À vos agendas : l’UMR de droit comparé de Paris organise un Colloque sur « La Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle : premier bilan et défis juridiques pour réaliser les objectifs dans les pays économiquement démunis » les 18 et 19 juin 2008 à Paris, Amphithéâtre Louis Liard en Sorbonne.
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LE DÉSIR DE DIVERSITÉ CULTURELLE
"Colloque International les 7 et 8 mars à Flagey, Place Flagey, 1050 Bruxelles"
La Convention de l’Unesco est l’expression institutionnelle d’un désir profond de la société civile. Expression de désir qui peut sembler paradoxale dans une époque où la profusion de loisirs culturels qui captent les envies et uniformisent les plaisirs peut embrouiller les esprits et donner l’impression que nous ne sommes pas en déficit de culture, mais en surabondance. Il est donc nécessaire de clarifier le désir de diversité culturelle, son histoire, son cheminement, notamment par une exigence nouvelle de rapprocher « théorie » et « pratique ». Il faut aussi que ce désir devienne une politique contagieuse et c’est le rôle des opérateurs culturels. Ceux-ci doivent soutenir, susciter, entretenir le désir exprimé par la Convention par le biais d’une éducation à la diversité culturelle, par l’invention d’appareils critiques à prendre comme une politique de l’esprit permettant à chacun de prendre pied dans une nouvelle économie du désir culturel, d’en devenir acteur.
Notre colloque entend introduire aux matières complexes de ce travail passionnant !
Mercredi 7 mars 2007
- 9h00 : Accueil, introduction par Jean-Marie Beauloye, Directeur général de la Médiathèque : « Moteur de diversité culturelle depuis 50 ans »
- 9h30 : Armand Mattelart : « Genèse géopolitique de la diversité. La Convention de l’Unesco comme un symptôme des nouveaux enjeux civilisationnels »
Le texte de la Convention est le résultat d’une longue histoire. Retracer son cheminement, en passant par les différents lieux où se discutent les questions liées à la diversité, est nécessaire pour en comprendre les enjeux. Si la Convention est une déclaration institutionnelle, elle est le reflet des nouveaux mouvements militants que la mondialisation libérale a soulevé contre elle. Ainsi, la mobilisation du mouvement social, moteur de la défense de la diversité culturelle, nous enseigne que s’il y a une nouvelle source de pluralité, c’est bien celle de la diversité des protagonistes qui ont surgi dans la sphère civique mondiale depuis la fin du siècle dernier.
Armand Mattelart est professeur des sciences de l’information et de la communication à l’université de Paris-VIII et chercheur à la MSH-Paris-Nord.
À lire :
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" Diversité culturelle et mondialisation", La Découverte
- 10h30 : Pause-café
- 10h45 : Coalition belge pour la diversité culturelle : « Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles: de la théorie à la pratique grâce aux coalitions »
Composition : Henry Ingberg (Secrétaire général de la Communauté française. Introduction et modération), Cécile Despringre (Déléguée générale de la FERA Fédération européenne des Réalisateurs de l’Audiovisuel), Olav Stokmo (Secrétaire général de l’IFRRO International Federation of Reproduction Rights organisations), Yves Poliart (programmeur musical), Madame Galia Saouma-Forero (Unesco).
- 12h30 - 14h00 : Pause repas
- 14h00 : Bernard Lahire : « Le mélange culturel des genres »
De Thorstein Veblen à Pierre Bourdieu, en passant par Edmond Goblot, une longue tradition intellectuelle a mis en lumière les fonctions sociales de l'art et de la culture dans les sociétés différenciées et hiérarchisées, et notamment les profits sociaux de distinction liés à la maîtrise des formes culturelles les plus rares et les plus légitimes. Les sociologues de la culture sont ainsi depuis longtemps habitués à penser « la Culture » (la « haute » ou la « grande » culture) dans ses rapports avec les classes sociales ou les fractions de classes et à dresser le constat des inégalités sociales d'accès à « la Culture ». Des classes sociales et de leur distance plus ou moins grande à la culture dominante, des hiérarchies culturelles qui ordonnent les groupes, les institutions, les oeuvres et les pratiques du plus légitime au moins légitime, voilà les éléments-clefs de l'interprétation sociologique des pratiques et préférences culturelles depuis quarante ans en France comme aux États-Unis.
C'est ce tableau que l'on peut partiellement remettre en question en adoptant un autre point de vue de connaissance que celui qui scrute les seuls écarts inter-classes; un point de vue qui envisage de manière systématique les pratiques et les préférences culturelles sous l'angle de la variation intra-individuelle des comportements. On aboutit de cette manière à un tableau du monde social qui ne néglige pas les singularités individuelles et évite la caricature culturelle des groupes sociaux. Le fait central qui apparaît alors est que la frontière entre la « légitimité culturelle » et « l'illégitimité culturelle » ne sépare pas seulement les différentes classes sociales, mais partage les différentes pratiques et préférences culturelles des mêmes individus, dans toutes les classes.
Bernard Lahire est professeur à l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines, Directeur du Groupe de Recherche sur la Socialisation (CNRS).
À lire :
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"La culture des individus", La Découverte
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"La condition littéraire", La Découverte
- 15h00 - 17h00 : Université catholique de Louvain : « Éduquer à la diversité culturelle »
Présentation :
Si les technologies en réseau permettent d’accéder facilement à des matériaux culturels en quantité et en qualité impensables jusqu’à récemment, certaines études montrent que cette ouverture technique ne produit pas automatiquement une ouverture culturelle. Il est pourtant si attirant de rêver à tout l’apport potentiel de la découverte de culture d’autrui à ma perception de moi-même, de mes virtualités et de mes contraintes et de mes limites. Mais le goût d’approcher la culture de l’autre jusqu’à s’en sentir ébranlé n’est pas inné. Cette expérience est plus souvent subie que choisie. Sous son apparence universelle, Internet, le réseau mondial, est tissé, le plus souvent, de microréseaux d’amis fidèles à leurs sites favoris et à leurs « tribus ». En outre, celui qui navigue sur le Web découvre de nouveaux clivages communautaires, entraînés, dans la même dynamique, par la multiplication des replis sectaires et par le cannibalisme culturel. Dans un tel contexte, l’urgence d’une éducation civique qui se contenterait de prôner la tolérance montre vite ses limites. Il s’agirait plutôt de développer chez les jeunes une véritable appétence à découvrir admirativement la culture de l’autre. Seulement, une telle volonté de s’ouvrir aux univers culturels d’autrui court à son tour le risque
(très présent dans la culture occidentale) de se transformer en appropriation folklorique de cultures qui, déjà dominées dans la mondialisation, se trouvent réifiées et caricaturées par le regard absorbant et consommateur de touristes qui se croient devenus autochtones.
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Composition de la table-ronde :
- Thierry De Smedt (Professeur, Département de communication, pratiques et dispositifs culturels - Introduction et modération) : « Le monde des réseaux devient-il village planétaire ? »)
- Alain Reyniers (Anthropologue), « Que peut-on connaître de la culture d'autrui ? »
- Gabriel Ringlet (prorecteur UCL aux affaires culturelles) : « Une université de cultureS »
- Jean-Pierre Meunier (spécialiste en théorie systémique) : « Construction de l'identité et clivages culturels »
- Jean Florence Psychanalyste, directeur du centre d'études théâtrales : « Les objets culturels sont-ils à montrer comme des œuvres ? »
Jeudi 8 mars 2007
- 9h00 : Accueil, introduction à la journée
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9h30 : Bernard Stiegler : « L’enjeu de la participation. Longs et courts circuits dans la transindividuation »
La société industrielle, devenue société de services, a consisté dans une division du travail et plus généralement des rôles sociaux appuyée sur une extériorisation des savoirs dans les machines, les appareils et les services, et sur une exténuation corrélative de ces savoirs (mais non de la « causalité efficiente »). Il en a résulté un grand malaise et une atonie généralisée qui est de nos jours largement ressentie et exprimée dans le contexte de ce qui, avec les réseaux numériques, apparaît comme la possibilité d’une réarticulation de circuits longs dans ce que Simondon appelait la transindividuation. Une telle question devrait faire l’objet d’une politique industrielle, scientifique et culturelle de long terme et constituer le cœur du projet européen.
Bernard Stiegler, philosophe, Directeur du Service Culture & Développement du Centre Pompidou, co-fondateur de l’association Ars Industrialis
À lire :
- « Mécréance et discrédit, la décadence des démocraties industrielles », Galilée
- « Mécréance et discrédit, les sociétés incontrôlables d’individus désaffectés », Galilée
- « Mécréance et discrédit, l’esprit perdu du capitalisme », Galilée
- « Réenchanter le monde, la valeur esprit contre le populisme industriel », Bernard Stiegler & Ars Industrialis, Flammarion
- 10h30 : Pause-café
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10h45 : Université Libre de Bruxelles (Département d'Information et Communication de l'ULB) : « Médias et diversité culturelle. Quelle place pour l’expression de la diversité dans les médias belges francophones ? »
Présentation :
Les médias sont un vecteur important de la propagation de modèles culturels et on les soupçonne de jouer un rôle actif dans la standardisation des produits et de la consommation culturelle du grand public. Cet atelier regroupe une diversité de personnalités qui, dans le secteur des médias ou de l’associatif, ont eu à réfléchir sur cette thématique au départ de quelques grandes questions: les médias belges francophones reflètent-ils la diversité culturelle de notre société ? Jouent-ils le rôle qui pourrait/devrait être le leur dans la valorisation de l’ensemble des cultures qui produisent, sur notre territoire, des œuvres à mettre à disposition du public ? Si non, quels sont les freins éventuels et comment les surmonter ? Jusqu’où faut-il aller dans la présentation de démarches et de produits particulièrement originaux, voire difficiles d’accès ? Quel doit être le rôle spécifique des médias de service public dans la mise en avant de la diversité culturelle de notre société ?
Composition de la table ronde :
- François Heinderyckx, Sociologue des médias, Professeur à l'ULB (introduction et modération)
- Nathalie Caprioli, Journaliste, CBAI
- Didier Mélon, Journaliste, RTBF
- Bernard Dubuisson, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel
- Gwenaël Breës (Radio Panik / Nova) (à confirmer)
- 12h30 - 14h00 : Pause repas
- 14h00 : Synthèses et conclusions du colloque, pistes de travail pour lui donner une suite
Jean-Marie Beauloye, Claude Janssens, Pierre Hemptinne (la Médiathèque)