"The Road" mélange en fait deux genres cinématographiques, outre le road movie, il nous plonge aussi dans la science-fiction d’anticipation. Un genre vaste qui revient périodiquement à l’écran notamment au gré des avancées de la sciences, des connaissances et des angoisses qu’elles génèrent auprès du public et des auteurs. La thématique « fin du monde » en constitue l’illustration la plus forte. Elle peut être abordée sous une tendance « pop-corn movie » (avec une priorité à l’entertainment populaire, des touches d’humour et parfois de la dérision, même si le sujet est sérieux), en situant généralement l’action peu de temps avant et pendant la catastrophe, scénario que l’on retrouve dans "Armageddon", "Deep Impact", ou "The Day After". Au cœur d’une catastrophe naturelle, d’origine anthropique ou non, issue de processus terrestres ou de phénomènes extra-terrestre, le spectateur est plongé dans l’angoisse de la population et l’action de quelques uns pour éviter la catastrophe ou l’atténuer.
"The Road" se situe plutôt dans ces films décrivant la situation peu de temps, voire des années, après la catastrophe. On y découvre une société où l’on a accentué certains traits de la nôtre, certaines peurs, à l’extrême. Dans ces univers, généralement urbains, dévastés, les instincts primaires ont généralement repris le dessus (la lutte sauvage pour la survie, transcendé dans la série des "Mad Max").
Après les craintes du nucléaire, les angoisses extra-terrestres, les catastrophes naturelles, la peur de pandémies virales destructrices se retrouve dans de nombreux scénarios.
Voici une brève sélection de films autour de cette thématique de la fin du monde, illustrant quelques survivants dans leurs (dé)espoirs pour la survie et une réflexion sur la fragilité de nos sociétés.
2022. 40.000.000 d'habitants à New York, plus de la moitié au chômage. L'environnement s'est à ce point dégradé que les gens sont condamnés à se nourrir de biscuits verdâtres du nom de "Soleil Vert". Un policier enquête sur le meurtre d'un des barons de la société qui les fabrique. Il va découvrir l'horrible réalité sur leur composition... Grand Prix du Festival d'Avoriaz 1974.
À la suite d'une explosion atomique, six hommes et une femme se demandent s'ils ne sont pas les seuls survivants. Un beau film d'aventures et une belle réflexion sur les instincts humains: la survie, la solidarité, la mort... Tous les acteurs sont remarquables, la photo est magnifique, la mise en scène pleine de rigueur. Librement inspiré du roman homonyme de Robert Merle.
2035. Une épidémie a emporté la presque totalité de la population mondiale. Les survivants se sont regroupés sous terre et renvoient l'un des leurs en 1996 pour qu'il découvre les causes de la catastrophe et la prévienne. Son enquête le mène sur les traces d'une mystérieuse organisation, couverture probable du plus gigantesque complot jamais tramé contre l'humanité... Une brillante métaphore de la douloureuse fêlure d'un monde entre deux millénaires, d'un univers en mutation, qui fait exploser le dernier repère de l'Homme: le temps. (Inspiré de "La jetée" de Chris Marker).
Des militants qui luttent contre l'expérimentation animale s'introduisent dans un laboratoire et, malgré les avertissements d'un scientifique, ouvrent les cages des chimpanzés. Ceux-ci leur sautent à la gorge et leur inoculent la rage dont ils sont porteurs. Le carnage est total. Vingt-huit jours plus tard, Jim, un coursier londonien, se réveille dans un hôpital vide où règne un désordre indescriptible. Les rues avoisinantes sont désertes, la ville n'abrite plus aucune présence humaine... Un futur post-apocalyptique assez classique par le sujet mais sauvage et violent dans la forme. Et Londres complètement vide, sans mouvement, sans bruit, ça vaut le détour.
Après 5 ans d'absence Jake Green revient dans sa ville natale : Jericho. Une petite ville située dans le Kansas, à quelques centaines de kilomètres de Denver. L'homme ne s'éternise pas longtemps dans la ville, en effet, des évènements passés font qu'il n'est pas bien vu par son père et quelques habitants de la ville. Il reprend alors la route lorsqu'un évènement bouleverse ses projets mais également l'Histoire !
Une explosion nucléaire vient de s’abattre sur Denver, les habitants de la ville vont se retrouver isolés de tout contact extérieur.
La série Jericho nous montre comment les habitants de cette ville vont essayer de survivre à cette catastrophe de grande envergure qui change totalement les Hommes et le Monde !
Une politique fiction qui se déroule en 2027 : depuis dix-huit ans environ, toutes les femmes du monde sont stériles ; les habitants du monde se résignent à mourir sans plus engendrer aucun enfant et à voir l’humanité s’éteindre avec eux …
Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires. Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer. Don a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge. Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy et Tammy, qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine. Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé...
Sur un rythme effréné, le réalisateur impose son univers d'une noirceur absolue et réussi un film horrifique de très bonne facture. Sans avoir le richesse conceptuelle de l'œuvre originale, le film réussit à imposer son rythme et son ambiance hypnotique.
Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu. Une adaptation assez réussie du roman éponyme de Richard Matheson (1954) et remake du Survivant de Boris Sagal (1971)
Un virus incurable a décimé la majorité des habitants d'Écosse. Pour empêcher l'épidémie de se répandre, le gouvernement britannique a édifié un mur infranchissable autour de cette région désormais réduite à une zone barbare et violente où règnent quelques seigneurs qu'on croirait sortis du Moyen Âge. Trente ans plus tard, le virus fait soudain son apparition à Londres.
Véritable mélange de nombreux hommages au genre fantastico-horrifique, "Doomsday" offre quelques bons moments d'actions menées à un rythme d'enfer servies par une débauche d'effets spéciaux, mais au détriment du fond un peu creux.
2015. La Terre est frappée par une épidémie de cécité qui se propage à une vitesse fulgurante. Désormais aveugles et privés de tout repère, un petit groupe d'hommes et de femmes tentent de survivre au cauchemar. La situation semble désespérée jusqu'à ce qu'ils fassent une découverte capitale: une personne n'est pas contaminée...
Le réalisateur varie les rythmes, joue avec les ombres, les lumières (...). Et réussit à faire de "Blindness" une œuvre qui se vit intensément, les sens en éveil et les neurones en alerte. [MCinema]
Quelques années après les "sept jours de feu" qui anéantirent la décadente civilisation industrielle, subsiste un lieu encore préservé de la forêt empoisonnée: la vallée du vent. Les habitants y vivent en harmonie dans le peu de nature encore intacte, la protégeant à leurs risques et périls du poison qui la menace. Son père frappé par ce mal incurable, la princesse Nausicaä tente de percer les secrets de la forêt empoisonnée. Mais un jour, un avion cargo géant transportant un mystérieux contenu s'écrase dans la vallée...
Deuxième long métrage de Miyazaki et film quasi mythique pour ses admirateurs, cette oeuvre - longtemps invisible (jamais sortie dans nos salles, sauf festivals, et éditée en DVD 23 ans après sa création!) - contient en elle tous les germes du travail et des thématiques de Miyazaki. L'animation a quelque peu vieilli mais le graphisme est de belle facture - quoique inégal parfois; la musique d'Hisaishi n'est pas encore la réussite qu'on lui connaît mais certains passages laisse augurer le meilleur. Le scénario nous transporte dans des mondes imaginaires, même si l'histoire peut paraître parfois un peu confuse. Une branche maîtresse de l'oeuvre de Miyazaki et dans l'histoire du studio Ghibli.
Roseline, une vieille femme de 173 ans, se souvient que les Dieux ont abandonné sa tribu dans un orage de feu, ne laissant derrière eux que du sable ainsi que le Makou, une "chose" qui rôde parfois en crachant des objets hétéroclites: valises, cafetières, lavabos... Le jour, les nomades chassent l'autruche. La nuit, ils se dissimulent dans un puits, terrorisés. Seule Gwen, une jeune fille adoptée par la tribu, ose braver le danger. Un soir, elle entraîne dans les dunes Nok-Moon, le fils de Roseline, lorsque le Makou se manifeste soudain et enlève le jeune garçon. Roseline, décidée à retrouver son enfant, entraîne Gwen vers la Cité des Morts... Réfractaire aux productions de type industriel fréquentes en matière de dessin animé de long métrage, Jean-François Laguionie réalisa ce film avec un petit groupe d'artistes et amis, dans le cadre d'une usine désaffectée (La Fabrique), quelque part dans les Cévennes. L'insuccès commercial du film conduisit Laguionie à orienter progressivement sa production vers les séries TV au sein d'un studio moderne situé à Montpellier, tout en maintenant une production de courts métrages d'auteurs, à La Fabrique, studio qui a depuis pris de l'ampleur.
Tokyo, XXIème siècle, des décennies se sont écoulées depuis la Troisième guerre mondiale. Kaneda et sa bande de motards vivent la nuit et se disputent le contrôle du territoire avec d'autres clans. Une nuit d'affrontement entre gangs, un ami de Kenada, Tetsuo, est victime d'un étrange accident et évacué par hélicoptère. Tetsuo sert de cobaye et reçoit un pouvoir psychique démultiplié. Mais le traitement est atrocement douloureux et, rendu fou furieux, il massacre ses geôliers et rejoint la ville secouée par les émeutes. Kenada rencontre une jeune femme appartenant à une organisation terroriste qui lui apprend que de nombreux autres jeunes garçons ont, comme Tetsuo, servi de cobayes dans le projet Akira. Prophétique et ambitieux! Manga, un classique du genre qui a révolutionné le monde de l'animation, une oeuvre fondatrice, importante sur le plan historique et esthétique.
WALL-E est le dernier être sur Terre et s'avère être un... petit robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à cette incroyable petite machine le soin de nettoyer la Terre. Mais au bout de ces longues années, WALL-E a développé un petit défaut technique: une forte personnalité. Extrêmement curieux, très indiscret, il est surtout un peu trop seul... Cependant, sa vie s'apprête à être bouleversée avec l'arrivée d'une petite "robote", bien carénée et prénommée EVE. Tombant instantanément et éperdument amoureux d'elle, WALL-E va tout mettre en œuvre pour la séduire.
[les films de Pixar] procèdent d'un amour du risque et d'une confiance dans l'intelligence de l'auditoire qui va à l'encontre du conservatisme frileux de l'immense majorité des films de distraction venus d'Hollywood. [Le Monde]
Pour les amateurs du genre, nous vous recommandons la lecture de « Les films de science-fiction » de Michel Chion – Les Cahiers du cinéma édition (2008)
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