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Deuxième partie : XIXè et XXè siècle


Le XIX e siècle : l'ère victorienne

Le règne de Victoria laissa une très forte empreinte sur la vie sociale et culturelle du pays, faisant de l'Angleterre la plus grande puissance du monde.
Une fracture se produisit cependant entre le genre savant (musique des salles de concert, musique religieuse) et le genre populaire (chansons et danses).

Le Savoy-opera allait connaître ses heures de gloire dans les dernières années du XIX e siècle. Deux compositeurs, dont les aventures vous sont contées dans le film de Mike Leigh « Topsy Turvy » ( YT5804 ), ont magnifié ce genre : William Gilbert et Arthur Sullivan. « Mikado » ( DS9504 ), « Patience » ( DS9511 ), « The Yeomen of the Guard » ( DS9534 ), « HMS Pinafore » ( DS9489 ) s'adressent à un public venu se divertir sans chercher la complication.

Du côté de la musique savante, les symphonies de Hubert Parry ( DP3311 ) et celles de Charles Villiers Stanford ( DS8434 ), ainsi que les œuvres lyriques de Frederick Delius : « Irmelin » ( DD3365 ) et « A Village Romeo and Juliet » ( DD3484 ), sont les sommets de l'art victorien.
Mais c'est assurément Sir Edward Elgar qui régna en maître sur la fin du XIX e siècle en Angleterre. S'étant fait remarquer du public par ses « Enigma Variations » ( DE4101 ), il assura sa notoriété grâce aux marches de « Pomp and Circumstances » ( DE4113 ), à son concerto pour violoncelle ( DE4193 ) et ses oratorios ( DE4112 ).

 

Le XX e siècle : 1900-1950

 
De profonds bouleversements modifièrent la société britannique en un laps de temps étonnamment court : la traversée du premier conflit mondial de 1914-1918, la fin de l'empire des Indes, la Deuxième Guerre mondiale et quatre rois différents en moins de cinquante ans !

Ralph Vaughan Williams devint après Elgar le chef de file de la musique anglaise. Sa « Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis » ( EV2523 ), ses symphonies ( EV2469 ; EV2517 ), et sa romance pour violon et orchestre « The Lark ascending » ( EV2662 ) incarnent parfaitement « l'âme anglaise ».
Plus innovateur, Gustav Holst fait montre d'un grand talent d'orchestrateur dans « The Planets » ( EH6543 ) tandis que sa fascination pour l'Orient s'exprime dans son opéra « Savitri » ( EH6653 ).

Les mélodies ( EW1954 ) de Peter Warlock et son cycle de mélodies « The Curlew » ( EW1938 ) font partie des plus beaux exemples de ce genre aux côtés de celles de George Butterworth ( EB9885 ) ou de Ivor Gurney ( EG9922 ).

Les compositeurs anglais ne se séparèrent généralement pas des formes classiques et de l'usage de la tonalité. Dans l'entre-deux-guerres, certains furent attirés par la modernité comme Benjamin Frankel dans ses symphonies ( EF8405 ) ou ses musiques de films ( Y 8003 ; Y 8626 ) ou comme Sir Malcolm Arnold auteur du célèbre thème du « Pont de la rivière Kwai » ( YB8552 ) ainsi que de symphonies ( EA8313 ; EA8320 ) et de concertos ( EA8392 ).

Trois grands compositeurs réconcilièrent modernité et tradition : William Walton, Sir Michael Tippett et Lord Benjamin Britten.
William Walton se fit un nom avec « Façade » ( EW1718 ), pièce pour récitant avec mégaphone et six instruments. Son oratorio « Belshazzar's Feast » ( EW1682 ), le concerto pour violon ( EW1531 ) ainsi que ses musiques de films recèlent une intensité dramatique exceptionnelle.

L'oratorio « A child of our Time » ( ET5749 ) de   Sir Michael Tippett révèle ses pensées humanistes et sociales tandis que « The Mask of Time » ( ET5753 ), le concerto pour orchestre ( ET5550 ) et « Songs for Dov » ( ET5544 ) allient lyrisme et complexité.

Lord Benjamin Britten a su créer une adéquation entre la ligne mélodique, idéalement écrite pour la voix et le texte poétique. Son œuvre est ancrée dans la tradition tout en exprimant des préoccupations de son temps. La « Simple Symphony » ( EB8672 ), « Peter Grimes » ( EB8856 ), « The Turn of the Screw » ( EB8899 ), le « War Requiem » ( EB8970 ), les «Folksongs » ( EB9186 ), les trois suites pour violoncelle seul ( EB8786 ) et les nombreuses pièces destinées aux enfants ( EB9027 ; EB9042 ) témoignent de la multiplicité de son oeuvre.

 

Après 1950

Compositeur de la nouvelle génération, Peter Maxwell Davies réalise une synthèse habile entre une écriture moderne et une inspiration puisant ses sources dans la musique ancienne. Parmi un vaste catalogue, « Stone Litany » ( FD2535 ), l'opéra « The Lighthouse » ( FD2569 ), des symphonies ( FD2219 ) et des concertos ( FD2261 ) montrent les différentes facettes de son travail.

Harrison Birtwistle, dans « Meridian » ( FB5839 ) et « AGM… » ( FK9612 ) combine voix et instruments. L'aspect rituel de sa musique dans « Secret Theatre » ( FB5815 ) crée une véritable célébration musicale du mystère.
Son langage intuitif trouve sa meilleure expression dans des œuvres lyriques comme « Punch and Judy » ( FB5878 ) ou « Gawain » ( FB5881 ).

Plusieurs compositeurs restent attachés à la tradition. C'est le cas de William Mathias dans sa deuxième symphonie « Summer Music » ( FM2712 ) et dans sa musique religieuse comme le motet « Lux Aeterna » ( FM2770 ) et de John McCabe avec son ballet « Edward II » ( FM0295 ) ou ses symphonies ( FM0310 ).

Aux antipodes de ces tendances, Jonathan Harvey a réussi à faire une synthèse de son art et de sa spiritualité. Explorateur du spectre sonore, sa musique recourt fréquemment à l'électronique. « Bhakti » ( FH2656 ), « Advaya » ( FH2683 ) ou son concerto pour violoncelle ( FH2665 ) incarnent l'union harmonieuse de la technologie et de l'âme humaine.

La musique de Brian Ferneyhough traduit une expressivité exacerbée et une recherche de la transcendance. Sa pratique de l'hyper-notation constitue une manière différente d'introduire l'aléatoire dans sa musique. Cette Nouvelle Complexité s'exprime dans « Time and Motion Study » ( FF3667 ) ou dans « La Chute d'Icare » ( FF3625 ) qui, en dépit d'une grande complexité de pensée, véhiculent une réelle émotion.

À la Nouvelle Complexité de Brian Ferneyhough répond la Nouvelle Simplicité de Gavin Bryars. Sa musique volontiers expérimentale comme « The Sinking of the Titanic » ( XB897A ) se caractérise par des textures fluides tendant au Minimalisme.
« Jesus' Blood never failed me yet » ( XB897F ), « Cadman Requiem » ( FB9014 ) ou le concerto pour violoncelle « Farewell to Philosophy » ( XB897I ) sont quelques jalons de cette œuvre.

John Tavener est une figure à part dans le paysage musical anglais. Chacune de ses œuvres est une icône sonore avec son symbolisme mystérieux, indissociable du texte qui l'a fait naître. Au travers de pièces comme « Ikon of Light » ( FT1959 ), « Protecting Veil » ( FT1955 ), « Total Eclipse » ( FT1998 ) et « Agraphon » ( FT1998 ), Tavener a su établir un lien fort avec le public par le rôle nouveau qu'il veut faire jouer à la musique dans notre société.

De nature plus modale que sérielle, le langage de Oliver Knussen trouve son plein épanouissement dans des œuvres comme « Third Symphony » ( FK5857 ) et les opéras « Where the Wild Things Are » ( FK5875 ) et « Higglety Pigglety Pop ! » ( FK5877 ).

Souvent sombre et violente, la musique de James MacMillan exploite les couleurs orchestrales de manière prodigieuse. « The confession of Isobel Gowdie » ( FM0394 ), la première symphonie « Vigil » ( FM0391 ) et son opéra sacré « Visitatio sepulchri » ( FM0402 ) révèlent la personnalité d'un vrai créateur.

George Benjamin est un musicien-poète. « Ringed by the flat horizon » ( FB4811 ), « At first light » ( FB4808 ), « Antara » ( FB4828 ) ou « Three Inventions for chamber orchestra » ( FB4813 ) sont des évocations sonores pleines de délicatesse.

 

Un travail d'Anne Genette (Section d'Uccle)


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