LES MOTS DITS, LES MOTS DOUX, CHANTÉS, PARLÉS. QUAND LE CHANT ET LA MUSIQUE S'ENTREMÊLENT. LE POIDS DES MOTS, LE CHOC DES RENCONTRES.
La voix parlée dans la chanson française permet d’exploiter au mieux le côté narratif d’un album et de plonger l’auditeur au cœur d’un véritable récit. Il existe évidemment des albums entièrement chantés qui revendiquent le même objectif (comédies, contes ou « films » musicaux). La voix parlée offre malgré tout une dimension supplémentaire, une qualité d’écoute plus intense, un autre niveau d’intimité avec l’auditeur qui retrouve le plaisir de se faire conter une histoire. On la retrouve le plus souvent sur les albums concepts, qui se distinguent par la volonté de suivre un fil conducteur tout au long de l’album. Il ne s’agit plus d’une compilation de plages distinctes mais bien de construire un récit en assemblant chronologiquement les différents morceaux d’une même histoire. Enchaînant souvent plages chantées, parlées et/ou instrumentales; le chanteur se fait narrateur, les textes et la musique se lient, se répondent et participent ensemble au récit.
Pour débuter cette sélection, Serge Gainsbourg et « L’Histoire de Melody Nelson » . Composé en 1971, ce récit semi-autobiographique retrace l’histoire d’un homme (Serge Gainsbourg) heurtant involontairement une cycliste adolescente (Jane Birkin) lorsqu’il perd le contrôle de sa Rolls Royce. Première rencontre, séduction, amour et fin tragique pour Melody lorsque son avion s’écrase. Violons et ambiance glauque à souhait.
Cinq ans plus tard, Serge Gainsbourg remet ça avec « L’Homme à Tête de Chou ». Nouvelle histoire d’amour tragique, composée suite à l’acquisition de la sculpture de l’artiste Claude Lalanne, représentant l’homme nu, assis, un chou à la place de la tête. Cette fois, c’est un pigiste de journal à scandale qui s’éprend de Marilou, jeune shampouineuse nymphomane. Elle danse aussi le reggae qui fait ainsi son apparition dans la discographie de Serge Gainsbourg. L’amant malmené, humilié par sa shampouineuse infidèle, perd la tête et … si vous l’ignorez encore je vous laisse découvrir la fin de Marilou.
Avant de passer à d’autres artistes, pour apprécier différemment les textes de Serge Gainsbourg, l’album « Portraits » en propose des versions lues, sans musique.
Pour poursuivre, un travail d’équipe. « La Ballade de Calamity Jane », par Chloé Mons, Alain Bashung et Rodolphe Burger, vous plonge dans le monde hostile du Dakota de 1873. Partant du livre «Calamity Jane, Lettres à sa fille», l’album enchaîne les chansons qui en sont librement inspirées et la lecture des lettres par Bashung. « Ma Chérie, ceci n'est pas censé être un journal, et il se peut même que ça ne te parvienne jamais, mais j'aime penser à toi en train de le lire, page après page, un jour dans les années à venir, après que je serai partie. J'aimerais t'entendre rire en regardant ces photos de moi…». Cette correspondance met en lumière un autre visage de Calamity Jane. Renommée pour sa vie tumultueuse, femme volontaire et rebelle mais aussi mère souffrant d’avoir abandonné sa fille, pensant que son mode de vie ne lui permettrait pas de l’éduquer correctement.
Autre collaboration pour le trio, le « Cantique des cantiques ». Concept particulier puisque, Monsieur et Madame Bashung récitent le texte biblique, à l’occasion de leur mariage sur les programmations subtiles de Rodolphe Burger. Voix entremêlées, électro sobre et lancinante, hypnotisme garanti.
Autre époque, autre style, Florent Marchet, avec « Rio Baril ». Si l’intro vous emmène à nouveau du côté du Far West, c’est bien d’une bourgade française qu’il s’agit ici: « son clocher, son école, sa place, ses cafés, son Crédit Agricole, et juste à côté, sa mairie fleurie…». Le décor est planté, reste à dérouler le fil de la vie du narrateur, de ses souvenirs d’enfance à l’automne de sa vie. Un brin nostalgique, il porte un regard fantaisiste, désabusé mais aussi amusé sur la vie simple à Rio Baril. Dominique A et Katerine s’invitent sur « On a rien vu venir » et Arnaud Cathrine, qui signe «Frère Animal» avec Florent Marchet, co-écrit ici trois plages.
Cette fois, départ pour une autre planète, c’est « L’Homme Libellule » de Miam Monster Miam. Comme un descendant de l’Homme à Tête de Chou égaré dans un film de science- fiction de série B, voici l’Homme Libellule. Premier être vivant mi-insecte, mi-homme, créé par une société japonaise à partir de cellules souches du christ. Pop, rock, électro, rétro, disco, … les aventures de Dragonflyman sont franchement intergalactiques.
Il faut s’éloigner de la voix parlée, mais le détour en vaut la peine. En effet, Olivier Libaux aime aussi raconter des histoires et de plus il choisit bien ses «conteurs». La preuve par deux :
« L’héroïne au bain », présenté comme un conte musical, se déroule dans un petit village. Aux abords du village, une boîte de nuit, à proximité une forêt… Dans ce décor, notre héroïne, son mari, le journaliste, l’animateur de la boîte de nuit, … mais qui est l’assassin anthropophage ? Avec : Dominique Dalcan, Ludovic Triaire, Helena Noguerra, Philippe Katerine, Doriand, Lio et Michaël Von der Heide.
« Imbécile », construit comme une pièce de théâtre musicale, mettant en scène quatre amis lors d’un dîner. Chaque plage est une scènette qui permet de découvrir les personnages, ce qu’ils (se) cachent et ce qu’ils se disent. Le ton est feutré et les compositions pop acoustiques de Libaux suivent les trajectoires de chacun et les divers rebondissements du récit. Avec Philippe Katerine, Helena Noguerra, Barbara Carlotti et JP Nataf.
Pour conclure, clin d’œil à de savoureux narrateurs. Alain Delon : « C’est étrange, je n’ sais pas ce qui m’arrive ce soir. Je te regarde comme pour la première fois ». Dalida : « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots…» (Paroles, paroles) et Jo Dassin « Tu sais, je n’ai jamais été aussi heureux que ce matin là. Nous marchions sur une plage, un peu comme celle-ci, c’était l’automne, un automne où il faisait beau, une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique, là bas on l’appelle l’Eté Indien mais c’était tout simplement le nôtre…» (GB)
Henri Rollins
Chanteur-bulldozer du groupe hardcore américain « Black Flag »… Il connaît également un certain succès comme artiste « spoken word ». Entre questionnement personnel sur son sort d’homme hyper-actif célibataire et critique politique, aussi sur le manque de d’ouverture dont son pays, les Etats-Unis, fait preuve. (PT)
“Talk is Cheap”
“Think Tank”
Saul Williams
Poète, rappeur, acteur. Ses textes sont soutenus par des sons puissants, des instruments live mixés avec de l’electro. Il interprète également le rôle principal du film « Slam ». (BM)
« Saul Williams » avec Zach de la Rocha et Serj Tankian en invités.
« Slam » - Marc Levin
Barry Adamson
Après avoir été chanteur sur le premier album de Magazine, le bassiste anglais rejoint Nick Cave et ses Bad Seeds. Il continue une carrière solo en composant des musiques cinématiques, musiques pour films imaginaires aux ambiances nocturnes, urbaines, jazz feutré, sur lesquelles il pose ses textes, les récite. Un des pionniers du trip hop. (BM)
« Soul Murder »
« The Mucky World of Barry Adamson »
Lydia Lunch
En 1976 la New-Yorkaise commence une carrière de chanteuse - performeuse – poétesse mêlant noirceur, érotisme et sarcasme. Elle sera une des icônes de la scène punk et post punk.
Elle travaillera avec James Chance, Nick Cave, Thurston Moore. Ses textes sont plus susurrés, récités, minaudés. Elle a créé son propre label «Widowspeak». (BM)
« Drowning – In Limbo » (In Limbo est le cd réalisé avec Thurston Moore en 1984.)
« Deviations on a Theme » Compilation . Chaque titre est introduit par un texte comme s’il s’agissait d’une fiction.
William S. Burroughs
On connaît Burroughs comme un des écrivains phare de la Beat Generation. En 1993, il a fait un cd où il récite ses propres textes accompagné des « Disposable Heroes of Hiphoprisy », le groupe de hip hop formé par Michael Franti, Charlie Hunter et Rono Tse. Ils ont créé une bande-son tout à fait particulière pour la circonstance. Jazz-hip hop-dub. BM
“Spare Ass Annie and Other Tales”
The Fall
Groupe culte de Manchester qui a débuté en 1976. Mené par Mark E.Smith, personnage emblématique du groupe, qui parle plus qu’il ne chante ses textes qui mélangent réalisme, absurde sur un ton ironique. Au plus les années passent, au moins il prend la peine de chanter. (BM)
“The Frenz Experiment“
"Middle Class Revolt”
Avec Mouse on Mars sous le nom de Von Südenfeld « Tromatic Reflexxions »
Mark E. Smith a également fait 2 disques de spoken word:
"The Post Nearly Man"
“Pander Panda Panzer” (sur commande)
Ursula Rucker
Poétesse à la voix sensuelle, un des dames du spoken word. Même si ses racines sont implantées dans la culture hip hop, elle ne chante ni ne scande ses textes, elle dit les mots tout simplement. Elle parle de la condition de la femme, de l’amour, du sexe, du racisme, de la politique. Ses textes sont soutenus par un environnement sonore plutôt electro. Elle a travaillé avec The Roots ou 4 Hero. (BM)
« Supa Sista » – 2001
“Silver or Lead” – 2003
“Ma’at Mama” – 2005
Derek Bailey
Diagnostiqué avec le syndrome du canal carpien, maladie qui rend douloureux l’usage de la main. Le guitariste anglais Derek Bailey a enregistré un album dans lequel il traite de sa rééducation, de l’usure de cette main avec laquelle il joue depuis tant d’année… Dans la première plage, il explique le projet de cet album: improviser à la guitare en tenant compte de sa maladie et de l’évolution de son adaptation à ces nouvelles règles, celles du corps. (PT)
« Carpal Tunnel »
Alvin Lucier
Enregistré en 1970, cette pièce de 45 minutes est une lente accumulation de couches de voix, un texte est lu et enregistré dans une pièce, puis rediffusé dans une autre pièce et ainsi de suite…Très fort ! (PT)
« I am sitting in a Room »
David Mahler et Holland Borthwick
Des voix parlées, montées et remontées, pour leurs sonorités, leurs musicalités, dans un jeu stimulant entre fond (la signification des énoncés) et forme. (JGM)
David Mahler « Hearing Voices »
Holland Borthwick “Helene”
Lou Reed, un vrai story teller dans "The New York Album"
Ian Ferrier
Ian Ferrier est considéré comme un des plus grands poètes d'Amérique du Nord. Il représente la scène montréalaise du "spoken word" et de la poésie/performance sur scène. Une grande partie de ses compositions commencent juste au son de sa voix et s'accompagne par la suite d'un arrangement jazz.
L'album "Exploding Head Man" est notamment composé par deux vétérans des compilations poésie/jazz, le guitariste et compositeur Sam Shalabi et le bassiste André Asselin, le quartet sur la plupart de ses airs est formé du percussionniste Jay Scodnick et du joueur de tabla Will Eizlini. Loren Mazacane Connors qui participe au morceau "This life" est un légendaire joueur de guitare et compositeur. Catherine Kidd, écrivaine à multiples facettes et performeuse, participe également à cet album.
Bref, que du beau monde, je vous invite avec enthousiasme à écouter ces compositions. (GVC)
"Exploding Head Man"
The Last Poets
Groupe new yorkais formé à Harlem le 19 mai 1968, jour de l'anniversaire de Malcom X (date qui n'a pas été choisie par hasard). Leur musique est composée par des voix et des percussions, ils sont considérés comme précurseurs du rap et du hip-hop. Les membres fondateurs sont Felipe Luciano, Gylan Kain, David Nelson et Abiodun Oyewole. Leurs textes sont très engagés politiquement, écrits à la base pour faire réagir la population noire. La sortie de leur premier album début des années 70' fait l'effet d'un bombe au sein de la communauté. Ils rejettent l'idée que la communauté noire semble s'intégrer de plus en plus dans l'Amérique et font une analyse de cette dernière et de son inégalité raciale. (GVC)
"The Last Poets"
Wanda Robinson
Née en 1950, Wanda Robinson est une fille passionnée par l'écriture... Dès son entrée en fac, elle s'implique d'avantage dans ses écrits et rédige sur le monde qui l'entoure. Elle arrive à faire diffuser ses poèmes par un dj local et le label Perception Records la contacte et lui fait signer un contrat. L'album "Black Ivory" est le résultat de cette alliance. Album sur lequel elle ne chante pas mais récite (avec engagement) ses poèmes sur un fond musical entre soul et jazz. Ses textes sont assez noirs et laissent ressortir son mal être intérieur tout en évoquant les manquements de la société américaine et de sa politique.
N'ayant pas réussi à se faire à cette vie d'artiste et se promettant de ne plus être en relation avec un label ou un producteur, elle continue cependant à écrire ses poèmes engagés mais sous le nom de Laini Mataka. (GVC)
"Black Ivory"
Forme de spectacle de cabaret, un one-man-show, où l’orateur met la société en scène, la critique. Spectacle dans lequel il relève les absurdités politiques et sociales sur un ton humoristique cynique ou satyrique.
Lenny Bruce
L’un des maîtres en la matière. Il a débuté sa carrière à la fin des 50’s. Il tenait des propos francs et tranchés sur la société américaine, qui l’ont mené en prison à plusieurs reprises sous prétexte d’obscénité. Petit à petit les incarcérations et la drogue l’ont mené au suicide.
En 1974, Bob Fosse rend hommage à l’homme. Il utilise le noir et blanc et nous présente la vie du comique quasi sous forme de faux documentaire, avec interviews et extraits de spectacles. Très bonne interprétation de Dustin Hoffman dans le röle de Lenny et de Valérie Perrine. (BM)
“Lenny”
Les enregistrements originaux de Lenny Bruce – HA6776 et HA6777
Bill Hicks
Etoile filante du stand up américain, un personnage hallucinantqui fait ses premiers pas sur scène à l’âge de 15ans et décède à 33 ans! Entre humour noir et engagement sans compromis. Il s’était donné comme mission d’éclairer les gens pour qu’ils puissent penser par eux même! Des thèmes tels que la religion, le sexe, les drogues, les aliens et la politique sont passés à la moulinette de cet artiste à la vision unique qui a influencé une grande partie des comédiens qui lui ont succédés. (PT)
« Philosophy – The Best of Bill Hicks »
Jerry Seinfeld
Série culte typiquement new-yorkaise basée sur la vie des créateurs Larry David et de Jerry Seinfeld. Jerry Seinfeld est surtout connu pour sa carrière de stand up comedian dans les clubs New-Yorkais. Dans ses spectacles solo il est assez bon enfant, blaguant sur les retards de train ou sa famille juive, alors que dans la série, c’est plus sombre, les personnages ont les pires défauts, égoïstes, superficiels, radins et suffisants!! Ils passent leur temps à ne pas s’assumer et à le reprocher aux autres…On adore!! PT
Seinfeld « Saisons 1 à 9 »
La fonction du « récitatif » dans l’opéra est de relier les airs entre eux tout en apportant des informations sur l’évolution du récit sous forme de monologue ou de dialogue.
Il trouve son origine au XVIème siècle, à l’aube de l’opéra, quand, à Florence, les membres de la Camerata Bardi réfléchissent à une association nouvelle de la musique et de la poésie, se basant sur des modèles antiques de récitation lyrique grecs et romains. Ils préconisent d’accorder plus d’importance à l’expression des sentiments et revendiquent une certaine indépendance quant aux méthodes de compositions en vogue (polyphonie). Ils veulent un nouveau style pour la musique vocale qui doit allier le sens poétique et le sentiment individuel. L’expression des passions va se substituer aux savantes constructions de la polyphonie. Les mots chantés expriment davantage que les mots parlés néanmoins, il faut imiter le langage parlé avec les mots chantés.
Mais c’est véritablement vers la fin du XVIème, avec les poètes Rinuccini, Torqueto Tasso (Le Tasse) et les compositeurs Cavalieri et Jacopo Peri que naîtra le « recitativo », le style nouveau, essentiellement dramatique, intermédiaire entre la déclamation et le chant.
En Octobre 1600, une tragédie de Rinuccini «Euridice», mise en scène par Jacopo Peri sera interprétée au Palais Pitti à l’occasion du mariage de Marie de Medicis. On peut considérer ce chef-d’œuvre comme le premier mélodrame du nouveau style, le «recitar cantando».
A l’aube de l’opéra se dessinent deux styles de chant, deux conceptions du théâtre lyrique :
On distingue le « récitatif secco », accompagné par la basse continue et le» récitatif accompagné», accompagnement de l’orchestre.
(Bibliographie, Histoire Universelle de la Musique, Roland de Candé – Ed. du Seuil)
Œuvres de référencesur la naissance du récitatif :
La plupart des opéras jusqu’au XIXème siècle comprennent des récitatifs.
(FVW)
Un petit trésor de mon cabinet de curiosités que cet enregistrement, récit lyrique de Léo Ferré pour récitant, voix, chœurs et orchestre écrit en 1950. L’œuvre est construite d’après les textes, chansons et poèmes de Ferré. Jean Gabin en est le récitant.
Léo Ferré dira de Gabin «…Ce qui m’avait plu et beaucoup étonné, c’est qu’il disait des vers comme il parlait au cinéma…»
L’enregistrement est ancien, son lyrisme nous paraît quelque peu daté, mais les textes de Ferré et le « récitatif » de Gabin s’en sortent indemnes, restent un régal d’écoute !
La déclamation baroque ou « La Parole Baroque » essai d’Eugène Green
La déclamation baroque rend la rondeur de la langue, ses rythmes et ses couleurs, sa musicalité…
Eugène Green, grand spécialiste et amoureux de la parole baroque a fondé la compagnie du « Théâtre de la Sapience », compagnie qui tente de rejouer le théâtre baroque tel qu’il devait l’être à l’époque. Démarche comparable à celle d’Alfred Deller pour le chant baroque. Le livre est accompagné d’un CD de déclamation de textes baroques, La Fontaine, Racine, Le Tasse…
Le label Alpha, dans sa collection Voce Umana dont la direction artistique a été confiée à Eugène Green édite des enregistrements consacrés aux textes. Il faut souligner la qualité de cette édition offrant toujours des livrets d’accompagnement qui sont de précieux objets, de petits creusets de connaissance et qui pousse le raffinement jusqu’à consacrer quelques pages de livret à l’œuvre picturale choisie pour illustrer la couverture du CD !
L’enregistrement du « Sermon sur la mort » de Bossuet a été confié à Eugène Green tandis que « L’Autre Monde, ou les Estats et Empires de la Lune », roman politiquement, scientifiquement et moralement subversif de Savinien Cyrano de Bergerac (figure marquante parmi les penseurs libertins du XVII) est déclamé selon la façon baroque par Benjamin Lazar.
Bernard Heidsieck et le poème sonore
Né à Paris en 1928, il est l’un des créateurs de la poésie sonore (1955) et de la poésie action (1962).
Par l’utilisation de la bande magnétique va s’instaurer un nouveau rapport entre le poète et le texte, le poète et sa voix. Un jeux poétique s’installe d’une piste à l’autre, le poème se dédouble, creuse l’espace sonore, lui donne un relief, des valeurs, comme une polyphonie hallucinante.
« Toute lecture à haute voix requiert l’exigence d’une double trajectoire, vécue dans le même instant de façon diaboliquement contradictoire. Il s’agit, d’une part, en effet, et tout à la fois, et de façon parfaitement simultanée, d’avaler sa « lecture », de s’en imprégner jusqu’aux ongles – sexe compris- en sorte qu’elle soit pratiquée par le corps tout entier et non par les yeux seuls, d’autre part, de« la » restituer, de projeter le texte «lu» toutes oreilles tendues, dans la durée et dans l’espace, avec la conscience aigüe de la catapulter dans l’univers du son, avec l’obligation, donc, tout en lisant, de ce fait, de l’entendre comme venant d’ailleurs, tel qu’il serait supposé être capté, reçu, au même instant, par un auditoire potentiel. Fichue gageure ! » Extraits de « Canal Street », Bernard Heidsieck. (FVW)
Œuvres disponibles à la Médiathèque :
La médiathèque de Charleroi sera fermée le mardi 16 en raison du mardi gras. Les emprunts effectués pour une semaine le mardi 9 seront prolongés jusqu'au 23.
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