin du XIXe siècle. Publié en 1952, ce livre, intitulé, à titre posthume, Jean Santeuil, du nom du personnage principal, est resté à l'état de fragments mis au net, mais ne constitue pas un ensemble achevé. Proust y évoque notamment l'Affaire Dreyfus dont il fut un des acteurs passionnés. Il est ainsi un des premiers à faire circuler une pétition favorable au capitaine français accusé de trahison, pétition qu’il fit signer par Anatole France.


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John Ruskin

Il se tourne alors vers l'esthète anglais John Ruskin. Cet intellectuel anglais touche-à-tout ayant interdit qu'on traduise son œuvre de son vivant, Proust le découvre dans le texte et au travers d'articles et d'ouvrages qui lui sont consacrés. À la mort de Ruskin, en 1900, Proust entreprend de le traduire. À cette fin, il entreprend plusieurs « pèlerinages ruskiniens », dans le Nord de la France, à Amiens notamment et surtout en Italie à Venise, où il séjourne avec sa mère, à Padoue et à Vérone. Cet épisode fut repris dans Albertine disparue. Il effectue aussi un séjour en Belgique et aux Pays Bas où il découvre Vermeer de Delft.

Les parents de Marcel jouent d'ailleurs un rôle déterminant dans le travail de traduction. Le père l'accepte comme un moyen de mettre à un travail sérieux un fils qui se révèle depuis toujours rebelle à toute fonction sociale et qui vient de donner sa démission d'employé non rémunéré de la Bibliothèque Mazarine. La mère joue un rôle beaucoup plus direct.

Marcel Proust maîtrisant mal l'anglais, elle se livre à une première traduction mot à mot du texte anglais, à partir de ce déchiffrage, Proust peut alors « écrire en excellent français, du Ruskin », comme le nota un critique à la parution de sa première traduction, La Bible d'Amiens (1904).

Si ce travail, ainsi que la deuxième traduction, Sésame et les lys (1906), est salué par la critique, le choix des œuvres traduites ne se révèle pas heureux et l'ensemble est un échec éditorial. Marcel Proust établit alors une collaboration avec le Figaro en tant que chroniqueur mondain.

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C'est pourtant pour le futur écrivain un moment charnière où s'affirme sa personnalité.  Proust prend progressivement ses distances avec Ruskin, il critique ses positions esthétiques, notamment  son idolâtrie esthétique, critique qu'il adressa également à Robert de Montesquiou et qu'il fit partager par Swann et Charlus dans  À la Recherche du temps perdu dont la rédaction débute en 1910.

Après la mort de ses parents, sa santé déjà fragile se détériore davantage. Il vit reclus et s’épuise au travail. Son œuvre principale, À la recherche du temps perdu, est publiée entre 1913 et 1927 ; le premier volume est édité à compte d’auteur chez Grasset, mais très rapidement les éditions Gallimard reviennent sur leur refus et acceptent le deuxième volume À l’ombre des jeunes filles en fleurs pour lequel il reçoit en 1919 le prix Goncourt. Il éprouve en 1913, une ardente passion pour son chauffeur Agostinelli. Son homosexualité inavouable dans la société de l'époque est latente dans son œuvre.

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Agostinelli

Il travaille sans relâche à l’écriture des cinq livres suivants de À la recherche du temps perdu, traversant la Première Guerre Mondiale dont il nourrit son roman. Dormant le jour, sortant pour prendre ses repas au Ritz en compagnie de Jean Cocteau, de Paul Morand et de tous ceux qui font parler d’eux dans le monde culturel. Il ne rentre qu’aux petites heures pour écrire ou dicter à sa gouvernante Céleste Albaret les nouveaux épisodes de son roman.

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Céleste Albaret

Il meurt épuisé, le 18 novembre 1922 emporté par une bronchite mal soignée.
Marcel Proust est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

D’après Wikipedia

A suivre…

« Marcel Proust, l’écrivain »

Anne Genette