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PLAYLIST JUILLET - AOÛT 2006

 

ANEMONENGURT

WO DIE EBENEN GEGLÄTTTET SIND - XA514R

PANTEON, 1995.

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Le premier méfait du duo Kirk Kleber - Viktor Vase, proches du plus connu "H.N.A.S" (projet de Christophe Heeman), s'avère indéfinissable, surprenant, ardu, et sérieusement addictif.
Essayer d'imaginer "Samsas Traum" remixé par Masami Akita, "S.P.K." revisité par les "Boredoms", ou encore "Einsturzende Neubauten" virant métal, le tout dans une brume gothique, pour un résultat au final franchement... baroque !
Au premier coup d'oeil, Wo die Geglättet Sind peut sans doute ressembler à un morceau de charbon, mais en grattant un peu, on découvre rapidement un véritable diamant aux nombreuses facettes. Du magma sonore initial surgissent, au fil des écoutes, de splendides nappes de voix, synthés, guitares, percussions... révélant ainsi une oeuvre riche au sein de laquelle le chaos se révèle des plus organisé (à l'instar d'un "Carcass" première époque, par exemple).
Oui je m'en doute, difficile de se faire une idée - raison de plus pour ne pas hésiter à vous procurer la galette en question !

Alain BASHUNG

L' IMPRUDENCE - NB1177

BARCLAY, 2002.

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Le sieur Bashung est l'un des très rares représentants de la "chanson française" capable de m'interpeller. À tel point que trois oeuvres bien précises trouvent très régulièrement place dans mon lecteur cd : l'album susmentionné, bien sûr, ainsi que Fantaisie militaire et Chatterton. Non pas que le reste de sa discographie soit à négliger, mais quelle évolution depuis ses "Vertiges de l'amour" !
Plus que jamais, Alain Bashung fait preuve d'une extraordinaire maîtrise de la langue française, et ses jeux de mots atteignent des sommets jusqu'ici inégalés. Et toujours cet harmonieux et subtil mélange de lucidité, de mélancolie et de cynisme, voire de fatalisme.
Mais ce qui démarque encore plus L'imprudence de ses autres travaux, c'est un accompagnement musical stupéfiant. S'il existait une version strictement instrumentale de cet album, elle enfoncerait à elle seule la majorité des productions actuelles - on pense aux meilleurs moments des "Bad Seeds" d'Angelo Badalamenti, de "Black Heart Procession", ou carrément de "Bohren & Der Club of Gore" sur certains titres (notons la présence, parmi les musiciens, de Marc Ribot et d'Arto Lindsay - excusez du peu...)
S'il vous faut une seule grande oeuvre du grand Alain, laissez venir... l'imprudence !

BLUE ÖYSTER CULT

AGENTS OF FORTUNE - XB604E

COLUMBIA COMPACT (USA), 1976.

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Grand amateur d'indus, de metal, de jazz, de classique - j'en passe - il me faut aussi ma dose régulière de "classic rock". Ce mois-ci, ce besoin aura été comblé par la réécoute d'une bonne partie de l'oeuvre du "Culte des Huîtres Bleues", et en particulier de cet Agents of Fortune, pour moi un des meilleurs albums de "B.O.C.".
Sorti en 1976, après les non moins très bons Blue Öyster Cult, Tyranny and Mutation et Secret Treaties, ce disque qui marie pop, prog et hard rock, constitue un véritable bond en avant dans la carrière du groupe et présente certaines de ses plus belles compositions : This ain't the summer of love (qui sera repris par mon groupe favori "Current 93"), E.T.I., The Revenge of Vera Gemini avec Patti Smith, Tenderloin, et surtout un des plus splendides titres de toute l'histoire du rock : l'ambigu (Don't fear) The Reaper.
Pour conclure sur une touche à la fois humoristique et pathétique, notons que "Blue Öyster Cult", qui a contribué, avec Agents of Fortune, à la crème de la crème rock, nous a également "offert" - on s'en serait bien passé - un des albums les plus indigestes qui soit : l'immonde Club Ninja !

SLEEP RESEARCH FACILITY

NOSTROMO - XS488R

COLD SPRING RECORDS, 2001. Enregistrement 2000.

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Nostromo... Oui, ce vaisseau spatial avec lequel les fans du film Alien seront familiers... Les Écossais de "S.R.F." ne nous proposent rien de moins que la visite de l'endroit ! Dépourvu de vie, le lieu n'en est pourtant pas... silencieux.
Nostromo est vraisemblablement une des meilleures productions de dark ambient de ces dernières années. Découpée en cinq longues plages, l'oeuvre, intimiste, nous balade du "pont a" au "pont e", entre grésillements, pulsations, cliquetis mécaniques, drones, derniers représentants audibles avant le néant total.
Le concept de cet album prend naissance avec les premières minutes du film, durant lesquelles le vaisseau "Nostromo" dérive dans l'espace; passés ces préliminaires, l'oeuvre se révèle inédite - et à ce propos, la bonne idée de "S.R.F." est de ne pas avoir intégré de samples en provenance du film. On se laisse ainsi aisément couler du "deck" supérieur vers les tréfonds de l'appareil, plongeant au sein de toujours plus de noirceaur - mais il s'agit de ténèbres hospitalières, provoquant chez l'auditeur une sensation proche de l'ivresse des profondeurs... A l'instar du colossal Sleep Therapy treatment de "Nordvargr", dont il est très proche musicalement, Nostromo s'apprécie d'autant plaus au moment où Morphée vous tend dans les bras.
Dans le fond de l'espace, personne ne vous entendra rêver...