
"Toute description des femmes dans leur ensemble s'inscrit dans la longue histoire de la représentation des femmes et de la manière dont on leur propose de se penser elles-mêmes."
Susan Sontag (in "Women"-Susan Sontag/ Annie Leibovic- ed la Martinière)
Parti pris d'un double regard. D'une historicité en deux temps. Deux regards.
Premier temps : les hommes regardent.
Ils regardent les femmes, se regardent à travers elles. "Elles" comme des intermèdiaires, intercesseurs. Accessoires (?).
Les regardent à partir de cette polarité dite autre, inverse
qui s'est érigée en instance directrice, actrice.
Mais à bien y regarder, déjà là, les polarités se troublent,
se mélangent, et ce qui est vu alors, ouvoie quelque part
entre les deux, dans un mouvement incessant d'allées et
venues.
On peut dire "ils" ne cessent pas de les regarder, et "elles"
(se) laissent (regarder).
Deuxième temps : Les femmes(se) regardent.
Elles ne se laissent plus faire. Elles sont. Et font. Jusqu'à l'éclatement des identités.
Dans une urgence soudaine, abrupte; brutale parfois, elles émergent de leur ropre regard. Regard, qui ne cesse pas,
jamais, de les différencier, non plus dans cette altérité
adverse, mais dans cette singularité, cette indiviudalité. Des hétérogénéités subsistent encore dans les géographies, qui n'autorisent pas à une séparation aussi nette des deux regards. Ici, l'on s'est donné la possibilité (liberté ?) d'une progression - effective - du voir et du vu. D'un troisième temps, en développement, qui ne renverrait pas à un sexe mais à une personne. À partir d'un regard de quelque nature qu'il soit.
Sandra Battaglia
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