PETIT INSTANTANÉ SUR LE THÈME DE LA PHOTO...

« A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n'en avez pas pris une photographie. » (Emile Zola)
Au delà de la technique pure qui permet de créer des images fixes, instantanés d’un moment précis, la photographie peut aussi se voir sous d’autres formes… musicales, filmiques ou documentaires.
Nous aurions pu rassembler tous les films et documentaires parlant de la photographie mais tel n’était pas notre but. Afin de vous faire découvrir la photographie autrement, sous des aspects différents, voici une sélection de médias qui, nous l’espérons, vous ouvrira un autre regard sur la Camera Obscura.
Le Troisième Homme, film de Carol Reed, scénario de Graham Greene, avec Orson Welles, Joseph Cotten, Alida Valli…
Oscar de la Meilleure Photographie en 1950 décerné à Robert Krasker qui photographie Vienne, après-guerre, en noir et blanc, captant les mystères, l’angoisse, le climat de déréliction de la ville blessée, découpée en zones militaires. Chaque image est une photo, contrastes, angles, ombres et lumières accusent l’impression d’instabilité, de vulnérabilité de la ville même et de la vie des personnages.
(FVW)
Smoke, film de Waine Wang et Paul Auster avec Harvey Keitel, Lou Reed…
Auggie, personnage central du film dont le rôle est tenu par Harvey Keitel, tient un débit de tabac à Brooklyn, lieu
autour duquel gravitent les quelques personnages dont des fragments de vie vont former la trame du film.
Auggie sort tous les matins à une heure précise pour photographier le même endroit de son quartier, le carrefour qui fait face à sa boutique. Il a jusque là accumulé plus de 4000 clichés. Dans une scène où il montre son album à l’écrivain Paul Benjamin, il explique : « C’est une sorte de hobby… 5’ par jour, par tous les temps, qu’il pleuve ou qu’il vente… J’ai plus de 4000 photos, 4000 jours d’affilée à 8h du matin, à la même heure tous les matins, au même endroit, à la même heure… C’est mon grand projet, on peut dire que c’est ma grande œuvre… C’est mon coin de rue, c’est surtout un petit coin du monde mais il s’y passe des choses comme n’importe où ailleurs. C’est la mémoire de mon quartier…Tu ne verras rien si tu ne ralentis pas un peu, ne passe pas dessus trop vite, c’est tout juste si tu vois les photos… Ce sont toutes les mêmes mais chacune des photos est différente des autres. Tu as les matins nuageux, tu as les matins clairs, tu as la lumière d’été, lalumière d’automne, tu as les jours de la semaine et les week-end, tu as les gens en manteau et en bottes, les gens en t-shirt et en short. Quelque fois les mêmes gens, quelque fois d’autres gens, quelque fois les autres deviennent les mêmes, les mêmes disparaissent. La Terre tourne autour du Soleil et chaque jour la lumière du Soleil touche la Terre selon un autre angle.… Ralentir… C’est ce que je recommande. Tu sais ce que c’est, demain et demain et demain et le temps passe à petits pas… ».
Dans une autre scène, Auggie racontera à Paul Benjamin (qui doit écrire un Conte de Noël pour le New York Times) comment il a acquis son appareil photo un soir de Noël.
Le film « Smoke » est suivi par le film « Brooklyn Boogie » qui continue l’histoire des mêmes personnages.
Le roman de Paul Auster qui correspond est « Brooklyn Follies ».
Il a aussi été édité « Le conte de Noël d’Auggie Wren » .
Tous les romans de Paul Auster sont édités chez « Actes Sud ».
(FVW)
Le retour, film de Andrei Zviaguintsev (2003)
Deux enfants rentrent bruyamment chez eux après l’école. Leur mère les interpelle en leur disant «moins fort, votre père dort». Et les deux enfants de répondre : «Qui?». Car ce nouveau visiteur leur est inconnu et seule une vieille photo jaunie était là pour leur rappeler son existence. Le père emmène alors ses deux enfants en voyage pour tenter de rétablir ce lien inexistant. S’en suivra un voyage difficile sur de nombreux plans et une fin des plus inattendue.
Si la photographie n’est pas le thème principal de ce film, elle prend cependant une place importante dans le scénario. Au départ déjà, l’image du père inconnu des deux jeunes enfants n’existe qu’au travers d’une vieille photo jaunie. Ensuite, les enfants prendront régulièrement des photos durant tout ce périple. Pour terminer, et ce juste avant le générique de fin, les photos prises tout au long de ce voyage viennent clôturer une histoire, une vie, et sont le complément parfait du «Retour».
Une chose vous marquera peut-être, mais les enfants n’auront pris aucune photo de leur père durant ce voyage…
(BS)
The Cineseizure, films expérimentaux de Martin Arnold
En remontant des extraits de vieux films hollywoodiens, le réalisateur autrichien Martin Arnold suspend le mouvement propre au cinéma afin d’analyser certaines situations somme toutes banales. Il nous donne ainsi la sensation de voir une succession de photographies de la vie quotidienne. Attention néanmoins au tournis… Ou quand la pellicule devient objet artistique à part entière…
(BS)
Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus, film de Steven Shainberg
Comme son titre l’indique, ce film se veut un portrait fictif de la célèbre photographe américaine Diane Arbus.
Diane Arbus (de son vrai nom Diane Nemerov) était au départ styliste et assistante de son mari photographe. Ce n’est que vers l’âge de 34 ans que Diane se lance dans la photographie, prenant même des cours quelques années plus tard. Ses thèmes favoris: travestis, nains, géants, prostituées, freaks en tout genre.
Steven Shainberg, le réalisateur de Fur, a eu une idée géniale, celle d’imaginer ce qui a bien pu déclencher la passion photographique de Diane Arbus. Ce film est à prendre comme un conte, une friandise teintée de fantastique. Très beau portrait de femme aussi (interprétée par Nicole Kidman).
(BS)
Pecker, film de John Waters (1998)
Lors de sa première exposition photo dans un snack pourri à Baltimore (tous les films de John Waters se passent à Baltimore), le jeune Pecker se voit proposer une place dans une galerie d’art huppée de New-York. Sa progression rapide dans les hautes sphères branchées va lui attirer des ennuis auprès de son entourage. Un film 100 % dédié à la photographie…
Connu pour être un réalisateur «punk» (surtout au début de sa carrière, voir Pink Flamingos VP0454), le réalisateur John Waters nous offre ici une comédie qui mélange subtilement le milieu de la photographie et le gentil monde un peu décalé cher au réalisateur, avec son lot de rôles secondaires farfelus mais attachant (la petite sœur de Pecker, accro au sucre, est délicieuse...). Une réflexion intelligente et décapante du milieu artistique, des galeries branchouilles, de la gestion du succès…
(BS)
Photo obsession, film de Mark Romanek (2001)
Un employé un peu bizarre (vieux garçon maniaque et totalement seul) s’est approprié une famille grâce aux photographies qu’il a développées dans son laboratoire depuis plusieurs années. Le couple Yorkin et son jeune enfant sont loin d’imaginer que leurs photos tapissent les murs de cet employé poli mais complètement malade… jusqu’au moment où tout va déraper.
Un film très étrange de par son ambiance glauque et froide (le magasin semble aseptisé) et magnifié par le jeu d’acteur de Robin Williams qu’on aimerait sincèrement voir plus souvent comme ça. Photo obsession n’a pas connu le succès qu’il aurait mérité… Ou quand la photographie permet d’analyser la solitude.
(BS)
Zelig, film de Woody Allen (1983)
Le film est réalisé comme un documentaire sur le “phénomène” qu’est devenu Léonard Zelig, personnage imaginaire, schizophrène qui se métamorphose pour ressembler à son entourage, “un homme caméléon”. Jeux de vrais et de faux documents, clichés, extraits de films, interview. Une réflexion sur les manipulations de l’image, sur l’exploitation d’un individu qui devient une bête curieuse pour la science, le public et les médias.
(FVW)
La photographie est également intimement liée au monde du mannequinat, des défilés, de la mode. Certains mannequins ont tenté une incursion dans la musique avec plus ou moins de succès, tout comme certaines icônes de la scène pop-rock entamé leur vie publique en défilant sous les flashes des photographes. Petite mise en bouche.
(BM)
Twiggy
Emblème des années soixante à Londres, elle est associée à l’image de la minijupe créée par la styliste Mary Quant. La jeune femme au look androgyne pose sur la couverture du « Pinups » de David Bowie. Elle s’essaye aussi à la musique et au cinéma. (Blues Brothers)
Le groupe de pop japonaise Pizzicato Five lui a dédié une chanson très sixties.
Twiggy « Twiggy »
Pizzicato Five « Five by Five »
Vive la fête
Duo électro formé par Danny Mommens (ex-dEUS) et Els Pynoo (ex mannequin).
Ils ont été remarqués par Karl Lagerfeld qui les a engagés pour faire les musiques de ses défilés.
« Attaque surprise »
« République populaire »
Grace Jones
Mannequin d’origine jamaïcaine. En 1977, elle sort son premier album « Portfolio » qui surfe sur la vague disco, elle y reprend « La vie en rose » d’Edith Piaf et « Tomorrow » de la comédie musicale « Annie ». Puis, début 80, elle rencontre le photographe, graphiste, réalisateur de pubs Jean-Paul Goude. Il lui ‘taille’ une image de beauté sculpturale. En 1981, l’album «Nightclubbing» la porte aux nues.
Portfolio
Nightclubbing
Nico
Après avoir travaillé entre autres pour le célèbre magazine « Vogue », elle sera engagée par Coco Chanel. Ensuite elle rencontrera Andy Warhol, tournera des films expérimentaux avec lui et continuera sa voie artistique au sein du Velvet Underground.
-
En chanson :
« Desertshore »
« The End »
- Dans un film de Andy Warhol :
« The Chelsea Girls »
- En long et en large :
"Nico-Icon" Un documentaire de Susanne Ofteringer sur ses multiples vies – mannequin, actrice, chanteuse, muse.
William Klein
Peintre et photographe américain curieux des différentes techniques de l’image et qui, donc, s’aventure en dehors des sentiers battus par ces prédécesseurs. Au début de sa carrière, il travaille pour le célèbre magazine «Vogue». Il réalise également des longs métrages de fiction dont «Qui êtes-vous, Polly Maggoo»en 1966, une satire du monde de la mode.
"In and out of fashion” - documentaire sur et de William Klein
“Qui êtes-vous, Polly Maggoo”
Lee Miller
Une photographe américaine qui démarra sa carrière en travaillant avec Man Ray et lui servi également de modèle. Aventurière et progressiste dans sa profession, cette très belle femme l’était également dans la vie. Elle fréquenta Picasso, Cocteau ou Paul Eluard. Elle fut également correspondante de guerre ou malgré les circonstances dramatiques elle parvint à prendre des clichés extraordinaires.
« Lee Miller ou la traversée du miroir » - réalisé par Sylvain Roumette
Rock et photo
Anton Corbijn
Photographe hollandais qui a commencé sa carrière au « New Musical Express ». Il a immortalisé toute la scène rock avec ses clichés en noir et blanc depuis 30 ans. Il a mitraillé Depeche Mode sous toutes les coutures. En 2007, il réalise le film « Control », long métrage sur la vie de Ian Curtis, chanteur de Joy Division.
Anton Corbijn "The Work of Director"
Anton Corbijn "Control"
Stéphane Sednaoui
:
Photographe-reporter pour « Libération » notamment, réalisateur de vidéo-clips, on lui doit aussi les pochettes de «Post» de Bjork ou « Production » de Mirwais.
Stephane Sednaoui
"The Work of Director"
Kraftwerk “The Man Machine“
Avec la chanson “The Model”, tant par la musique que par le texte, ils expriment parfaitement le côté décérébré des défilés et de l’apparence du mannequin.
La photographie en documentaire
Robert Doisneau «Tout simplement », documentaire de Patrick Jeudy
Plus de 700 photos défilent et racontent en même temps ce que Doisneau commente, le Paris populaire, les gens qui deviennent des personnages, les enfants qui reconnaissent Doisneau comme « un des leur », les ouvriers de Renault-Billancourt auprès desquels il a travaillé durant cinq années comme photographe industriel, la guerre, la résistance, la libération, sa rencontre avec Cendrars et Prévert qui devient un compagnon de promenade dans Paris, le métro, les quais, les bistrots, la banlieue d’après guerre…
(FVW)
Jacques Henri Lartigue « Le siècle en positif », documentaire réalisé par Philippe Kohly.
Obsédé par la peur de voir les moments privilégiés de son existence s’estomper, sa plus grande passion a toujours été de tenter de les fixer sur la pellicule.
(EM)
Robert Doisneau « Le braconnier de l’éphémère » Les grandes heures – INA/Radio France
Une série d’entretiens, de rencontres, d’évocations, de souvenirs, tous passionnants où Robert Doisneau apparaît plein d’humour, d’humanité et d’humilité…
«Le monde que j’essayais de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, oµ je trouverais la tendresse que je souhaitais recevoir. Mes photos étaient comme une preuve que ce monde peut exister.»
(FVW)
Autour des photos de Pierre & Gilles

Depuis plus de trente ans, Pierre photographie et Gilles peint.
Le duo a immortalisé, sublimé, des mannequins, des acteurs et aussi des chanteurs.
Le succès est au rendez-vous, ils peuvent être considérés comme les maîtres du kitsch.
Parallèlement à leurs travaux personnels, ils réaliseront des images pour de grands couturiers (J-P Gaultier, T. Mugler), des magazines de mode, des affiches de cinéma et une série de pochettes de disques :
- Sandii "Pacifica"
- Etienne Daho " La notte la nott …" et "Reserection"
- Polo "A Paris"
- Arielle Dombasle "Extase"
- Marc Almond "A Lover Spurned"
- Cocorosie "The Adventures of Ghosthorse and Stillborn"
- Nina Hagen "Revolution Ballroom"
- Momus "Timelord"
- "Les amants criminels" - François Ozon
- "Presque rien" - Sébastien Lifschitz
(GB)
« Que c’est beau la photographie ! » Les Frères Jacques - CD en Chanson Française
(FVW)

Attention, ne bougeons plus… le petit oiseau va sortir…!
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