DREYFUS, 2005. Enregistrement 2004.
C’est très tard la nuit ou très tôt le matin, en décembre 2006, que j’ai découvert Franck Avitabile sur une chaîne publique de la télévision française. Le pianiste y présentait quelques morceaux de son dernier
Opus : Short Stories. A l’heure d’aujourd’hui, j’ai pu écouter Just Play, l’album précédent enregistré en 2004, qui m’a beaucoup touché. Franck Avitabile y signe de très belles compositions. Ni grandiloquence, ni grosse artillerie chez lui. Non, juste ce qu’il faut de notes. Certains font la comparaison avec Claude Debussy et avec d’autres musiciens du début du XXe siècle. Un jeune musicien qu’il va falloir pister de près au risque de passer à côté de très belles choses. Just play est un régal pour les amateurs de piano solo. Lettre à Loïse (n°2); August in Paris (n°4); Memories (n°5); Smile de Charles Chaplin (n°7) et bien d’autres encore ont ma préférence. Bref, la télé nous délivre parfois autre chose que des non-événements et réserve de très belles surprises. Incontestablement, Franck Avitabile est l’une celles-là. Son site officiel : http://avitabile.free.fr
ECM RECORDS, 1987.
Un piano super vitaminé; un pianiste qui a le feu sacré; un public en osmose ! C’était le 11 avril 1987, un enregistrement au Suntory Hall, à Tokyo. Souvenez-vous ! Vous étiez ce malheureux passager qui,
de quelques minutes, avait raté l’avion pour le Japon. Aujourd’hui, chez vous, confortablement assis dans votre divan anglais, vous écoutez Dark Intervals de Keith Jarrett. Au fil de l’écoute, La musique gagne en force et l’émotion finit par vous submerger. Vous ne pouvez vous empêcher d’établir des comparaisons car ce beau machin vous contamine d’une frustration grandissante. Dark Intervals est The Music que l’on rêve d’avoir écrite et jouée. Vraiment, il est difficile de ne pas se sentir tout petit. Bien sûr, si l’on garde un zeste de lucidité, tout le monde ne peut pas s’appeler Keith Jarrett. Tout de même ! S’il faut lui attribuer un chef d’œuvre absolu, ce serait peut-être bien celui-ci. Sur cet album, tout est excellent. Rien à jeter. Pas une seconde d’ennui comme il en arrive parfois ou souvent. Les plages Entrance (n°4), Ritual Prayer (n°7), Recitative (n°8) sont magnifiques de magnifiques mais l’ensemble du concert est exceptionnel d’inventivité. Appuyez donc sur la touche repeat all jusqu’à ce que l’assuétude se soit déclarée. Inutile de lutter !
LONG DISTANCE, 2005.
Les amateurs de musique du monde pure et dure n’y trouveront peut-être pas leur content. Ici, le doudouk est enveloppé dans un écrin d’arrangements symphoniques (Orchestre Symphonique Bulgare) qui conservent heureusement une relative discrétion. Le terme doudouk (ou duduk) ne vous est peut-être pas familier. Cet instrument est un hautbois arménien, à anche double, au timbre chaud et doux, réalisé dans du bois d’abricotier. Vous ne le connaissez peut-être pas mais vous l’avez vraisemblablement déjà entendu. On le découvre en effet dans certains films, documentaires, etc. et prochainement dans tous les ascenseurs du royaume de Belgique. Mes plages favorites sont : yes tchem ouzoum dzeranl (n°6) et nusrat’s allap (n°10). Sur cet enregistrement, on retrouve également Nusrat Fateh Ali Khan (voix), de la vièle kementché, de l’oud, du tanbur, de la viole d’amour, etc. Pour tous ceux qui souhaitent faire plus ample connaissance avec le doudouk et sa tendre mélancolie, je recommande le très joli Songs from a world apart. Si la sonorité de cet instrument vous plaît, n’hésitez pas non plus à découvrir la discographie de l’un des maîtres du doudouk : Djivan Gasparyan. En novembre 2005, le doudouk et sa musique a été proclamé chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Plus d’infos sur www.unesco.org/culture/intangible-heritage/03eur_fr.htm
En Bref :
MHEL PRODUCTION, 2004.
Joueur d’oud, compositeur, Hussein El Masry est né au Caire et s’est installé à Paris depuis de nombreuses années. Dans le monde arabe, l’oud serait considéré comme un simple instrument d’accompagnement. Ce serait grâce à Munir Bachir, oudiste irakien, qu’est parvenue à s’imposer l’idée de composition solo. Sur cet album, l’oud règne sans partage. Mes plages préférées sont : Amarna (n°1); Cle du Nil (N°5) et Longa de minuit (n°8), pièce de grande virtuosité.
Son site officiel : www.hussein-elmasry.net/index.htm
ECM RECORDS, 1978.
Pianiste, guitariste, compositeur, Egberto Gismonti est ce Brésilien dont on ne parle pas assez. Je préfère le pianiste au guitariste… Très probablement parce que je ne suis pas grand amateur de guitare. Cet album de 1979 nous offre de magnifiques compositions : And zero (n°2), Frevo (n°3) et Ciranda nordestina (n°5).
SKETCH, 2003.
Un très bel album avec une « pas mauvaise » reprise de Georges Brassens les oiseaux de passages. Quelques petites merveilles dont : Memento mores (n°2); Bobo’s theme (n°3); Mata Hari (n°4); Des jours meilleurs (n°10). J’ai adoré le jeu de Fabio Boltro à la trompette et au bugle... Très organique.
Son site officiel : http://www.mirabassi.com
LA BUISSONNE, 2005.
Sur ce très agréable album, on découvre piano, contrebasse et machine à écrire ! Coïncidences est en effet inspiré de différentes œuvres de l’écrivain américain Paul Auster auquel le pianiste français rend hommage : L’invention de la solitude, Moon Palace, Lulu on the bridge, etc. A écouter.
EGEA RECORDS, 2004. Enregistrement 2002.
L’Italie recèle de talents jazzistiques avérés. De toute évidence, le pianiste Enrico Pieranunzi fait partie du nombre. Sur Les Amants, il est en présence de Marc Johnson (contrebasse), de Rosario Giuliani (saxophone) et d’un quatuor à cordes. J’ai particulièrement apprécié : The Kingdom (n°3), Canzone di Nausicaa (n°5).
ECM RECORDS, 1992. Enregistrement 1991.
On retrouve Keith Jarrett au piano et lui seul d’ailleurs. Je connais très peu Dmtri Shostakovitch dont a beaucoup parlé en 2006, année où il aurait eu 100 ans. Ces 24 préludes & fugues Op. 87 m’ont plu et méritent bien d’être bloqués pour de longues heures dans votre lecteur de CD.
ECM RECORDS, 1979.
On dit de lui qu’il est un sorcier brésilien des percussions. Joueur de berimbau, arc musical à calebasse, Nana Vasconcelos a collaboré avec des musiciens tels que Don Cherry, Gato Barbieri, Jan Garbarek, Collin Walcott, Pat Metheny, etc. Saudades est réalisé avec Egberto Gismonti qui, par ailleurs, a composé le très beau Cego Aderaldo. Indescriptible, inclassable, hors norme mais excellent. L’approche n’est peut-être pas facile mais un authentique petit bout de bonheur attend les plus déterminés. Allez-y !
Son site officiel : www.nanavasconcelos.com.br
LABEL BLEU, 2006. Enregistrement 2004-2005.
Quelques très beaux titres sur cet album. Les meilleurs morceaux sont signés Bojan Zulfikarpasic (Bojan Z) : Ulaz (n°1), Zeven (n°2), Wheels (n°3) et Biggus D (n°4). Une reprise de Ashes to Ashes me semble très dispensable. Le tube de David Bowie, dégraissé de sa patine pop-rockienne, jette en effet comme une ombre sur l’ensemble de ce CD. Dommage !
Son site officiel : www.bojanz.com
Pierre LEFEBURE, membre et usager du mythique discobus n°4.
Si vous souhaitez réagir, écrivez-moi : pierrelefebure@hotmail.com. Vos remarques et suggestions sont les bienvenues.
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