CINQ 7, 2012.
Sur son neuvième album, Dominique A, papa du minimalisme en France, propose treize morceaux très arrangés et parfois grandiloquents. Les cuivres et vents se croisent sur ces compositions moins exigeantes et plus lumineuses que par le passé, lorgnant même vers le rock de stade par instants (le single un peu pompier "Rendez-nous la lumière"). Cependant, sa poésie reste intacte et il faut bien avouer que "Vers les lueurs" nous réserve quelques beaux moments. L'artiste appelle à un retour à la nature. C'est assez logiquement sur les morceaux les plus calmes et intimistes (voire champêtres ?) que Dominique A dévoile toute sa superbe et entre en symbiose avec son propos. Sur "Le convoi", par exemple, magistrale plage progressive frisant les dix minutes. Si l'on émet quelques réserves sur l'aspect parfois maximaliste de ce nouveau crû, on saluera la capacité de l'artiste à prendre des risques et à se renouveler. (AM)
UNIVERSAL MUSIC CANADA, 2012.
Spectacle produit par Dove ATTIA et Albert COHEN. "Nous sommes en France au printemps 1789, la famine, le chômage dévastent les campagnes et les villes. La révolte gronde tandis qu'à Versailles la Cour de Louis XVI, insolente et frivole, continue de dépenser sans compter l'argent de l'Etat. Issus de ces deux mondes qui se redoutent et s'affrontent, Olympe et Lazare n'auraient jamais dû se rencontrer. Lui, jeune paysan révolté par les injustices qui l'ont privé de sa terre, monte à Paris pour conquérir la Liberté. Elle, fille de petite noblesse, gouvernante des enfants royaux à Versailles, se dévoue corps et âme au service de sa souveraine, la reine Marie Antoinette. Et pourtant... Pris dans les fièvres et le tourbillon de la révolution naissante, Olympe et Lazare plongeront ensemble dans les intrigues les plus folles et les plus romantiques. Ils vont s'aimer passionnément, se perdre puis se retrouver. Accompagnant les plus hauts personnages de leur temps tels Danton le magnifique, Camille Desmoulins journaliste fougueux ou Jacques Necker l'austère ministre du Roi, ils connaîtront les soubresauts de la Grande Histoire. Leur amour les mènera jusqu'au matin du 14 juillet 1789, au pied d'une des prisons les plus sombres et les plus mystérieuses de Paris, la Bastille, pour y vivre l'événement qui scellera à tout jamais leur destin mais aussi marquera l'émergence d'un monde nouveau, l'envol de nouvelles promesses de Liberté, et de fraternité entre les hommes. (Présentation officielle)
03H50, 2011.
Bertrand Betsch nous revient avec " Le temps qu'il faut ", un disque écrit et chanté en collaboration avec Nathalie Guilmot. On est loin des textes mélancoliques et des mélodies assez noires des chansons de ses trois premiers albums, dont le splendide " La Soupe à la grimace ". Betsch continue dans la lignée plus douce et romantique de " La Chaleur humaine ". Malheureusement, les textes sont devenus assez téléphonés et les mélodies plus banales. Le chant n'est pas toujours non plus à la hauteur. Dommage. (GD)
LES DISQUES BIEN, 2011.
De la chanson française sophistiquée, ornée de grossièretés choisies et coulée dans une musique délicate. Trio punk acoustique bourgeois composé de Blair (piano, guitare, voix, chansons), Jean-François Domingues (guitare, basse, voix, autres trucs) et Emmanuel Reveneau (guitare, basse, voix, autres trucs aussi). Leur tout nouvel album, La Pantomime des Bouffons, sort fin 2011 chez les Disques Bien. La peur du déclassement, l'auto-apitoiement, l'autodépréciation, l'aversion pour les jeunes, le dégoût et la crainte de l'enfance, la vanité des choses et l'indépassable solitude du branleur fortuné figurent parmi les nombreux thèmes abordés, dans la perspective pédagogique d'une ouverture au monde fascinant des bourgeois. (Présentation officielle)
Article à lire sur http://www.fondairfrench.be/?p=2123
YY LABEL, 2012.
Derrière un nom intriguant, La Boîte à OoTi cache le prolifique Arnaud le Gouëfflec, John Trap et sa compagne OoTi. Sur ce premier album, cette fine équipe plutôt expérimentée nous propose un univers mystérieux composé de froides comptines et de pop-songs souterraines. L'expérience du bidouilleur John Trap s'avère assez payante : l'habillage sonore naviguant entre electronica et weird folk épouse parfaitement les textes assez lugubres d'OoTi. Car la chanteuse à la voix fluette aime raconter des histoires de châteaux hantés, de nuits noires et de fantômes chinois. Dominique A honore ce premier opus par sa présence sur deux chansons particulièrement habitées : " Le chevalier noir " et " Le pêcheur et son ombre ". Dans ce très bel ouvrage, on regrettera juste la présence de deux titres d'ouvertures un peu fades qui pourraient en décourager certains. (AM)
SONY MUSIC ENTERTAINMENT COMPA, 2012.
Ancienne vainqueur de la Nouvelle Star, Amandine Bourgeois s'adonne sur ce deuxième album à un pop groovy aux fortes influences soul. "Sans amour mon amour" a été produit par Ian Caple (Tindersticks). Un album lisse et énergique qui devrait taquiner le haut du top 50.
AKA MUSIQUE, 2011.
Didier Bouteville Kraemer, dont l'album a été produit chez Akamusic, propose sur "L'ordre des choses" une pop très produite qui fait songer à un mélange entre Goldman et Calogero. (AM)
ACTES SUD, 2011.
"Choeurs" regroupe 17 chansons dont les textes sont issus de trois pièces de Sophocle appartenant à "La Trilogie des femmes" : "Les Trachiniennes", "Antigone" et "Electre". Ce livre-disque, sorti dans l'ombre aux éditions Actes Sud, marque le grand retour de Bertrand Cantat qui, accompagné de Pascal Humbert (16 Horsepower, Passion Fodder), Bernard Falaise et Alexander MacSween, signe un brûlot sombre et habité. L'ex-Noir Désir se montre très présent sur chacun des titres en interprétant les textes tragiques de Sophocle de diverses manières : cris, explosions, tensions et chuchots composent cet album noir comme une nuit d'hiver... L'adaptation du théâtre en musique fonctionne plutôt bien sur ces "Choeurs" fiévreux et terriblement prenants ! (AM)
LE SAULE, 2011.
Voici le meilleur disque de Philippe Crab : textes merveilleusement trempés d'imaginaires, musique narrative, arrangements aux petits oignons cuisinés avec les amis du label Le Saule (Léonore Boulanger, Jean-Daniel Botta, Laurent Seriès, Alexandre Saada, ...). Mention particulière à cette belle suite de chansons racontant l'histoire d'un professeur Jules-Vernien que ses élèves jugent dépassé. A découvrir sans hésiter une seconde. (GD)
ATMOSPHERIQUES, 2011.
Troisième et meilleur album pour Joseph d'Anvers qui a encore muri. On sent que l'homme a acquis du métier. Il arrive à concilier son amour pour le répertoire anglo-saxon et pour les textes travaillés en français, en sortant un tant soit peu des sentiers trop souvent empruntés par les chanteurs francophones peu aventureux. On apprécie la subtilité des textes et les angles d'approche des thématiques. Côté musique, la production a de la gueule. Elle met en avant des compositions qui manquent parfois d'originalité. (GD)
LA BALEINE, 2011.
Après avoir pondu un album remarquable (mais peu remarqué), "Sous les cendres" en 2009, le duo electro-pop Del Cielo nous revient avec l'hypnotique et lancinant "Sur des braises". La formule n'a pas changé : le groupe se caractérise toujours pas la voix un peu naïve de Liz Bastard et les arrangements de Gaël Desbois qui empruntent tant à l'electronica qu'à la cold ou la new-wave. Cependant, on sent que l'écriture s'est manifestement affinée depuis leur dernier essai : les Del Cielo nous servent ici des chefs-d'oeuvre claustrophobes à l'instar de "Sur des braises", "Veux-tu" ou "Casoretto" en duo avec Dominique A ! On sort totalement convaincus de cet album oscillant brillamment entre sombre mélancolie et anticonformisme. (AM)
IDWET, 2009.
D'abord la voix de Liz Bastard, petite voix acide entre murmures et confidences minaudées ; agaçante de prime abord, tellement inattendue, très vite attachante, délicate et délicieuse, pleine d'énergie aussi, toujours juste. Puis les textes, un bonheur permanent : pas de rabâchage pour cacher l'indigence, de vrais textes qui interrogent le quotidien minuscule de l'intime, qui jettent un éclairage décapant sur l'aujourd'hui " et les choses perdues d'avance / au bout du bord du vide / vas-y c'est par là / vas-y c'est tout droit/ (...) avec un goût permanent / pour les failles et les fissures / et les entailles et les blessures/" ["Vers le vide", titre 5]. Atmosphères orageuses, pluvieuses, l'amour, le travail, les images publicitaires, la folie du monde, questions lancinantes : "tu fais comment quand le temps nous glisse entre les doigts / et quand je tremble de silence et d'ennui / on se resserre / " ["L'Etau", titre 7]. Cet univers menacé, fragile, on le sent proche de celui de Psykick Lyrikah, aussi n'est-on pas étonné d'entendre Arm en fond sur deux titres (sans oublier le renfort de Robert le Magnifique à la basse ou aux machines sur plusieurs titres). Le titre éponyme prend des allures apocalyptiques, comme dans les visions hallucinées d'Arm : "Regarde pas sous les cendres / Il y a des corps encore brûlants/ Regarde pas sous les cendres/ Il y a des promesses mal tenues / Des horizons calcinés/ Il y a Rome il y a Babylone / Il y a ton code barre qui se consume doucement". L'horizon est sombre " Derrière les vitres glacées / On hurle pas on crie pas / Les ailes collées à la vitre glacée/ ["Les vitres glacées", titre 11], évocation du monde déshumanisé des formulaires administratifs indifférents au "désespoir solidement collé à la vitre embrumée".Reste la révolte "Vas-y crache / Vas-y mords", salutaire...et l'amour sans lequel les plus belles villes sont vides, réactualisation vigoureuse d'un vieux topos romantique ["Des Visages et des Murs", titre 12, le dernier]. Rien ne laisse indifférent dans ces textes sensibles et intelligents, dits-chantés pour nous enchanter... Enfin, les textes sont servis par un accompagnement musical impeccable : beaux sons de guitare électrique, percussions ciselées, discrètes envolées de claviers, scratchs incisifs. Gaël Desbois, qui a travaillé avec Mobiil, Miossec, Laetitia Sheriff, Emma, installe des climats rock/ post-rock/rap aux mélodies efficaces. Ces magnifiques balbutiements de guitare électrique déchiquetée sur "La Plateforme arrière du train", ces claviers implacables puis tournoyants pour l'atmosphère étouffante de "Les Vitres glacées"...Là aussi, quel métier, quelle maîtrise pour un premier disque ! (www.inactuelles.over-blog.com)
EMI, 2011.
"Vagabonde" succède au premier album éponyme de Claire Denamur sorti en 2009. La jeune demoiselle, qui a passé une partie de son enfance aux Etats-Unis, propose sur cette galette onze titres qui évoquent les grands espaces sauvages des terres de l'oncle Sam. Claire Denamur, épaulée par Da Silva, exploite tout l'héritage musical ricain, du folk au blues en passant par la country; une guitare-slide se plait à vagabonder sur la plupart des titres qui dégagent une ambiance chaleureuse et authentique là où d'autres auraient pu passer pour de simples faussaires. Côté textes, une belle évolution par rapport au précédent essai : on est dans une veine plus contestataire que sentimentaliste. (AM)
AUTO PRODUCTIONS, 2010.
Le MC Dooz Kawa fait preuve sur "Etoiles du Sol" d'une démarche pour le moins singulière qui donne lieu à ce que l'on pourrait appeler du "rap manouche". Le disque s'ouvre sur une reprise du score de "Swing" de Tony Gatlif, où l'on peut entendre l'intervention de Mandino Reinhardt. Et ce talentueux fils de Django n'est pas le seul intervenant de choix sur cette pièce hybride de hip-hop français : on retrouve l'excellent Bireli Lagrene et Mito Loeffler sur trois autres titres. Au final, cela donne naissance un univers très particulier et mélancolique, entre musiques tsiganes et hip-hop downtempo, truffé d'instruments désuets et de sons bizarres. Une réussite ! (AM)
POLYDOR, 2012.
Sixième album pour la Grande Sophie, produit par Vincent Taeger, Vincent Taurelle et Ludovic Bruni du Sacre du Tympan. Ce nouveau cru varie entre moments acoustiques et sonorités seventies.
MYSTIC RUMBA, 2012.
"L'or noir" est un projet poético-musical mettant à l'honneur les poètes contemporains de la caraïbe francophone. C'est dans une ambiance moite et tropicale qu'Arthur H récite de poèmes africains (Aimé Césaire), haïtiens (René Depestre, James Noël, Dany Laferrière) ou antillais (Édouard Glissant, Daniel Maximin). L'habillage sonore de Nicolas Repac, destiné à rendre ces déclamations plus "digestes", entre en parfaite synergie avec la voix rauque et intrigante d'Arthur H. Un projet ambitieux qui rend cette poésie légère, agréable et définitivement passionnante. (AM)
ROSEBUD, 1993. Enregistrement 1992.
AZ PRODUCTIONS, 2012. Enregistrement 2011.
2 CD + 1 DVD. Florent Pagny reviste les plus grands classiques de la chanson française en formule acoustique.
EMI MUSIC FRANCE, 2012.
Cinquième album pour M.Pokora, contenant moins de titres r'n'b et beaucop plus de ballades de type variété.
VIVA DISC, 2012.
"Les 50 plus belles chansons" de Pierre Rapsat.
VIVA DISC, 2012.
Best of 2012.
FREAKSVILLE RECORDS, 2012.
"China Man vs. China Girl" plaira très certainement aux détracteurs de Benjamin Schoos. Le liégeois abandonne ses oripeaux rock'n'roll pour enfiler un costume flambant neuf qui, disons-le, lui sied à merveille ! Pop orchestrée à la Biolay, talkover gainsbourgeois, arrangements presque dream pop : ce nouveau cru made in Freaksville redore le blason du label (et de son géniteur) qui ne tenait pas la forme ces derniers temps. Dans ce "China Man vs. China Girl", on croise Laetitia Sadier (Stereolab) au détour d'un magnifique duo ("Je ne vois que vous"), Chrissie Hynde (The Pretenders) encore en bonne condition ("Un garçon qui pleure") ou encore Mark Gardener (Ride) sur un final luxuriant en anglais ("Worlds Away"). Ce disque est bien celui que l'on n' attendait pas de Benjamin Schoos. Et c'est tant mieux ! (AM)
SONY MUSIC, 2012.
Troisième album pour le groupe de hip-hop/R'N'B français. Déjà disque de platine!
MERCURY, 1974. Enregistrement 2001.
En 1973, le directeur de la maison de disque Philips me commanda d'écrire "en secret" un album d'orchestre sur des thèmes de Georges Brassens. Un cadeau d'anniversaire surprise à l'occasion de ses vingt ans de chansons. "Vous avez carte blanche.". Entreprise innatendue et peu aisée, car les chansons de Georges Brassens paraissaient à l'époque remarquables surtout par leurs paroles. Je me suis lancé dans cette aventure avec l'idée de remplacer ses mots par des instruments, d'utiliser des éléments d'orchestration qui suggéraient des situations, et j'ai découvert des mélodies élaborées, aux subtilités bien dissimulées derrière les "pom pom pom" de la guitare. Je me suis amusé à y mêler des souvenirs personnels, fanfares de la Salvation Army dans la brume londonienne, limonaires des quais de Seine, l'Amicale des Fausses Notes sur le kiosque du jardin du Luxembourg, l'harmonium peuplé d'araignées de l'église d'Honfleur, soupirs tziganes aux ponts de Prague, marcharanges des favelas, tenoras barcelonaises ou saltarelles des trottoirs de Spaccanapoli. Je me souviens avoir utilisé des toy pianos, jazzo flûtes, pipeaux, boîtes à musique, toute une batterie de cuisine jouée par les plus grands solistes. Une collection de cartes postales que j'ai offerte à Georges pour son anniversaire. Je l'ai rencontré chez lui à cette occasion, il m'a témoigné beaucoup d'amitié, allant jusqu'à déposer un de ses nombreux chats sur mes genoux. Je n'en menais pas large, n'osant pas mui avouer que j'étais allergique à ces charmants petits monstres. Nous nous sommes revus par la suite, j'allais régulièrement le saluer à la fin de ses concerts parisiens. Je suis très heureux de la réédition de cet album qui m'est cher et il m'était, je crois, reconnaissant. (Jean-Claude Vannier)
Un des albums phares de Jean-Claude Vannier qui donne ici libre cours à son imagination décomplexée et sans chapelle aucune. Grand art du collage, désaccordages et dissonances subtilement orchestrés mettant en lumière la profonde richesse des mélodies du grand Georges. Un disque hors-normes à (re-)découvrir sans plus attendre. (GD)
BARCLAY, 2012.
Après 8 ans d'absence, Zebda donne naissance au successeur d' "Utopie d'occase". "Second tour", qui sort à l'aube des présidentielles françaises, rappelle que les toulousains ont toujours mené un combat politique et ne sont pas juste les auteurs d'un tube de l'été (celui de 98 précisément). Bien sûr, on retrouve chez eux un optimisme salutaire et une profonde envie de faire la fête, mais nombreuses des chansons de ce nouveau cru nous rappellent les très bons "Je crois que ça va pas être possible" ou "Le bruit et l'odeur". Les Zebda possèdent toujours cette pertinence - agrémentée d'une bonne dose d'humour- à propos des thèmes de l'immigration et du racisme. Musicalement, on reste dans la lignée des précédents opus, avec quelques touches davantage orientalisantes. (AM)
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