Nos Médiathèques

Autour de la Sélec

 

Nous vous proposons une déclinaison, un glissement, une interprétation, un rebondissement, une pirouette, une cascade autour du son au cinéma.
Que serait un film sans bande-son, depuis toujours les deux sont indissociables, jusqu’au fameux « Clap » qui définit la prise.
Le son dans tous les sens, dans tous ses états.
En voici quelques exemples pour lesquels certains y sont allés de leur plume.

 

 

Le son acteur

Quand le son et surtout la prise de sons est le sujet même du film.
Un couple de gens de théâtre est  mis sur écoute et surveillé par un officier de la Stasi, sa vie va en être transformée. (BM)

 

Film culte qui nous raconte l’avènement du cinéma parlant et tous ses déboires. Avec comme point d’orgue une scène où Gene Kelly et Jean Hagen testent des micros et des prises de son devant un buisson. Le décalage entre la voix et l’enregistrement est très drôle.  (BM)

 

Un expert en surveillance, et il entend des choses qu’il ne devrait pas. (BM)

 

Une nuit où il enregistre des sons dans la nature, Jack (preneur de sons) est témoin d'un  accident de voiture. Il s'agit apparemment d'un pneu éclaté mais son magnétophone révèle le son d'un coup de feu. Ici le son devient l'un des éléments majeurs du scénario, le seul témoin du crime. (FV)

 

La voix off

L’histoire d’un agoraphobe. La spécificité ici, c’est qu’on ne verra pas Thomas à l’écran, nous ne feront jamais que l’entendre. Ses angoisses nous seront transmises par l’oral. (BM)

 

Un jeune soldat est tellement mutilé par ses blessures, qu’il ne peut communiquer que par codes avec le monde extérieur. Il est le narrateur de l’histoire, et nous fait partager ses impressions par voix off durant tout le film.(BM)

 

Le son pour rire

Un journaliste vient faire un reportage dans une petite ville, mais soudain, il reste bloqué dans un espace temps.  Ce blocage est exprimé par une même phrase dite tous les matins à radio. (BM)

 

Les chevaux qui hennissent chaque fois que l'on prononce le nom de « Frau Blücher ». (BM)

 

 

Et d’abord le son

Dans le célèbre film produit par  Walt Disney. La musique a  inspiré les images et non pas le contraire comme habituellement. En 1940, le film a été présenté au public avec système Fantasound, une diffusion sur cinq canaux. L’équivalent du  5.1 d’aujourd’hui. (BM)

 

 

Le son est musique

Des compositions électro-acoustiques (Frances White, Hildegard Westerkamp) accompagnent et renforcent l'étrangeté des déambulations dans le lycée avant la tuerie. Ce qui est très fort, c'est la manière dont le film absorbe ces oeuvres composées dans un tout autre contexte. (JGM)

 

Pour la somptueuse musique de Zbigniew Preisner.
La douleur de Julie (Juliette Binoche), est tellement intense après la perte de son mari et de sa fille dans un accident de voiture qu'elle en est indicible. La musique remplace la violence de cette perte et scande les états émotionnels dans lesquels se trouve la protagoniste. Elle la poursuit... ne la laisse pas en paix.
La profondeur et la pureté de cette musique est choquante car elle dénote avec la violence de la douleur de Julie, et résonne avec la transparence du bleu de l'eau dans laquelle Julie se ressource.
La perte de son mari et de son enfant résonnent sans cesse dans sa tête mais paradoxalement, cette douleur la ranime en ce sens qu'en tant que compositrice, elle se doit de terminer un travail entamé avant l'accident, à savoir un concerto pour l'unification de l'Europe.
La douleur prend alors un tout autre sens grâce à la musique et elle est transcendée. (LR)

 

Le rapport de la musique au film très intéressant. Ici la musique joue un rôle essentiel et souligne les actions. Le mélange de style avec des voix enfantines, des sons cristallins ou de la musique classique renforce l’impression d’être sur une planète inconnue peuplée d’étranges créatures. (CL)
Musique de Bruno Coulais

 

L'omniprésence de la mort via le mouvement lent de la 5e symphonie de Mahler marque une symbiose magistrale dont musique et narration sont tous deux indissociables.
Visconti caressait de longue date l'idée d'une adaptation du livre "Mort à Venise" de Thomas Mann et avait d'ailleurs rencontré l'écrivain qui avait lui même pensé à l'univers de Gustav Mahler lors de son processus d'écriture...
Désir, amour interdit et pulsion de mort caractérisent la pulsation rythmique d'une toile sonore sublimée par les émotions qu'elle véhicule.
Sans aucun doute la plus belle utilisation du répertoire classique dans le cinéma. (NG)

 

Le son pour une autre dimension

Comme le personnage principal est aveugle, une mise en évidence sur la sonorisation des scènes a été faite en studio. Des ralentissements ou accélérations de bandes provoquent des cadences quasi dansantes. L’utilisation de fouets ou de bâtons produisent des sons qui très vite donnent une touche musicale au film. (BM)

 

Un western anti-western.  Un voyage initiatique. Une errance tant pour le personnage principal que pour la bande-son. Pour la composer, Neil Young s’est laissé porter par les images et s’est permis une longue improvisation à la guitare. Longue suite de notes qui nous titillent les sens. (BM)
Musique de Neil Young

 

Avec la musique de Cinematic Orchestra :

En 1929, Dziga Vertov, cinéaste soviétique, réalise un film dans lequel il inventera de nouvelles techniques de montage et de découpage, également des effets visuels.

Le groupe anglais Cinematic Orchestra va refaire une nouvelle bande son pour son film « The Man With A Movie Camera », et par là même lui donner une nouvelle dimension, et souligner l'aspect terriblement moderne du film. (BM)

 

Le temps s'arrête presque, il est sublimé et trompé par la lenteur.
Dans ce cas-ci, le son n'illustre pas l'image, l'image fuit le son mais ils restent en dialogue. (PTH)

 

Versus

Deux relectures musicales différentes des films de Buster Keaton.

La première par Bruno Regnier, jeune compositeur français, évoque le cinéma burlesque et la musique de Gershwin. L'attention particulière portée à l'écriture et aux arrangements laisse cependant une part belle aux improvisations de jeunes instrumentistes de haut vol.

La seconde est due à Bill Frisell, guitariste de fusion. La formule en trio guitare-(contre)basse- batterie offre plus d'espace à la liberté instrumentale mais n'offre du coup plus la même finesse d'écriture. Une vision plus nostalgique  pour ce musicien qui reste marqué par la musique folk nord américaine. (MK)

 

La projection de cette  restauration de films d'archive sur la Sardaigne a servi de prétexte à cette rencontre. Les musiciens ouvrent le bal sur des plages très ouvertes avant même que ne débute la projection. Une volonté affichée de réancrer la tradition dans l'actualité marque l'ensemble. (MK)

 

Film culte du « maître » où la bande son, résultat d'un travail expérimental, est totalement liée à l'atmoshère onirique, étrange, sinistre, poétique et cauchemardesque de l'histoire. (FV)
La B.O. (remasterisée)

 

 

Le son qui donne une couleur, un genre, le son trompeur

Au XVIIIe siècle, un médecin de campagne accueille Victor, un enfant sauvage capturé dans la forêt. Le gamin va devenir un cas d’étude pour le scientifique. L’utilisation de la voix off pour tenir le spectateur au courrant des avancées de l’étude donne une impression de film documentaire. Truffaut aurait déclaré avoir réussi un anti-documentaire avec une chose extrêmement vraie. (BM)

 

Dans le premier épisode de la série on découvre une coccinelle.
Les sons des insectes nous rappellent une autre série : Star Wars. (FB)

 

Le son qui fait peur

Pour la célèbre scène de la douche, qui fit véritablement entrer le film dans l'histoire du cinéma, Hitchcock ne voulait pas de musique. Mais Bernard Herrmann écrivit malgré tout une géniale partition pour cordes. Avec les sons stridents des violons et des violoncelles, il réussit à porter la scène au paroxysme de l'angoisse.Hitchcock en fut tellement satisfait qu'il augmenta le salaire d'Herrmann et lui demanda de reprendre le thème des cordes pour la scène où la soeur de Marion descend dans la cave et découvre le squelette de la mère de Norman Bates.  C'est le bruit de l'eau qui accompagne toute la scène de la douche, d'abord celle de la pluie, puis celle de la douche - interviennent alors les sons stridents des cordes pendant le meurtre - puis à nouveau l'eau qui coule pendant que Norman Bates nettoye la baignoire et le sol. Enfin, le bruit de l'eau du marécage où s'enlise la voiture contenant le cadavre de Marion. (FV)

La B.O. : Y 4197 plage 1- la plage dure 7' 23 et c'est à 4' 32 qu'intervient le fameux « son » des cordes pour la scène de la douche.   Voir aussi Y 4184 plage 4.

 

Célèbre film, faux documentaire basé sur les vidéos tournées par trois étudiants partis réaliser un documentaire sur le mythe d'une sorcière qui hanterait une forêt et serait à l'origine de la disparition de plusieurs individus dont des enfants. Les trois étudiants disparaissent à leur tour, restent les vidéos pour témoigner de leur histoire. Aucun apport musical pour ce film. C'est le son ambiant, celui de la nature, celui de tous les bruits entendus dans la forêt, naturels et surnaturels?. C'est le son qui provoque en crescendo toute l'angoisse, la peur, la terreur ressenties par les personnages en même temps que par les spectateurs. (FV)

 

Les quelques coups d’archets sur le violoncelle qui signalent la présence malfaisante d'un requin  invisible durant presque tout le film. (BM)
Analyse assez complète et très intéressante de la bande son.

 

Musique originale et avant-gardiste soutenue par des sonsd’instruments traditionnels avec ajouts électroniques. Ici, la musique est métallique, dissonante et sans rythme. Le côté futuriste, inquiétant et bestial du film sont ainsi renforcés. (Musique de Jerry Goldsmith). (CL)

 

Le cinéma chante

Ou quand les interprètes de Music-Hall passent des planches à la toile.

Dans les années '30, en France, il existe une relation très étroite entre le cinéma et la chanson. Les débuts du cinéma parlant offrent  une place de choix aux chanteurs populaires de l'époque. Il  est courant de retrouver 3 à 4 titres dans un film de 90 minutes et parfois, c'est même 7 à 8 chansons qui s'intègrent dans le récit.

Cette intégration aux films n'est que la suite logique d'une aventure commune, la chanson était en effet de tous les essais de synchronisme. A voir, par exemple «Les chansons filmées» de Georges Lordier ou le chanteur caché derrière l'écran de cinéma muet dans un mélange de cinématographe et de spectacle traditionnel.

Rien d'exceptionnel à ce que le scénario soit bâti autour des standards du moment afin de mettre tel ou telle artiste en valeur. Qu'importe l'intrigue, il ne s'agit au fond que de Music-Hall à domicile. Pour la première fois ce n'est plus l'artiste lui-même mais son reflet sur l'écran que le public acclame, les relations public/chanteur en sont définitivement modifiées mais c'est une autre histoire.

Si le cinéma est un fantastique moyen de diffusion et de promotion pour la chanson, celle-ci le lui rend bien. On assiste à une véritable prolifération de longs métrages chantés. Les interprètes ne sont autres que Tino Rossi, Maurice Chevalier, Mistinguett, Milton, Dranem, Albert Préjean, Charles Trenet, ... (GB)

 

 

 

Et quelques réalisateurs...

D’abord les plus connus...

Pendant plusieurs années , Chaplin est resté réfractaire à la sonorisation de ses films. Et quand il se décide à introduire des éléments sonores dans ses films c’est de manière parcimonieuse, et surtout pour appuyer le caractère de l’un ou l’autre de ses personnages.

Dans « Les Lumières de la Ville » en 1931, par exemple, Charlot avale un sifflet par inadvertance. La présence du héros muet et clochard  au milieu d’un dîner bourgeois est considérée comme déplacée, et il émet donc des sons perturbants et dérangeants.

D’autre part il tombe amoureux d’une jeune aveugle, et donc la meilleure façon de communiquer avec elle est la parole. Pourtant le spectateur n’entendra jamais les mots du galant. De manière générale, les acteurs ont un débit tellement rapide que l’on a beaucoup de mal à comprendre ce qu’ils disent. De plus ce film, est encore très axé sur la pantomime.

« Les Temps Modernes » en 1936 ( dernier film où Charlot est muet – mais film parlant)

Dans  « Le Dictateur » en 1940, le personnage principal est agressif et vindicatif. Chaplin lui a collé une voix grinçante et vindicative. (BM)

 

Si on associe les mots « Son – Cinéma – France », on ne peut que penser à lui ! Jacques Tati. Des films sans dialogues précis, sans paroles mais pas muets, loin de là. 

Que serait  « Les vacances de Monsieur Hulot » sans le « Chtong » de la porte du restaurant.

Et dans « Playtime », quand Monsieur Hulot est dans la salle d’attente, et qu’il essaye les fauteuils qui font « Pfft »  ou encore  la porte qui ne claque pas dans la scène du salon des arts ménagers et dont le slogan est « Slam your door in a golden silence ».  (BM)

 

Et puis aussi les plus fantasques

Guy Maddin a été dès son jeune âge passionné par le cinéma, le cinéma de Cocteau par exemple, il est également fort intéressé par le cinéma muet.

Aussi, quand il décide de faire du cinéma, il fait tout. Il réalise, fait le son, l’image, l’acteur …..

Ses premiers films portent l’empreinte du cinéma réaliste allemand et scandinave.

Il utilisera des pellicules griffées, et des 78 tours voire même des rouleaux comme bande-son.

Au plus ça gratte et ça grince au mieux c’est. (BM)

 

Ed Wood au même titre que Guy Maddin était un grand passionné en plus d’être fantaisiste. Très jeune il s’intéressa à l’image par l’intermédiaire de la photo pour ensuite se lancer comme cinéaste « à tout faire ». Il s’entoure d’acteurs de pacotille, une ancienne speakerine ou une star de la lutte par exemple. Les décors sont faits de carton pâte, les bruitages sont bricolés. Il réussira à faire plusieurs films et à se faire nominer comme « Pire réalisateur de tous les temps ». (BM)

Son film le plus célèbre « Plan 9 From Outer Space » (VHS)
Et un touchant hommage à voir absolument  avec « Ed Wood » de Tim Burton

 

 

Le son en prise directe – Dogma 95

Dogma 95 est un mouvement ou plutôt une règle éditée par le cinéaste danois Lars Von Trier.
Selon cette règle le décor doit être naturel, ainsi que la lumière, le son doit être en prise directe et ne subir aucun effet en studio, la caméra doit être prise à l'épaule...
Quelques réalisateurs se sont pris au « jeu » du dogme.

Et comme le disait Von Trier lui-même, chaque règle est créée pour être contournée, très vite elles ont été carrément abandonnées. (BM)

Peu de musique, beaucoup de sons réels liés à la nature et aux paysages dans lesquels le film se déroule. Les sons ambiants remplacent les dialogues. (PG)

 

The Wilhelm Scream

En 1951, pour le film « Distant Drums » de Raoul Walsh, un cri fut poussé par un acteur. Ce fameux cri fut enregistré en plusieurs prises, dont certaines furent archivées dans une bibliothèque sonore et reprises plus tard dans de très nombreux films allant de « Indiana Jones » en passant par « Willow » .. (BM)
Plus de renseignements
Pour l’entendre 

 

Du cinéma pour les oreilles

Wuwei est un mot chinois qui signifie non-action.
Du cinéma pour l'oreille mais aussi pour le cerveau... Entre la terre qui frisonne ou une pluie de coquille d'oeufs, les yeux sont libres, ils voient autre chose que ce qui est à entendre. (PTH)

 

Les grosses guitares au service de la juste mélodie.
Des musiques de film réinterprétées par une dream team du metal...
Des thèmes connus à écouter/voir avec une nouvelle perspective ! (PTH)

 

Pour la chanson Modern Style et son sample répété éperdument : « La vie est faite de morceaux qui ne se joignent pas ». Lorsque j'ai vu plus tard « Les Deux Anglaises et le Continent » de Truffaut, j'ai sursauté à l'écoute de ces mots comme projetés d'ailleurs alors que j'étais là à leur origine. (JGM)

 

Le monologue de « La Maman et la Putain » de Jean Eustache (VM1054) soutenu par quelques accords musicaux qui vont crescendo.  Quelle intensité ! (BM)

 

Le duo électronique américain rend une sorte d’hommage à la chirurgie esthétique. Certains morceaux sont créés uniquement à partir de samples de bruits faits lors d’opération de chirurgie esthétique. Et tout cela sous un aspect extérieur très dansant ! (BM)

 

Ceci n’est pas une histoire du cinéma, mais un montage de sons, de textes, de musiques organisé et raconté par Jean-Luc Godard.. Sorte de fiction surréaliste, c’est réellement du cinéma pour les oreilles. Très beau coffret regroupant 5 cd’s et 4 livres. (BM)

 

A écouter dans le noir et les images apparaissent. (PG)

 

Polar pour les oreilles, évocation de film noir. Barry Adamson revient sur le quartier de son enfance, le Moss Side de Manchester et en fait le décor d’un murder mystery imaginaire, à l’ambiance sombre et angoissante. (BD)

 

Pour son dernier film, Derek Jarman, devenu à moitié aveugle, choisit de présenter un écran uniformément bleu. Simon Turner en réalise la bande-son, moteur unique de l’action, extraordinaire collage d’ambiance et de monologues de Jarman. (BD)

 

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