Pour ce premier album solo, Ben Cooper fait preuve de beaucoup de maturité. Du haut de ses 24 ans, il assène des compositions à la tenue impeccable et aux références soigneusement triées sur le volet. Radical Face se positionne entre pop et folk sans réellement faire de choix. La pop mélancolique de The Notwist caracole avec la pop expérimentale d'Animal Collective tout en scrutant avec insistance les tentatives heureuses qu'ont réalisé des groupes comme Why? ou Man's Best Friend.
Le génie de Rose Kemp, outre celui d’écrire des chansons solides, réside dans son chant, une interprétation habitée comme on en entend peu aujourd’hui, Outre Manche notamment. Elle fait corps avec ses textes, elle fait front avec ses démons. Elle est d’une force incommensurable. On reste figé devant autant de charisme, de maturité, surtout pour un premier album.
La classe acoustique et la fébrilité du sincère... Tellier n'en finit plus de poursuivre cette quête de lui-même, celle d'un romantique monochrome et pourtant plein de couleurs et de provocation : c'est effectivement dans un style très épuré et fragile que Sébastien hurle son envie de séduire. Dans un élan de self-contemplation, Tellier est revenu avec un album de revisites acoustiques de ses meilleurs titres.
Ayant autant d’admiration pour le folk de Nick Drake que pour la bossa sinueuse d’Arto Lindsay, les membres de Raymondo semblent vouloir faire, sur cet opus, l’apologie de la lenteur et du déploiement différé tout en préservant la dimension cotonneuse, par moments neurasthénique, que l’on retrouvait sur le premier album. Hermétique pour certains, la recette employée par le quatuor consiste en la recherche de l’équilibre parfait entre dépouillement et délicatesse.
Evoluant dans une sorte de pop-folk lo-fi toute en grâce et en délicatesse, Milenasong déclame ses morceaux sans âge avec une distanciation presque mystique. Une mystique toute féminine et qui ne s'embarque jamais vers une grandiloquence de bazar. Elle offre plusieurs visages et peut être habitée par un regain énergisant et peut aussi se révéler plus posée, plus mystérieuse ou intimiste. De ces petits instants de grâce, on ressort quasiment apaisé comme si Milenasong était le remède tout indiqué pour calmer les esprits les plus torturés. En ne voulant s'inscrire dans aucune mouvance elle nous apparaît comme unique.
Pour rester simple, disons que Luke Temple partage bon nombre de ressemblances avec des artistes comme Elliott Smith ou Ryan Adams et que les albums des virtuoses que sont Simon & Garfunkel et Nick Drake doivent occuper une place de choix dans sa discothèque : même écriture racée et épurée, même voix chaude et douce, mêmes arrangements d’une apparente simplicité. Luke Temple en est un : oscillant entre ritournelles folk incroyablement accrocheuses, comptines d’une beauté renversante et ballades poignantes, Luke Temple n’a besoin que d’une cinquantaine de minutes pour montrer à qui veut bien l’entendre l’étendue d’un talent et d’une maturité impressionnants.