• Falsification d'identité et de genre au cinéma
• Les conséquences de l'adoption
• Ecoles : appel à projet en éducation aux médias
• Des portes d'entrées vers la musique contemporaine
• Une certaine élégance du rire ou le retour du burlesque
• Les demandeurs d'asile, entre centre ouvert et centre fermé
Jour saint pour tous les blagueurs, le 1er avril est traditionnellement synonyme de duperie et falsification en tout genre. Si l'origine du poisson d'avril est controversée, l'hypothèse la plus courante le fait naître au 16e siècle. En 1564, le roi Charles IX a décidé que l'année ne commencerait plus le 1er avril mais le 1er janvier. Ce changement a également décalé les échanges de cadeaux et d'étrennes qui marquaient le passage à la nouvelle année. Pour semer le doute au sujet de la date réelle du nouvel an ou par ignorence du changement, certains ont persisté à offrir des présents en avril. Avec le temps, les petits cadeaux d'avril se sont transformés en cadeaux pour rire, en blagues, puis en stratagèmes pour piéger les autres ... Plusieurs usages semblent s'être mélangés avec ceux du carnaval ! La Médiathèque s'attarde ce mois-ci sur ces faussaires ou usurpateurs de tous poils, qui travestissent la réalité, et intriguent, fascinent ou inquiètent le public !
On vous propose ici une brève sélection de films autour de la falsification par le travestissement, un sujet qui revient souvent au cinéma, où hommes et femmes doivent faire appel au travestissement pour accèder à un job, un cercle restreint ou simplement leur un droit.
Entre mélo et comédie, curiosité et amusement, ces subterfuges sont aussi l'occasion de découvrir l'univers du sexe opposé, de l'intérieur, qui nourrit l'imagianire de tous, qui intrigue inévitablement et enchante le spectateur !

Au cinéma, le travestissement est souvent une affaire d’hommes : Tony Curtis et Jack Lemmon dans Certains l’aiment chaud, , de Billy Wilder (1959), Dustin Hoffman dans Tootsie, de Sydney Pollack (1982) ou encore Robin Williams dans Mrs. Doubtfire, de Chris Columbus (1993). Et la plupart du temps, on reste dans le registre de la comédie. Lorsque ce sont au contraire des femmes qui se font passer pour des hommes, la tonalité change souvent, la comédie devient mélo : Katharine Hepburn dans Sylvia Scarlett, de Gerorge Cokor (1935), Hilary Swank dans Boys don't Cry, de Kimberly Peirce (1999), Julie Andrews dans Victor Victoria, de Blake Edwards (1982) ou Offside de Jafar Panahi (2006), Zoé Héran dans Tomboy, de Céline Sciamma ( 2011)
Après un parcours pénible de grossesses ou de fécondations médicalement assistées non abouties, certains couples prennent la décision d’accueillir un enfant pour le chérir et l’aimer énormément. Adopter un enfant orphelin ou abandonné pour qu’il devienne le sien, pour qu’il signe la fondation d’une nouvelle famille, c’est très souvent un beau projet pavé de bonnes intentions. Mais l’amour ne suffit pas toujours!
«Les bonnes intentions» ou les dérives de l’adoption est aussi le titre du premier texte de théâtre signé par Cathy Min Jung, comédienne, metteuse en scène et auteure. Elle est actuellement sur la scène du Théâtre de Poche. Prenant à contrepied la question de l’adoption, en s’inspirant en partie de son vécu, elle envoie valser la mièvrerie et la complaisance de la société occidentale, pour nous poser habilement la question de la construction identitaire chez l’enfant adopté. En parlant du point de vue des adoptés et non des adoptants, elle tente de rétablir un déséquilibre dont elle parle très bien:
«Il est toujours difficile d’imaginer une histoire d’adoption virant à la tragédie. Pourtant les cas sont nombreux mais la plupart sont passés sous silence. Porter à la scène une de ces histoires et la pousser au paroxysme par le biais de la fiction, c’est ouvrir le débat de l’adoption, c’est poser les questions taboues et mettre en lumière les zones d’ombres d’une telle aventure. L’identité, le déracinement, l’abandon, la filiation, le deuil de la maternité, la parentalité, etc. C’est aussi oser remettre en question le bien-fondé d’une pratique perçue dans la conscience collective comme un acte d’une grande bravoure et d’une extrême générosité. L’adoption n’a jamais été autant médiatisée. Les stars semblent pouvoir s’offrir des enfants au gré de leur fantaisie. Les homosexuels quant à eux se battent pour avoir également ce droit, sans compter le nombre croissant de couples occidentaux et de célibataires. Dans ce contexte, il m’a paru essentiel de faire entendre une autre voix, une voix qui questionne différemment.(…) Du réel donc est née la fiction. En aucun cas il n’était question de porter à la scène un témoignage. Très vite, une écriture s’est imposée, une écriture qui m’a laissé entrevoir la possibilité du conte.»
Depuis longtemps, on constate que durant l’adolescence, les enfants adoptés ressentent souvent le besoin de connaître leurs origines, leur pays pour se construire. En 2008 déjà, dans le documentaire «Un aller simple?» (Bientôt disponible à la Médiatrhèque) Cathy Min Jung questionnait certains enjeux identitaires de l’adoption en offrant un regard réaliste et sobre sur cette réalité. D’origine coréenne, elle a été adoptée à l’âge de 3 ans par un couple belge. Dans ce film autobiographique, la réalisatrice raconte ses allers-retours en Corée à la recherche de ses parents biologiques.
Quelques films disponibles à la médiathèque sur cette thématique:
Le Sceau du dragon, un document serein qui présente une vision positive de l'adoption. Trois enfants adoptés par la même famille, tous issus de parents biologiques différents questionnent leur identité. D'un côté, ils sondent l'abîme du mystère de leur origine, et de l'autre, ils explorent à travers la spécificité de l'adoption ce qui les rassemble et les unit en tant que fratrie et famille.
Dans l’entretien entre Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne et Maïté Iribarnégaray, psychologue clinicienne: Les intempéries adolescentes dans la famille adoptive. Les questions de l'adolescent adopté éclairent celles que se pose tout enfant dans sa construction filiative. Dans l'adoption, nous retrouvons les comportements de l'adolescent, en recherche de lui-même, de ses parents, et de sa place dans une (pré)histoire familiale. L'absence de lien biologique pousse tous les acteurs familiaux à faire reposer leur histoire sur un lien symbolique, co-construit, particulièrement réinterrogé à l'adolescence.
Au rayon des films de fiction, pointons2 films :
Holy Lola, de Bertrand Tavernier sur l’histoire d’un couple qui se rend au Cambodge pour adopter un enfant et qui se heurte aux mécanismes pervers et tortueux du pouvoir de l’argent.
Secrets et mensonges, de Mike Leigh offre, quant à lui, un beau témoignage de la quête identitaire d’une jeune adulte, qui à la mort de sa mère adoptive, décide de rechercher sa mère biologique.
Le nouveau décret sur l’éducation aux médias prévoit de consacrer chaque année 20.000 euros pour soutenir des activités scolaires en éducation aux médias. Les écoles ont jusqu’au 3 octobre 2011 pour soumettre leurs projets. La thématique choisie pour 2011-2012 est : la fiction.
(pour en savoir plus)




Une sélection à travers fiction et documentaire
Qu’il soit radiophonique, télévisuel ou d’investigation, le journalisme est le filtre inévitable à travers lequel nous arrivent les informations du monde extérieur. Encensée ou décriée, la profession n’a sans doute jamais été aussi bien représentée dans nos sociétés actuelles où les moyens de communication sont si nombreux. Le cinéma ne s’est pas fait prié pour nous livrer quelques portraits de ces professionnels. Quelques extraits choisis ...
La consommation médiatique chez les jeunes
L'asbl Média-Animation
propose les résultats d'une étude sur la consommation médiatique des jeunes. Un questionnaire a été soumis à plus de 400 élèves issus de l’enseignement secondaire et des trois filières, rencontrés dans quelques écoles représentatives des différentes configurations de la Communauté française.

En lien avec notre dossier «Animation», nous ne pouvions pas passer à côté du festival Anima, qui es une lieu formidable pour découvrir la diversité de productions, courts et longs métrages, publicités, vidéos musicales, du cinéma d’animation international. Dans ce podcast, nous vous proposons une conversation avec Françoise Cathala, programmatrice du festival Anima et Michaël Avenia, conseiller d’achat «fiction» à la Médiathèque, autour de la programmation 2011 du festival en établissant des liens avec les dossiers de Pic-sons et les films disponibles à la Médiathèque!
Anima propose des séances scolaires durant le festival et des séances familiales tout au long de l'année
: les samedis d'Anima
Enfin ! Après une longue attente (suite à des raisons de droits et de problèmes juridiques), voici la sortie de l’intégrale Pierre Etaix qui reprend l’œuvre complète du réalisateur en cinq DVD.
Dans la lignée de Jacques Tati (avec qui il a collaboré sur Mon Oncle), de Buster Keaton mais aussi de Max Linder, l’univers de Pierre Etaix s’inscrit dans la tradition du cinéma burlesque. Peu de dialogue, un travail sur le son, un rapport difficile aux objets, un art de l’observation (tout comme chez Tati), une précision et un raffinement du gag (à la manière d’un Buster Keaton), une élégance du geste et un regard à la fois poétique et drôle sur le monde.
Entre 1962 et 1971, il va coécrire avec Jean-Claude Carrière cinq longs métrages. Le premier de ceux-ci sera Le soupirant qui raconte l’histoire d’un dandy distrait cherchant l’âme sœur en imitant vainement les autres. Yoyo, son film le plus épuré, quant à lui met en scène un clown restant fidèle à son art à travers les tourments du 20ème siècle.
Dans Tant qu’on à la santé le principal souci c’est surtout, comment la conserver dans un monde de névroses où même à la campagne on ne peut plus chasser en paix.
Le grand amour est peut-être son fil le plus onirique où les rêveurs circulent dans leur lit sur une route de campagne. Un humour parfois teinté de tristesse et d’amertume qui l’amènera à réaliser Pays de cocagne sorte de documentaire sur la France profonde de 1969, suivant un radio crochet (annonçant la Star Academy), les Français en vacances et leurs réflexions sur la sexualité moderne. Démoli par la critique (« Un film abject et dégradant où il est trop facile de se moquer d’une France abrutie par les mas médias, la publicité et la propagande » Jean Tulard) Pierre Etaix ne tournera plus après cet échec critique et commercial.
Également dessinateur, gagman et clown, il fondera une école Nationale du Cirque avec sa femme Annie Fratellini
Contenu du coffret :
Le soupirant - Yoyo - Tant qu’on à la santé – Grand amour – Pays de Cocagne
Voir ou revoir ses films aujourd’hui c’est un peu contempler une mosaïque de la société française des années soixante. Etaix est un grand observateur du genre humain, il lutte contre la déshumanisation du monde avec ses armes, l’élégance, la poésie et l’humour.
Voici l’occasion d’écouter la petite musique de Pierre Etaix qui enchante le monde.
Une édition Lobster et ARTE complétée de ses courts-métrages et accompagné d’un livre de croquis, dessins et textes: « La grosse pomme ».
La naissance de Charlot –Keystone comedies
En 1913, un jeune acteur anglais débarque aux Etats-Unis. Il y fait une tournée théâtrale et est très vite engagé à Hollywood. Mack Sennett, le patron de Keystone studios, le fait tourner dans des courts métrages. Dans ses films, il n’y a pas de scénario ; tout part d’une idée simple qui se termine invariablement en course poursuite en passant par l’inévitable bataille de tarte à la crème ou coup de pied dans le derrière. Très vite le jeune acteur, peu satisfait de la simplicité des scripts, décide de s’occuper lui-même de la réalisation. Kid auto race at Venice est tournée en quarante-cinq minutes et raconte l’histoire d’un vagabond dont la seule obsession est de se mettre devant la caméra. Tournée à l’occasion d’une vraie course automobile, cette première apparition du personnage de Charlot transforma rapidement la perplexité du public en hilarité générale. Dès son troisième film, il se trouve un pantalon trop large, de grosses chaussures, une canne, un chapeau melon et une fausse moustache pour se vieillir et s’invente une gestuelle (sa manière dont il tourne un coin, en tournant brusquement et en dérapant, tenant un pied en l’air tout en se balançant sur l’autre pied). Son personnage a tout de suite un énorme succès même si ce n’est pas encore le Charlot, tendre, émouvant et humaniste développé plus tard mais un Charlot ivrogne, traître et chapardeur.
Ce très beau coffret, réalisée en coopération de Lobster Films, du British Film Institute et de la Cinémathèque de Bologne, permet d’admirer les premiers pas de Charlot dans toute sa splendeur et sa joie de vivre.
Contenu du coffret Charlie Chaplin : The Keystone Comedies :
Vol. 1 – Vol.2 - Vol.3 - Vol.4
Le Service Educatif propose une animation intitulée « Le cinéma burlesque-le rire est une affaire sérieuse » à destination du public scolaire, secondaire supérieur.
Et enfin, à ne pas manquer, jusqu’au 16/01/2011 l’exposition Jacques Tati à Gand 
Les enfants en âge d’école primaire à l’honneur !
C’est plutôt rare pour qu’on le souligne. En effet, notre collection « Education pour la santé » propose peu de documentaires pour les 6-12ans. Voici quelques découvertes faites lors du Festival ImagéSanté à Liège cette année, qui s’adressent plus particulièrement aux enfants en abordant des sujets susceptibles de les interpeler à un moment donné de leur vie.
Education > Les dossiers de la lettre du Service éducatif