OGUN RECORDING, 2012. Enregistrement 1979.
Les Blue Notes est un groupe (quintette) formé en 1962 en Afrique du Sud. En raison de sa multiracialité le groupe est contraint d'émigrer hors du pays de l'apartheid... C'est à Londres que le groupe décide de s'installer en 1964. Fin des années 60, Chris Mcgregor le pianiste, fonde à partir du noyau des Blue Notes un nouvel ensemble, le Brotherhood Of Breath. Ensemble à géométrie variable qui invite dans ses rangs bon nombre de musiciens improvisateurs (surtout de la scène anglaise). Ce sera un projet retentissant surtout lors de ses passages en festival.
En parallèle de ce Brotherhood of Breath, la formation Blue Notes continue à se produire et le présent CD BEFORE THE WIND CHANGES rend compte de ses activités. C'est le deuxième volet (travail d'archivage du label Ogun) de la tournée au Benelux du groupe en 1979 (le premier volet était le concert à Eindhoven du 22 Juin où Frank Wright remplaçait Chris McGregor empêché). Matière inédite pour la première fois publiée, nous sommes donc en 1979, le groupe est invité par le jazzclub De Hoop dans la campagne flamande à Waregem en Belgique (entre Lille et Gand). La face arrière du packaging montre une photo épique des musiciens assis à la terrasse d'un snack dans l'attente de jouer...
Free jazz aux allures de transes extatiques, riffs insistants, bouillonnement semi-improvisé et scansions libératices (cf.le Kwela), le groupe est au meilleur de sa forme. Qualité d'enregistrement d'époque qui n'enlève rien à l'energie communicative et réjouissante de ce free. Très bon.
(BB)
EMI BELGIUM, 2012. Enregistrement 2006-2010.
Partant de la chanson Strange Fruit (devenue célèbre grace à l'interprétation de Billie Holiday, Fabrizio Cassol réalise un album-concept "World opéra" qui brasse large, allant du jazz à l'opéra baroque ou de la pop à l'afro-beat.
UNIVERSAL MUSIC, 2012.
Chick Corea travaille régulièrement avec le vibraphoniste Gary Burton depuis les années 1970. En duo ils ont enregistrés beaucoup de disques, dont les célèbres "Crystal Silence" [UC8107] (1972) et "In Concert, Zurich" [UC8151] en 1979, publiés tous deux par le label ECM. En dernière plage "Mozart Goes Dancing" le duo est acompagné par l'ensemble à cordes Harlem String Quartet.
EMANEM, 2011. Enregistrement 1967-1973.
Compilation réalisée par Irene Aebi (compagne de Steve Lacy) et Martin Davidson (patron du label Emanem), comprenant 12 titres allant de 1967 à 1973 et ayant l'antimilitarisme comme dénominateur commun. Matière audio inédite et quelques enregistrements déjà publiés de manière confidentielle.
La voix de Irène Aebi sur le morceau "the sun" qui ouvre le CD est dans un esprit très proche du "music is the healing force of the universe" chanté par Mary Maria et orchestré par Albert Ayler. Une concomitance, sans que ni l'un ni l'autre en ait connaissance, qui révèle un certain esprit free jazz à l'époque : revendicatif (post 68), militant (protest song) et utopique (tendant à l'universalité, cf.le label free jazz ESP pour esperanto).
Orchestrations aux structures ouvertes (espaces improvisés) appuyées d'accents mélodramatiques. Le tout joue d'une certaine théatralité, narratif pourrait-on dire. Voire encore une teneur illustrative chez Lacy : "Ce que je recherche, c'est un certain rapport entre le morceau et le jeu. Quelque chose qui fasse une unité entre les structures et le jeu." Steve Lacy cité dans "Free Fight" (blog "le son du grisli"). Ceci est assez preignant sur l'ensemble des morceaux "The Woe", qui s'élèvent explicitement contre la guerre du Viet Nam, où dans un maëlstrom chaotique les musiciens simulent bombardements et mitrailleuses (cf. "Machine Gun" de Brötzmann). La poésie (texte de Eugène Guillevic 'massacres") qui clôt ce passage semble être déclamé en ultime rédemption.
"Chinese Food" reprend les vers du maître chinois Lao Tseu (taoïsme) écrits il y a 2500 ans s'élevant contre l'absurdité de la guerre.
Un texte de Buckminster Fuller lu en 1968 par Irene Aebi.
Utilisation pionnière du synthétiseur Moog par Richard Teitelbaum durant la session de Rome en 1968 (à écouter aussi à la même époque le Space Probe de Sun RA, autre utilisation pionnière du synthétiseur Moog).
Du bel ouvrage qui nous fait à nouveau réévaluer tout le génie de Steve Lacy. Historique et indispensable.
Plages 1 à 3 enregistrées à Hambourg en Fevrier 1968, jamais éditées.
Plages 4 à 7 enregistrées à Rome en Juillet 1968, éditées en vinyle en 2000 sur le label Roaratorio (400 pièces dont 70 pochettes peintes à la main par Judith LINDBLOOM).
Plage 8 enregistrée à New York le 31 Août 1967, jamais publiée.
Plages 9 à 12 enregistrées à Zurich le 26 Janvier 1973, publiées pour la première fois en 1979 sur vinyle (Quark LP 9998) et a déjà fait l'objet d'une réédition sur CD (Emanem CD 4004). Une session contre la guerre du Viet Nam.
(BB)
DOXY RECORDS, 2012.
Ce nouvel album SOUL FLOWER de Robin Mckelle confirme la trajectoire vers des répertoires plus soul, virage inauguré depuis l'album MESS AROUND en 2010. Un ensemble de morceaux, marqués d'un groove vintage façon années 70 (surtout par l'effet du Wurlitzer), co-écrits avec le pianiste Sam Brasch (entendu auprès de Avishai Cohen) et le bassiste Derek Nievergelt (entendu auprès de Pyeng Threadgill), plus quelques reprises.(BB)
MOTÉMA MUSIC, 2012. Enregistrement 2011.
Le deuxième album de Gregory Porter est bien parti pour devenir un succès commercial. En effet cet album, très classique mais néanmoins sensible et très équilibré, confirme le talent de son interprète à la voix chaude et soul. Oscillant entre jazz et afro/spiritual. Bon CD
Cf:. Proche de Marvin Gaye (cité dans On My Way to Harlem), Bill Withers, José James.
REAL WORLD RECORDS, 2011.
Après s'être longuement frotté à des publics hétéroclites lorsqu'ils se produisaient sur les quais de la Tamise, les quatre londoniens de Portico Quartet n'ont pas mis bien longtemps avant d'être invités dans des structures plus institutionnelles. C'est tout d'abord le Vortex, célèbre club de jazz londonien, qui leur a proposé une résidence avant qu'un certain Peter Gabriel s'en empresse de signer le groupe sur son label Real World. La particularité du son du Portico Quartet, qui renvoie entre autres à des atmosphères ethniques et à la musique sérielle, tient surtout dans la place prédominante du "hang" dans la plupart de leurs compositions. Inventé il y a une dizaine d'années par deux Suisses allemands, cet instrument de percussion peu répandu et difficile à se procurer, se distingue par la texture enveloppante de ses sonorités à la fois rythmiques et mélodiques, proches du steel drum des Caraïbes.
UNIVERSAL MUSIC, 2012.
Album "mainstream" aux influences très diverses et plus funky que ses pércédents. Radio Song le premier morceau de l'album l'exprime bien : " Tout le monde a fait l'expérience de tourner le bouton d'un auto-radio. Distraitement, puis un fragment de musique vous saisit et vous rentrez dedans. Je voulais capturer ce moment où l'on a littéralement la musique dans la peau. C'est le pouvoir du chant, ou comment une chanson peut sauver votre journée ". [propos de Spalding]
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