Depuis plusieurs années, la Médiathèque propose conjointement aux Jeunesses Musicales une programmation musicale axée sur la découverte des musiques traditionnelles ou des « musiques du monde » dans leurs évolutions contemporaines.
Cette saison : trois événements, trois rencontres d’une grande valeur pédagogique, esthétique et humaine. La démarche et l’expérience pédagogique des Jeunesses Musicales rencontrent le travail de mise en valeur et de défense des patrimoines musicaux réalisés par la Médiathèque.
Depuis qu’elle a intégré la structure du Manège, la médiathèque de Mons bénéficie pour l’organisation de ces événements de meilleures conditions techniques (espaces et sonorisation) surtout pour la présentation de groupe plus important en nombre de Musiciens que seront l’année prochaine Marzoug et Damadaka. Enfin le spectacle de danse Khatak n’aurait sans doute pas pu être programmé dans l’espace de l’auditorium à l’îlot de la grand-place.
Les spectacles programmés début 2009 ont déjà bénéficié des infrastructures de l’auditorium Abel Dubois. Ils ont attiré le public habituellement fidèle des deux institutions organisatrices.
Cette année la formule bénéficiera, nous l’espérons de son intégration dans la programmation officielle du Manège pour toucher et attirer d’autres publics curieux de découvertes musicales.
Rappelons donc que la proposition de découverte est basée sur l’approche de la musique intégrée dans leur contexte historique, sociologique, culturel…Les jeunesses Musicales proposent un dossier très complet qui replace les expressions musicales au sein de ces différents contextes. La Médiathèque propose un salon d’écoute ou le prêt d’une sélection discographique autour de ces expressions.
Le choix des musiciens s’effectue au sein du très riche catalogue proposé chaque année par les jeunesses musicales. Ceux-ci étant invité également pour réaliser des interventions en milieu scolaire encadré par les jeunesses musicales. Ces musiciens bénéficient souvent d’une notoriété importante auprès des institutions qui prennent en charge la connaissance des musiques traditionnelles tel la cité de la musique à Paris. Lors de leur passage en Belgique, ils sont régulièrement invités par Didier Melon dans son émission « Le monde est un village ».
Les concerts d’une durée approximative d’une heure bénéficient d’explication technique en rapport avec les instruments utilisés ou les styles musicaux, dispensés par des spécialistes invités des jeunesses musicales et parfois par les artistes eux mêmes quant la barrière de la langue le permet. Cette démarche permet un échange entre les musiciens et le public comme ce fut le cas cette année avec la comorienne Nawal, les Iraniens du duo Sanbehzadeh ou le groupe de femmes Tuva, Tyva Kysy.
Ces échanges permettent de faire apparaître des liens parfois surprenant entre les expressions musicales comme en 2008 où les constantes et les différences dans la grande variété des musiques gitanes pouvaient se vérifier au travers des concerts de Selim Sesler (Turquie) et de Musafir (Rajasthan).
En 2009 nous avons pu découvrir le lien musical existant entre les îles Comores et les régions de la cote Iranienne. Mais le constat le plus important se situait à un niveau plus politique, celui de la liberté d’expression au travers de la musique. Chaque musicien a pu témoigner de son combat personnel : celui pour les femmes à se faire reconnaître ce droit hors des cadres imposés par la religion ou la tradition sociale (Nawal, Tyva Kisy). Celui de pouvoir défendre une tradition minoritaire dans un cadre religieux et politique intolérant (duo Shanbezadeh).
Faire apparaître que la défense des expressions musicales dans leurs diversités reste encore souvent un combat politique majeur restera comme l’image forte de la saison 2009.
La proposition de trois concerts en février, mars et mai 2010 devrait s’inscrire dans la relation à la fois magique et mystique qui unit souvent la musique et la danse.
Pour une présentation détaillée des spectacles consultez le site des jeunesses musicales.
Les concerts auront lieu à l'Auditorium Abel Dubois
Tarif : 3€ / GRATUIT (Enfants de - de 12ans)
Samedi 6 mars 2010 à 16h à l'Auditorium Abel Dubois
La Tammurriata, danse très populaire de Naples et de ses environs, chantée au son du tammorra (tambour).

La tammurriata est une forme dansée et musicale issue du monde rural de la région napolitaine, dérivée de la tarentelle originaire des Pouilles. Elle exige au minimum un joueur de tambour, unchanteur et un couple de danseurs munis de castagnettes. La musique est vive et très rythmique et donne lieu à de véritables moments d’allégresse populaire. Elle est encore jouée suivant des règlesantiques lors de fêtes et autres événements marquants de la vie sociale.
La tarentelle, l’une des plus anciennes danses de Campanie, semble être originaire des Pouilles mais puise ses racines dans tout le bassin méditerranéen. C’est aussi un chant aux intonations trèsmarquées, parfois arabisantes - témoignage de ces multiples influences - qui puiserait ses origines en Orient et en Afrique et s’apparenterait aussi aux danses des derviches tourneurs.
Selon la légende, le mot « tarentelle » serait dérivé du nom d’une araignée, la tarentule, dont la piqûre provoquerait des convulsions ne pouvant être apaisées que grâce à la répétition rythmique,obsessionnelle et frénétique de la musique. Lorsqu’elle n’est interprétée qu’au tambourin et à la voix, cette musique prend le nom de tammurriata (dérivé du mot tammorra, tambour). Si la tammurriatase danse en couple sur un rythme binaire, la tarentelle, elle, vibre d’un rythme ternaire.
Le rythme de la tammurriata a donc quelque chose de rudimentaire, de basique. Elle accompagnait les chants et danses traditionnels et pouvait être jouée sans interruption pendant plusieurs jours.
Dans les campagnes, où tout rapprochement hors mariage était proscrit, les fêtes de villages constituaient souvent le seul moment de contact physique possible entre hommes et femmes. Les genss’observaient tout en tournant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, comme pour arrêter le temps…
À Naples, pour être entendu malgré le tambourin, il faut pouvoir chanter très fort. Ce genre musical oral, fait de vocalises, est exécuté par des interprètes qui ne savent pas lire la musique : latradition, avec ses spécificités se transmet oralement. Le chanteur doit se lancer dans un chant scandé et la danse s’effectue en couple. Le public participe par des cris, des interjections et desbattements des mains. Les danseurs bougent énormément, se lançant dans des sortes de pantomimes ou des gesticulations suggestives.
La tammurriata ne peut laisser personne indifférent : son rythmefort et prenant génère une allégresse populaire, témoignant ainsi de sa sensualité et de sa vitalité.
Chantée, jouée sur le tammorra, large tambour sur cadre parfois muni de grelots ou de clochettes, et agrémentée par les castagnettes, la tammurriata peut aussi être accompagnée par diversinstruments comme ici, l’accordéon, la flûte de canne (sisco), la tofa (coquillage) et la guitare battante.
Le dossier des Jeunesses Musicales


L’ensemble Damadakà est né au début des années 90. Les musiciens et les danseurs se sont spécialisés dans l’interprétation de la tammurriata en collectant leur savoir auprès des vieux porteurs de latradition lors des fêtes populaires de la région napolitaine.
Le groupe a été lauréat de l’Eurofolk Festival de musique traditionnelle de Malaga en 2006. Il a aussi été choisi par Naples comme ambassadeur artistique et musical de la ville et de la région deCampanie.
Michele Arpa, voix
Daniele Barone, voix, guitare battante, coquillage, danse, castagnettes
Dario Barone, voix, tambour à cadre, flûte, danse, castagnettes
Giovanni Saviello, voix, accordéondiatonique, tambour
Margaret Ianuario, voix, tambour, flûte, danse, castagnettes
Marianna Velotto, danse, castagnettes
